Obligation qu'imposent une promesse et la parole donnée
I. EQUIVOQUE: SENS, ET DIVERS SENS DANS LESQUELS ON PEUT PRENDRE L'EQUIVOQUE
Ce terme signifie ambiguïté dans les mots, — emploi de paroles ou d'expressions susceptibles d'un double sens. L'ambiguïté peut provenir ou de la manière de prononcer un mot, comme, par exemple, si un homme auquel on demande quelque chose qu'il désire garder secret, répondait: « Je dis non, » marquant bien qu'il se sert du mot non; ou des mots qui sont ambigus par eux-mêmes; par exemple, si on interroge un homme sur un acte d'injustice, et qu'il réponde qu'il a toujours fidèlement observé ses contrats, voulant dire les contrats autres que celui affecté par la fraude ou le vol en question ; ou bien, s'étant repenti de son péché, qu'il réponde : « Je suis innocent. »
L'équivoque peut être prise dans un sens rigoureux, de sorte que personne ne puisse saisir le double sens des mots; ou elle peut être prise dans un sens plus large, de sorte que le sens de ce que l'on dit peut être facilement saisi d'après les circonstances et les signes extérieurs qui accompagnent le discours. La première est la même chose que ce qu'on appelle jouer sur les mots. La seconde équivaut à cette manière de faire connue sous le nom d'échappatoire, que le D"" Newsman décrit en ces termes : « Elle a lieu lorsque, par exemple, celui qui parle porte l'attention de son auditeur sur un autre sujet ; insinue un fait qui ne prouve rien, ou fait une remarque qui le trouble et le fait penser à autre chose ; lui jette de la poudre aux yeux ; établit une vérité de laquelle il est certain que son auditeur tirera une conséquence illogique, une conclusion fausse, etc. La plus grande école
de l'échappatoire, — je parle sérieusement, — c'est la Cliambre des Communes ; il en est forcément ainsi, la nature des choses le veut. On en peut dire autant des réunions électorales. » ^