I. SENS DE CES MOTS
Le vol consiste à prendre ou à retenir injustement le bien d'autrui.
Il peut y avoir simple larcin, ou il peut être accompagné de circonstances aggravantes; par exemple, s'il est commis sur la personne, ou dans une maison d'habitation. Le larcin devient vol, s'il est accompagné de violence, si le larcin est commis dans une maison, il y a vol de nuit ou avec effraction selon qu'il a été perpétré pendant la nuit, que l'entrée ou la sortie du voleur s'est effectuée par une violence quelconque.
Nous disons dans la définition que le vol consiste à prendre ou à retenir injustement^ c'est-à-dire, contre la volonté du possesseur, que ce soit en sa présence, clandestinement, par force, par surprise, par fraude ou par ruse. Le vol est dans cette double action de prendre et d'emporter ce qui suppose, chez le voleur, V intention frauduleuse., au moment du vol, de convertir ce qu'il prend à son propre usage. On dit aussi: garder injustement. Ainsi, une personne peut légitiment obtenir la possession d'un bien, et devenir coupable de vol en le détournant ou en le faisant servir à son propre usage. Voici un exemple: Un maître donne une somme à un serviteur pour un but déterminé, pour la porter, par exemple, à la maison d'un ami, pour l'échanger, ou pour la déposer à une banque, le serviteur est coupable de vol s'il applique cette somme à son usage.
Le vol est un larcin aggravé par cette circonstance qu'il est accompagné de violence. Pour constituer le vol proprement
dit^ ïl faut qu on prenne de force; mais il suffit d'un degré de force quelconque, dès qu'elle inspire la crainte. Il faut que la chose soit prise à la personne, comme un cheval à son cavalier, ou de l'argent dans une poche; ou qu'elle soit prise ouvertement et à sa face, comme si un voleur m'attaque d'abord, me prend le cheval que je monte; ou si le voleur commence par m'efïrayer,et emmène ma monture. La violence actuelle faite à la personne, du l'inspiration de la crainte, ne sont pas toujours nécessaires pour constituer un vol. En effet, si un homme, un poignard ou un pistolet à la main, demande et se fait donner l'argent d'un autre, sans toucher à sa personne, il y a vol, alors même que la personne volée n'aurait éprouvé aucun sentiment de crainte, mais aurait eu simplement l'appréhension ou l'idée que la violence aurait suivi, si le voleur avait rencontré refus ou résistance.
S'il y a emploi de la violence, il y a vol, lors même qu'on y aurait eu recours sous le soi-disant prétexte d'exécuter une procédure légale ou d'obéir à une autorité légitime. ^
Les vols et les larcins peuvent se commettre de différentes manières; par exemple, voler dans une maison, voler à des fermiers ou à des hôteliers, voler dans une église ou dans une chapelle, voler à des clercs et à des serviteurs, voler des marchandises en confection, voler des chevaux, du bétail, des moutons, des chiens, des oiseaux, des arbres ou autres bois ; voler dans des jardins ou des vergers, — tous ces vols sont contraires à la loi de Dieu et tombent sous le coup de la loi civile.
I Voy. Le Cabinet de F Avocat. J'ai pris dans cet ouvrage la définition et rexplication de ces crimes tels que les envisage la loi anglaise, qui interprète si bien la loi naturelle.