I. DÉFINITION ET SENS DU MENSONGE
D'après Saint Thomas, on définit le mensonge : « Une propostion manifestée ou exprimée avec l'intention de dire une chose qui est fausse. » C'est une tromperie coupable, ou une violation intentionnelle de la vérité.
Toute l'essence d'un mensonge consiste dans sa fausseté formelle ou son manque de vérité ; c'est-à-dire, provient de ce fait qu'on a l'intention d'exprimer une chose qui est fausse, par des paroles, par des écrits, ou par des signes. De sorte qu'un homme peut faire un mensonge aussi bien par un acte que par des paroles. D'où il suit que celui-là est coupable de mensonge, qui croit faux ce qu'il affirme, lors même qu'en réalité ce serait vrai ; et, au contraire, n'est pas coupable, celui qui dit une chose fausse, mais qu'il croit vraie. Il n'est pas de la nature essentielle du mensonge, ■comme l'ont pensé quelques auteurs, qu'il soit dit avec l'intention de tromper. Bien qu'un menteur ait généralement l'intention de tromper une autre personne , et qu'un
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mensonge soit de sa propre nature une tromperie, néanmoins l'intention de tromper quelqu'un n'est pas nécessaire à la culpabilité essentielle d'un mensonge. Billuart le montre par l'exemple d'un homme qui commet un crime en présence d'un juge et qui persiste à le nier, de peur d'être condamné : cet homme ment certainement, et il n'a pourtant pas l'intention de tromper le juge.