RÉPONSE AUX OBJECTIONS
Comme réponse aux objections que l'on a soulevées contre cet enseignement, basées sur ce fait, que les sages-femmes égyptiennes furent récompensées pour avoir dit un mensonge officieux à Pharaon, et que quelques serviteurs de Dieu ont dit aussi des mensonges à certains moments, pour arriver à
1 EccL. VII. 14.
2 EpH. IV. 25.
3 Col. m. 9.
4 EcCL. XX. 26.
5 Prov. XII. 5.
6 EccL. XX, 28.
7 ApOC. XXII. I"^.
6l6 LES COMMANDEMENTS
un but, comme Jacob, pour capter la bénédiction de son père, nous n'avons qu'à transcrire les explications suivantes données par Monseigneur Hay:
« En effet. Dieu a récompensé les sages-femmes d'Egypte, non point pour avoir menti, mais pour l'humanité dont elles avaient fait preuve en sauvant les enfants, et, comme le dit expressément l'Ecriture, parce qu elles craignaient Dieu^ et se refusèrent, par crainte d'offenser Dieu, de faire périr des enfants innocents. Quant aux mensonges que semblent avoir dit de saints personnages de l'Ecriture, quelques Pères ont " essayé de les justifier de toute faute, en expliquant leurs paroles dans un sens mystique et parabolique. Mais, lors même qu'ils auraient dit un vrai mensonge, on ne pourrait pas y voir une preuve que certains mensonges ne sont pas coupables; mais cela montrerait seulement que même les personnes saintes succombent quelquefois et n'agissent pas toujours bien: en quoi elles ne sont ni à louer ni à imiter. David était un homme selon le cœur de Dieu; c'était un prophète; cependant David se rendit coupable d'adultère et de meurtre: s'en suit-il que l'adultère et le meurtre ne sont pas des crimes? nous ne sommes donc pas obligés de forcer l'interprétation de certains textes pour démontrer que Jacob n'a point menti, lorsqu'il dit qu'il était l'aîné et qu'il trompa son père, ou que Abraham ne mentit pas, quand il dit que son épouse Sara était sa sœur. Remarquons que Sara pouvait aussi bien être appelée sa sœur que sa femme. »