‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 299 sur 409 · PÉCHÉ DE SÉDUCTION ET SES EFFETS · texte numérisé non relu

PÉCHÉ DE SÉDUCTION ET SES EFFETS

C'est la pire espèce de fornication. Par ses ruses, la séduction détourne du droit chemin et entraîne dans le crime les personnes vertueuses et innocentes. Tout ce qu'on peut dire de l'incontinence en général doit s'appliquer avec dix fois plus de raison au genre le plus hideux de la fornication. Je n'ai pas besoin de m'excuser de citer, sur ce crime détestable les extraits suivants :

« Mes regards erraient à travers les sombres collines, saisissant ça et là une lumière, pareille au ver luisant, qui s'échappait d'une maison ou d'une chaumière perchée làhaut. Je me représentais la fille de l'un de ces foyers, emportée vers quelque vaste cité, bientôt après perdue dans ces infects faubourgs, semblable au fruit vermeil qui s'est

I II S. Pierre, ii. 12.

pourri et qu'on jette avec les immondices dans Tégoùt public. La jeune fille, peut-être, est bien digne de blâme, car il faut admettre que la faute n'est pas toute d'un seul côté, et nous ne devons pas laisser une sentimentalité malsaine étouffer la vérité et la justice. Oui, elle peut-être fort à blâmer ; mais, certes ! la créature plus forte, l'homme. Test bien davantage. Il fut un temps, — une époque des plus humiliantes que le monde ait vues, — où la séduction passait pour une jolie habileté. Mais aujourd'hui, qui ne voit que tromper une femme, une créature si facile à se laisser tromper, surtout par ses afî"ections, est un commerce méprisable, indigne ; et que ce commerce, sans parler de ses terribles conséquences (ni du crime), serait un lucre plus honteux que tricher avec un enfant aux cartes? Et quand vous ajoutez que, dans des cas très fréquents, l'abandon suit la séduction de si près qu'on serait tenté de croire que les deux actes ont été combinés en même temps, alors, la bassesse de ce commerce se confond absolument avec sa honte. » ^

Paley termine ainsi son chapitre sur la séduction : « Pardessus tout, si nous suivons les effets de la séduction à travers les différentes misères qu'elle occasionne, et si on a raison d'apprécier les crimes d'après les torts qu'ils causent sciemment, on sera convaincu que ce n'est pas simplement pour le plaisir d'invectiver que nous affirmons qu'il n'y a pas la moitié des crimes pour lesquels on punit de mort en Angleterre qui soient aussi funestes que celui-ci. » ^

C'est dans le même sens que Georges Eliot écrit: «J'aurais dû, (disait Adam) plutôt commettre une iniquité dont j'aurais

1 Les compagnons de la solitude^ chap. ix.

2 Philosop. Morale^ L. III, p. m.

eu à souffrir moi-même, que de Tentraîner, ellc^ à commettre cette iniquité... et tout cela pour un instant de plaisir, comme si celui qui a dans sa poitrine un cœur d'homme, ne devrait pas se couper la main plutôt que d'en arriver là. Eh ! quoi ? Il n'a pas prévu ce qui arriverait ? Ill'a assez prévu ; il n'avait aucune raison de s'attendre à autre chose qu'à la misère et à la honte pour elle... Non, il y a quantité de gens qui sont pendus pour des choses qui ne sont pas à demi aussi odieuses que celle-là. Q.u'un homme fasse ce qu'il voudra, s'il sait que c'est lui-même qui en subira le châtiment^ il ne sera pas à moitié aussi coupable que le lâche égoïste, qui se permet des choses faciles pour lui, et dont il sait que le châtiment se fera tristement sentir à quelqu'un autre. » ^

I Adam Bede.

LE SIXIEME

ET

Le Neuvième Commandement («-^e)

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