‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 58 sur 409 · HÉB. I · texte numérisé non relu

HÉB. I

4 Ps. XC. II, 12.

3 S. Luc. XV. 7, 10.

En récitant les psaumes, tous peuvent être frappés de ces belles invocations aux Anges exprimées par le psalmiste : « Bénissez le Seigneur^ s'écrie-t-il, vous tous qui êtes ses Anges, qui êtes puissants et remplis de force.... Bénissez tous le Seigneur, vous qui composez ses armées, qui êtes ses ministres, et qui faites sa volonté. » ^

(i) David savait parfaitement que le soleil, la lune et les étoiles ne pouvaient ni entendre sa voix, ni chanter les louanges du Créateur ; mais il savait bien aussi que les esprits angéliques voltigeaient autour de lui, et étaient capables de mêler leurs chants de jubilation aux siens, car il nous assure que « l'ange du Seigneur environnera ceux qui le craignent. » ^

(2) Quelques instants avant sa mort, le patriarche Jacob, après avoir invoqué les faveurs de Dieu pour les deux fils de Joseph, Manassé et Ephraïm, appelait ainsi sur eux la bénédiction de l'ange : «Que l'ange qui m'a délivré de tous mes maux, bénisse ces enfants. » 3 Jacob demandait donc l'intercession d'un ange.

(3) Saint Jean, écrivant aux sept Eglises, les salue en ces termes :« La grâce et la paix vous soient données par celui qui est, qui était, et qui doit venir; et par les sept esprits qui sont devant son trône. » 4 C'est là une forme de bénédiction qui, tout en nous assurant que nous pouvons, avec grand profit, avoir recours aux charitables intercessions des esprits qui environnent la Majesté du ciel, pour en obtenir la

1 Ps. cil. 20, 21.

2 Ps. XXXIII. 8.

3 GeN. XLVIII. 16.

4 Apoc. I. 4.

grâce, le don de Dieu, fournit en même temps un exemple à notre imitation. L'Apôtre, en effet, en désirant que la grâce vienne par les sept esprits, les invoquait assurément, afin d'obtenir par leur intermédiaire, une telle faveur de Celui dont ils environnent le trône^, puisque Dieu est le seul auteur et distributeur de la grâce. ^

7. RAISONS PARTICULIÈRES d'HONORER ET D'INVOQUER LA TRÈS SAINTE VIERGE

A la bienheureuse Vierge Marie, nous devons une vénération plus grande qu'aux Anges et aux Saints. Cette sorte d'honneur ou de vénération est connue parmi les Catholiques sous le nom de culte àltyperdulie ; — c'est-à-dire culte au-dessus de celui que nous rendons aux Anges et aux Saints, mais infiniment inférieur à l'honneur et au culte dûs à Dieu seul.

Il est bon d'indiquer les raisons principales de notre vénération et de notre amour pour la Sainte Vierge.

Le premier motif de notre dévotion et des honneurs particuliers que nous rendons à Marie, c'est que la Très-Sainte Trinité l'a aimée plus que tous les Anges et les Saints. Elle est la plus sainte de tous les habitants du ciel : elle mérite par conséquent plus d'honneur qu'eux, selon la volonté de Dieu, et d'après les préceptes de la raison naturelle, qui nous ordonne d'honorer davantage ceux qui méritent le plus.

Notre seconde raison, c'est que Marie est la Mère de notre Dieu et de notre Sauveur; nous devons donc avoir une profonde vénération pour elle, en nous efforçant de lui rendre

I Hierurgia.

tous les honneurs qu'exige sa haute dignité. Tous les honneurs qui lui sont rendus à ce point de vue, sont de ce fait, rendus au Christ lui-même. Parlant des pauvres, il disait un jour:« Tout ce que vous aurez fait au plus petit d'entre mes frères, sera fait à moi-même. » A combien plus forte raison pouvons-nous conclure que tous les honneurs déférés à la Mère, sont en même temps rendus au Fils!

La troisième raison, c'est que Marie a le plus tendre amour pour nous, ses enfants, et qu'elle désire que nous la regardions comme notre Mère: c'est suffisant pour que nous lui montrions une vénération spéciale et un amour tout particulier. Il est naturel que des enfants aiment leurs parents, surtout quand ils savent que ceux-ci ont pour eux un très-grand amour. Saint Jean, au pied delà Croix, entendit ces paroles de notre Sauveur mourant: « Enfant, voici votre Mère. » Il représentait tous les fidèles; il la prit pour sa Mère; et, à partir de ce moment, il ne cessa de la vénérer et de l'aimer de la plus sincère et plus tendre charité.

Un quatrième motif, c'est qu'elle a souci de tout ce qui nous concerne, et s'intéresse à notre bien. Non seulement elle entend les prières que nous lui adressons, mais elle prévoit nos nombreux besoins et les recommande h Dieu. Nous en avons un exemple dans sa charité aux noces de Cana.

Le cinquième motif, c'est qu'elle a le pouvoir aussi bien que la volonté de nous assister. Il n'est rien qu'elle ne puisse obtenir pour les pauvres pécheurs.

Pour toutes ces raisons, il doit paraître évident pour tous, que nous sommes tenus d'honorer Marie d'une manière particulière, et que nous devons lui rendre un hommage de respect plus grand que celui que nous offrons aux Saints. Mais, nous affirmons très fermement que tout catholique

comprend qu'il y aurait crime à rendre à la Bienheureuse Vierge le culte de latrie^ ouïe culte divin, qui n'est dû qu'à Dieu seul. Nous adorons, il est vrai, d'un culte de latrie^ la sainte humanité du Christ, à cause de son union personnelle avec le Verbe, qui est consubstantiel au Père. Mais, la Maternité divine de Marie, et à bien plus forte raison aucune autre de ses prérogatives, n'établit entre Dieu et la Sainte Vierge une union hypostatique avec une Personne divine, telle qu'elle existe de fait en vertu de l'Incarnation entre le Verbe éternel et l'humanité qui lui est unie. Ainsi, nous devons rendre à la Sainte Vierge des honneurs secondaires et inférieurs à ceux que nous offrons à son divin Fils. Néanmoins, parce qu'elle est investie d'une dignité éminemment plus grande que celle des Anges et des Saints, nous lui devons des hommages et une vénération d'un genre supérieur. C'est ce que l'Eglise catholique appelle culte àliyperdiilie^ pour distinguer ces honneurs de ceux que nous rendons aux Anges et aux Saints.

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