JOS, XXIV
les consultait comme des oracles, sans toutefois perdre entièrement de vue le Dieu d'Abraham et le Dieu de Nachor, qu'il invoquait à l'occasion, tandis qu'il était disposé, en présence de Jacob, à reconnaître les bienfaits dont l'avait comblé Jéhovah. ^ Tel était, en effet, la plupart du temps, le caractère du culte idolâtrique des Israélites. Semblables aux colons de Cuté, en Samarie, qui craignaient Jéhovah et servaient leurs dieux, ils mêlaient, d'une étrange façon, une croyance théorique au vrai Dieu à ces hommages extérieurs, qu'ils étaient portés à rendre aux idoles des nations environnantes. Pendant leur long séjour en Egypte, pays de symbolisme, ils se gâtèrent au contact des idoles de la région, et il fallut longtemps pour en effacer les impressions. C'est à ces dieux que Moïse, en sa qualité de hérault de Jéhovah^ jetait le gant du défi, et les plaies d'Egypte renversèrent leurs idoles symboliques.
Peu de temps après la délivrance, nous voyons Aaron, cédant lui-même aux clameurs populaires, faire une idole depuis longtemps familière à la foule, — le veau, représentation d'Apis, et emblème de la puissance productrice de la nature. Pendant le reste de leur pérégrination à travers le désert, pendant la vie de Josué et des anciens qui lui survécurent, les Israélites restèrent fidèles à leur alliance avec l'unique Dieu vrai et vivant. Mais les générations suivantes, qui ne connaissaient pas Jéhovah, ni les œuvres qu'il avait accomplies en faveur d'Israël, s'écartèrent du droit sentier de leurs pères, et se laissèrent prendre aux pièges des étrangers. A partir de cette époque, leur histoire ne devient presque
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Il8 LES COMMANDEMENTS
pas autre chose qu'une chronique de conséquences inévitables du péché et du châtiment. ^