LE DI-CALOGUE OU LES DIX COMMANDEMENTS
dans sa totalité, est pour tous les hommes et les oblige tous. 3. Celle-là était un joug pesant, « que ni nos pères, ni nous, n'avons pu porter. » ^ Le joug de celle-ci est doux, et son fardeau, léger. 4. L'ancienne est une loi de crainte, « afin qu'en l'entendant, ils soient dans la crainte. » ^ La nouvelle est une loi d'amour: « Vous n'êtes pas sous la loi, mais sous la grâce. » ^ — 5. La première est la femme esclave; la seconde est la femme libre, selon les paroles de saint Paul: « Où est cet Esprit du Seigneur, là est aussi la liberté. » 4 — 6. L'une est une ombre ou un nuage: « Toutes ces choses qui leur arrivaient étaient des figures. » 5 L'autre est « une lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. » ^ L'ancienne loi devait être abrogée au temps marqué; la nouvelle loi doit durer jusqu'à la fin du monde. 7 — 8. Celle-là promettait les biens de la terre: « Si vous voulez m'écouter, vous serez rassasiés des biens de la terre. » ^ Celle-ci promet les biens du ciel, comme on le voit clairement dans les huit béatitudes : « Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume du ciel est à eux; bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre... bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. » 9
Bien que l'ancienne loi fût imparfaite, nous trouvons néanmoins un grand nombre de personnes qui se sont
I Act. XV. 10.
3 Deux. xix. 20.
3 Rom. VI. i^.
4 II Cor. m. 17.
5 I Cor. X. II.
7 HÉB. VIÎ. 12, 24.
8 Is. I, 19.
9 S. Mat. v. 3 et s?q.
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sanctifiées sous son règne, tels que les patriarches, les prophètes et d'autres saints de l'antiquité. Leur justification n'était pas l'effet de la loi, mais bien de leur foi au Messie futur, notre Sauveur, et, en prévision de ses mérites, ils obtinrent la grâce du salut. La loi avait été donnée par Moïse; la grâce l'était par Jésus-Christ.
9. PRINCIPES d'interprétation à suivre dans l'explication des dix commandements
Les commandements sont positif s ou négatifs; c'est-à-dire qu'ils ordonnent de faire certaines choses, et en défendent d'autres. Il faut voir ce double côté dans chacun des commandements. Le côté négatif domine; mais en même temps il est manifeste que le: Tu ne feras pas^ implique une contre-partie: Tu feras^ parce que l'observation du précepte doit venir de l'âme et du cœur. Il y a lieu d'observer aussi que deux commandements, le troisième et le quatrième, prennent la forme positive : Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat ; Honore^ votre père et votre mère. — (i) Conséquemment, dans l'interprétation des préceptes, nous devons toujours nous rappeler que, quand un devoir est prescrit, le péché contraire est défendu; et quand un péché est défendu, le devoir contraire est ordonné. {2) Les dix commandements doivent être interprêtés d'après leur esprit, et non pas seulement d'après la lettre, comme les Pharisiens avaient l'habitude de faire. Le Christ, dans le sermon sur la montagne, a justifié ce principe par l'explication qu'il a donnée de quelques commandements.
(3) L'amour est l'accomplissement de la loi. Cette pensée ressort évidemment du fait que les dix Commandements se résument dans « notre devoir envers Dieu, » et dans « notre devoir envers le prochain. » Le devoir envers Dieu veut
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dire, Taimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces'; et notre devoir envers le prochain s'accomplit en aimant notre prochain, comme nous-même.
(4) Nous devons faire observer que quatre commandements contiennent les raisons qui motivent leur observance:
Le premier commandement'. « Je suis le Seigneur votre Dieu, le Dieu fort et jaloux, qui venge l'iniquité des pères sur les enfants, jusqu'à la troisième et quatrième génération, •dans tous ceux qui me haïssent ; et qui fais miséricorde dans la suite de mille générations, à ceux qui m'aiment et qui gardent mes préceptes. » ^
Le second commandement: « Car le Seigneur ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris en 'vain le nom du Seigneur son Dieu. » ^
Le troisième commandement: « Car le Seigneur a fait en six jours le ciel, la terre et la mer, et tout ce qui y est renfermé, et il s'est reposé le septième jour; c'est pourquoi le Seigneur l'a béni et sanctifié. » 3
Le qjiatricme commandement: « Afin que vous viviez longtemps sur la terre que le Seigneur votre Dieu vous donnera. » 4 Ce précepte, à cause de cette promesse qui y est ajoutée, est appelé par saint Paul : « Le premier commandement suivi d'une promesse. » 5
Je veux conclure par l'extrait suivant, cité dans le « Compagnon du Catéchisme, » tiré du Catéchisme de Persévérance.
1 ExoD. XX. 5, 6.
2 Ibid. 7.
5 Ibid. ii.
4 Ibid. 12.
5 EphES. VI. 2.