REMÈDES CONTRE LES PÉCHÉS d'IMPURETÉ
Nous avons exposé la nature des péchés d'impureté, leurs causes et leurs occasions. Il est à propos d'indiquer aussi les remèdes et les moyens de se protéger contre leur atteinte. Nous sommes portés à ce vice: (i) par des causes extérieures, c'est-à-dire, par des objets et des occasions en dehors de nous ; (2) par des causes intérieures, c'est-à-dire par les rêves de l'esprit et les caprices de l'imagination, par les dispositions de notre nature et les inclinations des sens.
Les remèdes particuliers contre la concupiscence sont ceux qui font disparaître les causes et arrachent, pour ainsi dire, les racines du mal.
(i) On échappera aux causes extérieures par la fuite des objets et des occasions du péché, comme nous l'avons déjà dit. Je dois signaler encore une fois tout particulièrement la nécessité d'éviter les lectures dangereuses. Qui pourrait dire les maux sans nombre causés à la religion et à la société, dans nos temps modernes, par les mauvais livres ? Combien de fois, sous l'apparente sauvegarde d'une érudition spé^ cieuse, se cachent les germes de l'infidélité et de l'erreur ! Combien de fois, dit saint Basile, le poison de l'immoralité se communique aux âmes par les mauvais livres, sous les fleurs et les grâces doucereuses du style ! Tout bon chrétien devrait éviter ces lectures dangereuses et suggestives ; et, autant qu'il le peut, les empêcher chez les autres. Si quelqu'un vient vous dire qu'il désire lire des livres de ce genre uniquement dans le but de s'instruire^ répondez-lui par les paroles de saint Jérôme, qu'il vaut beaucoup mieux et que c'est bien plus sûr d'ignorer que de savoir ce qu'on ne peut pas apprendre sans péril.
(2) Contre les égarements de Tesprit et de Timagination, nous devons nous garantir par l'invocation constante des noms de Jésus et de Marie, et en repoussant aussitôt les mauvaises pensées. L'esprit doit être toujours occupé à quelque chose de bon et d'utile; nous devons fuir la paresse. Il est bien rare qu'un homme réellement studieux ait le malheur de devenir victime de l'impureté. Ce vice semble être le châtiment de la paresse. Même les malheureux habitants de Sodome ne s'adonnèrent pas à ce crime et ne s'exposèrent pas à en être châtiés, tant qu'ils ne se livrèrent pas à la fainéantise. Le travail est le gardien de la chasteté.
(3) Pour vaincre les dangers qui viennent du tempérament, des dispositions naturelles, on n'a qu'à recourir à l'usage de la mortification, du jeûne, de l'abstinence, etc. Nous devons nous mortifier dans le boire, dans le manger, dans toutes les jouissances de la table. Elles ne sont qu'une sorte de faiblesse personnelle qui devient l'aliment de la volupté. Aussi, tous les saints se sont-ils mortifiés, à l'exemple de saint Paul, qui disait: «Je châtie mon corps, et le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé. »
(4) Le remède le plus important et le plus indispensable dans tous les cas de péril et de tentation, et surtout dans les dangers et les tentations de ce genre, c'est la prière fervente : «Comme je savais que je ne pouvais avoir la continence, si Dieu ne me la donnait, et c'était déjà un effet de la sagesse de savoir de qui je devais recevoir ce don ; je m'adressai au Seigneur ; je lui fis ma prière, et je lui dis de tout mon cœur : etc. » ^ C'est là cette sorte de démons dont notre
I Sag. VIII. 21.
Sauveur dit « qu'on ne les chasse que par la prière et par le jeûne. » '
La prière^ comme préservatif contre ce vice, s'entend non seulement de la prière vocale, mais aussi de la prière mentale, ou méditation sur les grandes vérités éternelles ; et la mortification comprend non seulement le jeûne et les austérités corporelles, mais aussi la pratique d'un renoncement général.
I S. Mat. xvii. 20. Voy. Mgr Hay : Le Chrétien pieux
LE SIXIEME
Le Neuvième Commandement
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