‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 367 sur 409 · DIVISION DES MENSONGES · texte numérisé non relu

DIVISION DES MENSONGES

« Il y a plusieurs sortes de mensonges ; voici les plus ordinaires: (i) Le mensonge joyeux^ qui ne fait tort à personne, et qu'on ne dit que pour faire plaisir aux personnes présentes, ou pour s'excuser ; tel le mensonge de Sara lorsqu'elle disait qu'elle ne riait pas. ^ — (2) Le mensonge officieux^ qui ne fait tort à personne, et qui a pour but de rendre service, comme le mensonge des sages-femmes Egyptiennes à Pharaon. ^ — (^) Le mensonge 77? al icietix^ qui offense Dieu et nuit au prochain ; tel fut le mensonge du démon à Eve, lui disant : <:< Vous ne mourrez point. » 3 — (4) Le mensonge de dissimulation^ dont l'Ecriture dit : « Le dissimulateur séduit son ami par ses paroles. » 4 — {^) L'hypocrisie, a lieu quand une personne donne des apparences extérieures de piété et de sainteté, qu'elle n'a pas dans le cœur. C'était le vice des Pharisiens, qui fut cause que le Christ prononça contre eux tant d'anathèmes. — (6) L'adulation ou la flatterie, a lieu quand un homme loue son prochain

1 Gen. xvitt. 15.

2 ExOD. I. 19.

3 Gen. 11. 4.

4 Prov. XI. 9.

LE HUITIÈME COMMANDi:MENT 609

au-delà de ce que permet la vérité. Telle fut la flatterie du peuple à regard d'Hérode, lorsqu'il lui criait : «C'est la voix d'un Dieu, et non d'un homme ! » ^ — (7) La vanterie, quand un homme fait de lui-même des éloges exagérés. — (8) L'inlîdélité à la promesse faite au prochain. » *

Billuart, eminent théologien de l'ordre de saint Dominique, en parlant du mensonge joyeux, fait remarquer que, en plaisantant, on peut dire un mensonge de deux manières :

I. Quand, d'après les circonstances ou la manière de prononcer les mots, ceux-ci offrent une signification différente de leur sens ordinaire ; comme, par exemple, si je disais en riant à un ami : « Je me suis battu toute la nuit avec un Turc ; » ou encore : « J'ai fait le voyage de Rome, allerretour, en une seule journée ; » ou des choses semblables que personne, nous le savons bien, ne voudrait croire.

II. Lorsque les mots, en tenant compte des circonstances, gardent leur sens naturel et évident, et que, pour entretenir la conversation, je raconte, par exemple, l'histoire d'une partie de chasse à laquelle j'aurais pris part le jour précédent; ce qui est contraire à la vérité et n'est que le fruit de mon imagination.

Les choses que l'on dit, comme dans le premier exemple, ne sont pas des mensonges : celui qui parle, non seulement n'a pas l'intention de tromper ou de dire des choses fausses, mais même on ne peut pas soutenir qu'il dise des choses fausses, si l'on fait attention au sens de ses paroles, aux circonstances, et à la façon dont le tout est pris par les auditeurs.

1 Act. XII. 22.

2 M^'' Hay : Le Chrétien Pieux. — Huitième commandement.

Les choses dites en plaisantant, comme dans le second' exemple, sont des mensonges, parce que, bien que la personne qui parle, n'ait point l'intention de tromper, elle a bien l'intention de dire une chose qui n'est pas vraie, et, vu les circonstances et le sens attaché à ses paroles, elle dit bien une chose réellement fausse.

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