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LE PARTAGE DES BIENS EST LEGITIME ET APPROUVÉ DE DIEU

Cette division des choses était légitime, comme cela ressort évidemment du fait que Dieu l'a approuvée. Il augmenta les possessions des patriarches; et la Sainte Ecriture nous commande de faire l'aumône aux pauvres, de payer nos dettes, de ne pas voler,... etc — tout autant de choses qui supposent et approuvent le partage légitime des biens, et le droit exclusif à la possession et à la propriété.

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9. PRINCIPAUX AVANTAGES QUI RÉSULTENT DE L'INSTITUTION DE LA PROPRIÉTÉ PRIVEE

d'après PALEY

Ce partage des biens était très convenable et absolument nécessaire après la chute. Les principaux avantages qui résultent de l'institution de la propriété privée sont clairement exposés et appuyés d'exemples dans le livre de Paley : Philosophie Morale et Politique : ^

« I. Ce partage augmente les productions de la terre. Sous des climats comme les nôtres, la terre produit peu sans culture. Or, on ne trouverait personne qui serait disposé à cultiver le sol, si d'autres devaient être admis à venir en partager les produits. On en peut dire autant de l'élevage des troupeaux et des animaux privés,

« Les pommes sauvages et les glands, les cerfs, les lapins, le gibier et le poisson seraient tout ce que nous pourrions avoir pour vivre dans ce pays, si nous nous en tenions aux productions spontanées du sol. Et bien d'autres pays ne sont pas mieux favorisés.

« 2. Il conserve les fruits de la terre jusqu'à leur maturité. Nous pouvons juger, d'après les faits que nous avons sous les yeux, de ce que seraient les effets de la communauté des droits sur les productions de la terre. Un cerisier dans une haie, des noyers dans un bois, l'herbe d'un pâturage libre, sont rarement de quelque profit pour personne, parce que les gens n'attendent pas le moment voulu pour les prendre.

I Livre m. chap. xr.

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Le blé, si même on en semait, ne mûrirait jamais; les agneaux et les jeunes élèves de la race bovine n'atteindraient jamais la croissance de leur espèce, parce que le premier qui les rencontrerait se dirait qu'il vaut mieux en jouir tels qu'ils sont que de les laisser pour un autre.

« 3. Il évite les contestations. La guerre et le pillage, le trouble et le désordre sont aussi inévitables que permanents partout où n'y a pas assez pour tous, et où il n'y a pas des lois pour régler la division des biens.

« 4. Ce partage augmente le bien-être delà vie, et cela, de deux façons: (i) Il met la race humaine à même de se diviser en professions distinctes; ce qui serait impossible, si un homme ne pouvait échanger les produits de son art contre ce qu'il a besoin d'obtenir des autres. Et l'échange implique la propriété... Q.uand la nécessité force un homme à être son propre tailleur, son maçon, son charpentier, son cuisinier, son chasseur et son pêcheur, il est plus que probable qu'il ne sera habile dans aucune de ces professions. (2) Il encourage également ces arts qui protègent et développent les commodités de la vie humaine, en assurant à l'artiste le bénéfice de ses améliorations, sans lequel l'habileté privée ne s'exercerait jamais avec d'heureux résultats.

10. PARTAGE DES BIENS INTRODUIT D ABORD PAR L ACCORD DES HOMMES ET PAR LE DROIT DES GENS

De tout ce que j'ai dit, il ressort que la division des biens est fondée sur la loi de la nature, qu'elle a été introduite par l'accord ou le consentement des hommes, aussi bien que par

la loi des peuples; et, de plus, qu'elle est sanctionnée par cette loi naturelle qui défend les querelles, les batailles, le vol et choses semblables.

Léon XIII, dans son Encyclique Rerum novartim^ du i^ mai 1891, parlant des droits de propriété, dit que tout homme a droit de posséder en propre. Il le prouve d'abord, par rapport à l'homme pris individuellement: (i) par la supériorité de l'homme sur la création animale, supériorité qui consiste principalement dans notre raison ; (2) par ce fait que l'homme se gouvernant lui-même par la prévoyance de son intelligence porte son choix sur les choses qu'il estime les plus aptes non seulement à pourvoir au présent, mais aussi au futur; (3) par la culture de la terre, par laquelle l'homme rend sienne cette part du champ de la nature qu'il cultive; (4) par l'autorité, c'est-à-dire, par le consentement unanime du genre humain, par les lois civiles, et parla loi divine. Le Saint Père va plus loin: il montre ce même droit naturel à une possession privée et permanente pour l'homme, en le considérant dans sa vie sociale et dans sa vie de famille, c'est-à-dire, d'après ses droits et ses devoirs comme chef d'une famille. On a objecté que, selon la loi naturelle, tous les biens sont communs. A cela, nous pouvons répondre: Dieu a accordé la terre au genre humain en général; — non pas dans ce sens que tous, sans distinction, puissent en disposer comme il leur plaît; mais plutôt, dans ce sens, qu'aucune partie du sol n'a été assignée à un homme en particulier, et que les limites de la propriété privée ont été laissées à la détermination de l'industrie particulière et de la loi des peuples pris individuellement. Nous pouvons encore répondre avec saint Thomas: d'après les droits naturels, antérieurement à toute supposition relative à l'état du genre humain, toutes

les choses sont communes, — communitate ncgativa, comme il dit, mais non communitate positiva. On a également avancé que tous les hommes sont égaux en nature et en droits: on ne peut l'admettre que dans ce sens, que tous sont égaux quant à leur nature spécifique, mais non quant à leur nature individuelle.

