‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 321 sur 409 · LA SOBRIÉTÉ COMMANDÉE ET PROUVÉE PAR L ECRITURE · texte numérisé non relu

LA SOBRIÉTÉ COMMANDÉE ET PROUVÉE PAR L ECRITURE

Après cet exposé de la doctrine catholique sur Tusage des boissons alcooliques, il me reste à citer des passages de l'Ecriture sainte, qui prouvent que l'abstinence est commandée à tous.

Elle est fortement conseillée, (i) comme une vertu propre à tous les vrais Chrétiens: «Vous êtes tous des enfants de lumière et des enfants du jour : nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres. Ne dormons donc pas, comme les autres, mais veillons ; et gardons-nous de Tenivrement. Car ceux qui dorment, dorment pendant la nuit, et ceux qui s'enivrent, s'enivrent pendant la nuit. Mais nous qui sommes du jour, gardons-nous de cette ivresse ; et armons-nous en prenant pour cuirasse la foi et la charité, et pour casque, l'espérance du salut. » ^ — (2) Comme l'une des principales choses que le Fils de Dieu, descendu du ciel, est venu enseigner au genre humain: « Car la grâce de Dieu notre Sauveur a paru à tous les hommes ; et elle nous a appris que, renonçant à l'impiété et aux passions mondaines, nous devons vivre dans le siècle présent aVec tempérance, avec justice et avec piété. » 2 — (^) Comme une qualité nécessaire à l'espérance d'un chrétien : « C'est pourquoi ceignant les reins de votre âme, et vivant dans la tempérance, attendez avec une espérance parfaite la grâce qui vous sera donnée.» 3 — (4)Comme un moyen absolument indispensable pour échapper aux pièges du démon: « Soyez sobres, et veillez; car le démon votre

I I Thess. V. 5. et seq.

1 TiT, II. II. et seq.

ennemi tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer. » ^ — (5) Comme un don tout particulier de Dieu : « Car Dieu ne vous a pas donné un esprit de timidité, mais un esprit de courage, d'amour et de sobriété. » =* — (6) Comme une vertu nécessaire au salut, surtout pour les femmes; en effet^ «Adam n'a pas été séduit; mais la femme ayant été séduite, est tombée dans la désobéissance. Elle se sauvera néanmoins par les enfants qu'elle mettra au monde, si elle demeure dans la foi, dans la charité, dans la sainteté et dans la sobriété. » 3 — (-y) Comme très favorable à la santé du corps et à une longue vie : « Celui qui mange peu aura un sommeil de santé ; il dormira jusqu'au matin, et son âme se réjouira en lui-même. » 4 « L'homme sobre prolonge ses jours. » 5

9. l'ivrognerie, péché opposé a la sobriété, gravité de ce péché et ses funestes conséquences

L'ivrognerie est le péché opposé à la vertu de sobriété ; elle est un excès dans les boissons fermentées, allant jusqu'à faire perdre ou à troubler gravement la raison. Elle est un péché mortel de sa nature. Il y a matière grave, si l'ivresse est complète, — c'est-à-dire, si elle fait perdre l'usage de la raison pendant un temps notable, disons pendant l'espace d'une heure. Toute souffrance ou indisposition physique ne doit pas être considérée comme un signe certain d'ivresse complète.

2 II TlM. I. 7.

3 I TiM. II. 14, 15.

4 EccL. XXXI. 24.

5 Ibid, xxxvii. 34,

Comme elle est un mal en soi, on ne peut jamais désirer ou causer directement l'ivresse qui priverait une personne de l'usage de sa raison. Dans certains cas, il pourrait être permis de donner à un malade une boisson alcoolique, comme remède à ses souffrances. Alors, on ne veut pas la privation de l'usage de la raison ; on la permet seulement d'une manière indirecte et par accident.

La nature du péché d'ivrognerie et les funestes conséquences qui en sont la suite, ressortent clairement de nombreux témoignages des Saintes Ecritures, (i) « Celui qui passe le temps à boire du vin avec plaisir laissera des marques de sa honte dans ses places fortes. » ^ Le vin est une source d'intempérance, et l'ivrognerie est pleine de désordres : quiconque y met sont plaisir ne deviendra point sage. = Ne regardez point le vin lorsqu'il paraît clair, lorsque sa couleur brille dans le verre: il entre agréablement; mais il mord à la fin comme un serpent, et il répand son venin comme un basilic. ^ Le vin bu avec excès est l'amertume de l'âme. L'ivrognerie inspire l'audace ; elle fait tomber l'insensé, elle ôte la force, et elle est cause des blessures- de plusieurs. » 4 — (2) Elle est l'objet de nombreuses malédictions : « A qui dira-t-on : Malheur? au père de qui dira-t-on : Malheur? Pour qui seront les querelles ? pour qui les précipices ? pour qui les blessures sans sujet? pour qui la rougeur et l'obscurcissement des yeux? N'est-ce pas pour ceux qui passent le temps à boire du vin, et qui mettent leur plaisir à vider des coupes? 5 Malheur

1 Prov. XII. II.

2 Ibid. xx. i.

3 Prov. xxiii. 31, 32.

4 EccL.xxxi. 39, 40.

5 Prov. xxxiii. 29, 30.

à VOUS qui vous levez le matin pour vous plonger dans les excès de la table, et pour boire jusqu'à ce que le vin vous échauffe I » ^ Et non seulement ceux qui s'enivrent, mais aussi ceux qui se prétendent assez forts pour absorber de grandes quantités de vin, tombent également sous ces malédictions : « Malheur à vous qui êtes puissants à boire du vin, et vaillants à vous enivrer ! » ^ — (3) Elle exclut du royaume des cieux : « Ne vous y trompez pas: ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères,... ni les ivrognes,... ne seront point héritiers du royaume de Dieu. ^ Or, il est aisé de connaître les œuvres de la chnir, qui sont la fornication, l'impureté^... les ivrogneries, les débauches et choses semblables, dont je vous déclare, comme je vous l'ai déjà dit, que ceux qui commettront ces crimes ne seront point héritiers du royaume de Dieu. » 4 — (4) Elle expose aux plus grands crimes, et conduit aux conséquences les plus déplorables. C'est elle qui exposa Noé au ridicule de son fils, et qui fut cause qu'une malédiction fatale frappa une immense partie de sa postérité. Elle poussa Loth à commettre un double inceste; fit perdre la vie à Holopherne, et entraîna Hérode jusqu'à décapiter Saint Jean-Baptiste. Elle change les hommes en brutes, les dépouille de leur raison, abrège leur vie, ruine leurs biens, détruit la paix dans leurs familles, fomente les passions et la volupté, les rend esclaves de leurs penchants sensuels, les rend incapables d'aucun devoir spirituel, les expose aux tentations^ et ferme en eux toute entrée à la

1 Is. V. II.

2 Ibid, v. 22.

3 I Cor. VI. 9, 10.

4 Gal. 19, 21.

grâce de Dieu. L'ivrognerie, lorsqu'elle est devenue une habitude, ne se guérit que rarement, pour ne pas dire jamais; mais elle entraîne l'âme dans les abîmes de l'enfer. » ^

Page 1