LE DECALOGUE OU LES DIX COMMANDEMENTS
apprenait aux hommes la grande division de leurs devoirs envers Dieu et envers le prochain, partage que nous reconnaissons comme la base du vrai système de morale. La question de savoir comment les dix Commandements avaient dû être divisés, a pourtant toujours été un point de controverse. Au moins quatre divisions se présentent d'elles-mêmes. Elles sont ainsi résumées, au point de vue Protestant, dans le Dictionnaire précis de la Bible de Smith : « (i) Selon l'enseignement reçu dans l'Eglise Latine, et qui est celui de saint Augustin, la première table contenait trois commandements ; la seconde, les sept autres. Cette division impliquait cependant une altération dans l'ordre accepté, et c'est de cette altération qu'elle prenait sa raison d'être. Nous savons que le premier précepte et le second étaient réunis ; et, conséquemment, la loi du Sabbat se trouvait à la fin de la première table, comme troisième, et non comme quatrième précepte. Le nombre était rendu complet dans la seconde table en faisant un commandement à part, (le neuvième) du précepte : « Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, » qui, pour nous, forme une partie du dixième. (2) La division commune rapportant les quatre premiers préceptes à nos devoirs envers Dieu, et les six autres aux devoirs envers l'homme, repose sur une base morale assez simple et naturelle. (3) Une modification a été introduite dans le premier précepte par les derniers écrivains Juifs. Gardant la combinaison du premier et du second commandement selon l'ordre ordinaire, ils ont fait une nouvelle « parole » de la déclaration du commencement : « Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai tirés de la terre d'Egypte et de la maison de servitude, »et ils ont ainsi évité la subdivision des dix préceptes. (4) Rejetant ces trois
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combinaisons, il reste celle qui a été reconnue par les plus
anciens auteurs juifs, Joseph et Philon elle met cinq
commandements sur chaque table, et garde ainsi la pentade et la décade qu'on retrouve dans le code tout entier. Un juriste moderne objecterait peut-être que cette combinaison met le cinquième précepte (ou le quatrième d'après l'arrangement catholique), à une place qui est fausse, puisque le devoir envers les parents est un devoir à l'égard du prochain. » ^
La division généralement adoptée par les auteurs catholiques, et suivie dans nos catéchismes, partage les commandements en deux groupes, trois et sept. Les trois premiers, tels qu'ils sont exposés dans l'énumération donnée au commencement du chapitre, et renfermant nos devoirs envers Dieu, étaient écrits sur une table, et les sept autres, contenant nos devoirs envers le prochain, étaient écrits sur l'autre.
Cette classification des commandements est celle qui est donnée dans le Catéchisme, et adoptée par l'Eglise catholique, tandis que, chez les protestants, notre premier commandement est partagé en deux. D'après cet arrangement, l'énumération diffère de telle sorte que leur troisième commandement est notre second ; leur quatrième, notre troisième, et ainsi de suite. Pour conserver le nombre dix, les auteurs protestants réunissent en un seul nos deux préceptes, le neuvième et le dixième. Leurs deux premiers n'en font qu'un, selon nous, parce qu'ils ont un seul et même objet, à savoir, le culte de Dieu; tandis que le neuvième et le dixième sont différents, parce que convoiter la femme d'un homme n'est pas la même chose que désirer sa maison ou ses biens.
I Smith. Dictionnaire précis de la Bible : Les dix Commandements.