‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 298 sur 409 · LE CAS DE CEUX QUI VIVENT ENSEMBLE SANS ÊTRE MARIÉS · texte numérisé non relu

LE CAS DE CEUX QUI VIVENT ENSEMBLE SANS ÊTRE MARIÉS

Au sujet de la première, sans même faire allusion aux textes si expressifs de l'Ecriture, Paley s'exprime ainsi : « C'est une situation immorale, parce qu'il y a toutes sortes d'inconvénients à ce que des hommes et des femmes vivent ensemble sans contracter certaines obligations irrévocables et sans se conférer mutuellement certains droits civils. Si, par conséquent, la loi a fait dépendre ces droits et ces obligations de

I La Morale, par Hime.

certaines formalités, au point qu'ils ne sauraient être assurés ni contractés par aucun autre moyen, comme c"est bien ici le cas, — (car, quelles que soient les promesses que les parties puissent se faire réciproquement, le mariage seul peut les rendre irrévocables) — il devient au même degré immoral que des hommes et des femmes habitent ensemble sans Tintervention de ces formalités.

Comment faire pleinement ressortir le mal et l'injustice qui résultent de pareilles unions, surtout pour la femme } Elle n'obtiendra jamais pour sa personne le même respect qu'une épouse légitime. Elle ne recevra aucune marque d'honneur et de respect de ses proches, ni de ses voisins. La demeure du moment est une maison de honte. Ses enfants seront marqués pour ainsi dire dès leur naissance de la flétrissure de l'infamie, résultat de la conduite odieuse de leur mère et du crime de leur père. Puis, elle finira par être rejetée comme une créature vile et indigne, qui n'a pas plus de valeur qu'il ne lui reste de vertu^ traitée en .cela comme tant de milliers d'autres l'ont été avant elle. ^

Quand à l'homme, — au gentilhomme, comme s'appellent parfois les bandits de cette espèce ; — quant à celui qui l'a entraînée et séduite par son amour impudique et honteux, par ses promesses trompeuses de constance et d'affection, et qui ensuite, à l'heure où son avantage, ses goûts ou ses caprices le lui conseillaient, l'a trahie et abandonnée, ce n'est pas trop de lui appliquer la comparaison de saint Pierre : «Il n'est qu'une brute immonde. Ces hommes, qui, comme des animaux sans raison, ne suivent que le mouvement de la nature, et qui sont nés pour être la proie de ceux qui les font

I Voy. La Morale de Hime.

périr, attaquant par leurs blasphèmes ce qu'ils ignorent, périront dans leurs infamies où ils se plongent. » ^ On a dit, et avec raison, que le monde fait souvent les plus odieuses distinctions, qu'il permet à certaines positions, à la puissance et à la richesse de se livrer au crime avec impunité ; on donne à cette criante iniquité le nom de galanterie ou d^ intrigue^ tandis que, en même temps, on se montre d'une sévérité aussi lâche qu'inflexible envers les malheureuses sans défense. C'est bien là ce respect des personnes qui est abominable aux yeux de Dieu ; c'est bien là cette miséricorde qui est fille de Satan ; c'est bien cette tolérance qui faisait que notre Sauveur appelait les Scribes et les Pharisiens une race de vipères.

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