On peut dire en général que Thomme a reçu de Dieu le droit de posséder, — c'est-à-dire, le droit de faire siennes certaines choses et d'en disposer en propre à son avantage.

Dieu garantit ce droit par le septième et le dixième commandement, qui défendent le vol, la fraude, les injures et tout désir de choses semblables.

Le droit de propriété dont le septième commandement est la sauvegarde, est en butte aux attaques des ennemis de l'ordre divin des choses, qui prennent le nom de communistes^ de socialistes, de collectivistes, etc. Il y a scission entre eux sur les moyens de réorganiser la nouvelle société qu'ils veulent établir; mais ils sont d'accord sur un point, à savoir: l'abolition de la propriété individuelle et héréditaire, le retour de tous les biens à la société ou à la communauté qui est l'unique vrai propriétaire. De cette façon, ils s'imaginent arriver à une division égale de toutes choses, et il n'y aura plus de distinction entre les riches et les pauvres.

Cette doctrine (i) est coupable dans les passions qui l'inspirent, car elle a sa source dans le mépris des biens célestes, dans la cupidité et l'envie; — (2) elle est chimérique en ellemême et par conséquent irréalisable, car pour établir l'égalité des biens, il faudrait rendre tous les hommes également forts, robustes, intelligents, laborieux et économes; — (3) elle serait désastreuse par ses résultats, car chacun travaillerait le moins possible, s'il n'avait l'espérance de jouir de tout le

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fruit de son travail, et la négligence dans le travail amènerait une misère universelle. C'est la franc-maçonnerie, dans les temps modernes, qui a donné naissance à toutes les écoles socialistes, en proclamant le faux principe de l'égalité des hommes en toutes choses. Elle a favorisé ces utopies pour atteindre son but, qui est le bouleversement social. Elle a ouvert la voie au pillage de toutes les propriétés en décrétant, lorsqu'elle a été maîtresse du pouvoir, la confiscation des biens ecclésiastiques destinés à l'entretien du culte divin et des écoles, au soulagement des pauvres et des malades. ^

Q.uant à l'époque où le partage des biens a commencé, on peut établir qu'il existait une certaine division avant le déluge. Nous lisons dans la Genèse : « que Caïn offrit au Seigneur des fruits de la terre. Abel offrit aussi des premiers-nés de son troupeau ; » =^ — ce qui dénote clairement une division de la propriété presque dès le commencement.

Cependant, le partage le plus marqué eut lieu après la construction de la Tour de Babel : «C'est en cette manière que le Seigneur les dispersa de ce lieu dans tous les pays du monde, et qu'ils cessèrent de bâtir cette ville. » 3

Le droit de propriété est le seul grand droit qui élève les hommes civilisés au-dessus des sauvages. C'est un droit acquis, et il signifie que tout homme a droit de posséder en propre et d'user librement de ses possessions temporelles, en temps qu'il les a reçues ou acquises sans préjudice pour les droits d'autrui, et aussi sans préjudice pour ses propres devoirs envers ses semblables.

1 Exposition Elémentaire de la Doctrine Catholique, par l'abbé A. R. Moulin p. 314.

2 Gen. IV. 3, 4.

3 Ibid. xi. 8.

Toutefois, en traitant cette question de la propriété, nous ne devons pas négliger d'appeler l'attention sur un autre point de vue qui touche à ces droits. Nous voulons parler des riches, de ceux qui ont trop, et qui manquent à leurs devoirs de charité et de justice envers leurs frères. L'homme n'a pas seulement par nature le droit de posséder en propre ; mais il est aussi tenu, par le même devoir que lui impose la nature, à un partage de la propriété permanente ; — en d'autres termes, la division de la propriété est nécessaire. J'entends dire, nécessaire d'une nécessité morale, qui a son origine dans Tordre actuel des choses, vu la condition de déchéance dans laquelle nous sommes placés. Le Pape, dans son Encyclique, répond par les paroles de Saint Thomas à ' •cette question : « Comment doit-on user de ses biens? Sous ce rapport, Thomme ne doit pas tenir les choses extérieures pour privées, mai bien pour communes, de telle sorte qu'il en fasse part facilement aux autres dans leurs nécessités. C'est pourquoi l'Apôtre a dit : « Ordonne aux riches de ce siècle... de donner facilement, de communiquer leurs richesses. » L'Encyclique continue : « Nul assurément n'est tenu de soulager le prochain en prenant sur son nécessaire ou sur celui de sa famille, ni même de rien retrancher de ce que les convenances ou la bienséance imposent à sa personne : Nul en effet ne doit vivre contrairement aux convenances. Mais dès qu'on a suffisamment donné à la nécessité et au décorum, c'est un devoir de verser le superflu dans le sein dés pauvres: Donne:^ ce qui vous reste en aumônes. ^ Quiconque a reçu de la divine Bonté une plus grande abondance soit des biens externes et du corps, soit des biens de l'âme, les a reçus dans

I S. Luc. XI. 41. •

le but de les faire servir à son propre perfectionnement, et, tout ensemble, comme ministre de la Providence, au soulagement des autres. « Que celui qui a reçu un talent, dit Saint Grégoire le Grand, prenne garde de ne point le cacher ; que celui qui est dans l'abondance, s'empresse dans les voies de la miséricorde et de la générosité ; que celui qui est doué d'habileté pour l'industrie, fasse tous ses efforts pour que ses qualités deviennent utiles et avantageuses à son prochain. » (Voy. Encycl. du 15 mai 1891.)

Nous verrons dans le chapitre suivant les différents moyens d'acquérir la propriété.

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Le Septième Commandement (^^^t-)

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