‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 303 sur 409 · PÉCHÉS DE PENSÉES ET DE PAROLES · texte numérisé non relu

PÉCHÉS DE PENSÉES ET DE PAROLES

contre ces commandements. leurs différents degrés

d'après m»' HAY

J'appelle maintenant l'attention sur ces fautes personnelles qui ne font tort qu'à ceux qui s'en rendent coupables, sur les péchés de pensée et de parole contraires à ce commandement, et sur ces choses que nos catéchismes donnent comme des occasions de péché.

Sur les divers degrés de ce péché, Monseigneur Hay écrit ces paroles : « Telle est la malice de ce vice, tel est le caractère détestable qu'il a aux yeux de Dieu, que tous les genres en sont rigoureusement défendus. Tout consentement volontaire et de propos délibéré à un plaisir sensuel contre la pureté, que ce soit par les désirs et les pensées du cœur, ou par des chants, des lectures, des embrassements qui blessent la modestie, par des regards ou des attouchements, en dehors de ce que permet l'usage légitime du mariage, est foncièrement criminel aux yeux de Dieu. Bien des raisons le démontrent : (i) Un des dix commandements, le neuvième, défend formellement tout désir relatif à ce crime funeste : « Vous ne désirerez point la femme de votre prochain. » Comme, d'autre part, le sixième commandement défend les actions criminelles et que le neuvième défend jusqu'aux désirs mêmes, qui sont le premier acheminement vers ce crime, il s'en suit que tous les degrés intermédiaires sont expressément défendus. (2) Notre Sauveur dit très clairement : «Vous avez iippris qu'il a été dit aux anciens : Vous ne commettrez point

d'adultère. Mais moi je vous dis que quiconque regardera une femme avec un désir pour elle, a déjà commis l'adultère dans son cœur. » ^ — Nous voyons dans ces paroles que même les désirs impurs du cœur et les regards immodestes souillent Tâme du péché d'adultère aux yeux de Dieu. A combien plus forte raison cette âme sera-t-elle criminelle devant Dieu si elle se livre à des jouissances volontaires dans les plaisirs des sens, dans des paroles et dans des actes voluptueux !

(3) On connaît les paroles de Job : « J'ai fait un pacte avec mes yeux pour ne penser pas seulement à une vierge ; parce que, quelle union mon Dieu aurait-il avec moi? et quelle part le Tout-Puissant me donnerait-il à son céleste héritage? »2 — Ce qui veut dire : J'ai pris en moi-mem^e la ferme résolution de ne me permettre aucun regard immodeste envers une vierge, sachant très bien que, si j'en agissais autrement, je perdrais la part que Dieu me réserve et son héritage de làhaut. Saint Pierre parlant des impies «qui périreront dans les infamies où ils se plongent, » ajoute entre autres choses : « Ils ont les yeux pleins d'adultère, et d'un péché qui ne cesse jamais : ils attirent à eux, par des amorces trompeuses, les âmes légères et inconstantes : ce sont des enfants de malédiction. » 3 Les Ecritures défendent sévèrement toutes les paroles déshonnêtes comme incompatibles avec la sainteté du chrétien: « Qu'on n'entende pas seulement parler parmi vous ni de fornication, ni de quelque impureté que ce soit, comme on ne doit point en entendre parler parmi des saints. » 4 Tous les divers degrés d'impuretés ne sont pas

1 s. Mat. V. 27, 28.

2 Job. XXXI. i, 2.

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