MANIÈRE DE s'ADRESSER A DIEU PAR LES SAINTS
La forme de prière usitée dans le culte public et solennel de l'Eglise sera le témoignage le plus clair de sa doctrine au sujet de l'invocation des Saints. Dans le Missel et dans le Bréviaire, il n'y a pas une seule prière, une seule oraison adressée à un Saint; mais toutes vont directement à Dieu seul. Elles commencent par l'une ou l'autre de ces invocations à la Divinité: Omnipotens^ Scmpiterne Dcus,... qXc. (Tout-Puissant, Dieu éternel). Intercessio nos^ quœstimiis^ Ow/z//)6'/é?;z5Z)^//5...,etc.(Accordez-nous,ô Dieu Tout- Puissant).
Elles se terminent par cette conclusion: Par Notre-Seigneur, Jésus-Christ^ votre Fils,... etc.
C'est le sens de ces formules qu'on retrouve dans cette strophe finale de toutes les hymnes chantées dans les offices publics:
« En cela, très miséricordieux Père, écoutez Avec le Christ, votre Fils égal en tout, notre prière. Lui qui, avec le Saint-Esprit et vous.
Réside et règne dans l'éternité. Amen. » i
9. OBSERVATIONS DU D' LINGARD SUR LA DOCTRINE DE l'invocation DES SAINTS DANS L'ÉGLISE ANGLO-SAXONNE
Nous pouvons conclure par ces observations du D' Lingard sur l'invocation des Saints dans l'Eglise Anglo-Saxonne: « Une faible connaissance de la littérature ancienne, écrit-il, prouvera qne nos ancêtres étaient trop instruits pour confondre l'homme avec Dieu. Ils savaient distinguer entre l'adoration due à l'Etre Suprême, et les honneurs auxquels pouvaient avoir droit les plus saints de ses serviteurs. Tandis qu'ils l'adoraient comme l'auteur de tout bien, ils ne rendaient à ceux-ci que le culte de respect dû à ceux qu'ils considéraient comme ses privilégiés et ses apôtres. Quiconque voudra parcourir attentivement les œuvres des écrivains Saxons, ou les actes des Conciles Saxons, depuis l'ère de leur conversion jusqu'à l'époque la plus obscure de leur histoire, observera que cette importante distinction y est marquée avec soin et constamment enseignée. Q.uand le poète chantait son saint patron, il ne cherchait pas à toucher sa miséricorde
I Hierurgia, voL i. p. 363.
ni à implorer sa justice : obtenir le secours de son intercession, se faire rappeler par lui auprès du trône du Tout-Puissant, tel était le seul objet de sa demande. Si le prédicateur du haut de la chaire exhortait ses auditeurs à solliciter les prières des plus saints de leurs frères, il avait soin de leur inculquer qu'ils ne devaient adorer que Dieu seul. Si un chrétien, en se levant le matin, avait l'habitude d'implorer la protection des Saints, on ne lui recommandait pas moins de n'adorer que son Créateur en fléchissant les genoux devant sa Majesté. ^
I LiNGARD. Antiquités de l'Eglise Anglo-Saxonne.
Le Premier Commandement
(suite)