Aulard, I
La
pour l’organiser, Mais c’est par arrêté des commissaires dans le Mont-Blanc, en date du 18 février que deux d’entre eux sont désignés pour aller dans les Alpes- Maritimes (1).
On peut se demander, d'autre part, dans quelle mesure le choix des commissaires a été influencé par les aptitudes personnelles des candidats, leurs opinions politiques ou la circonscription électorale qu’ils représentent,
D'abord, les aptitudes personnelles : pour l’organisa tion de la défense nationale sur la frontière d'Espagne la Convention envoie un capitaine du génie Carnot à Bayonne; mais avec lui un avocat Garreau, et un juge Lamarque; et à Perpignan deux officiers d’artillerie Aubry et Despinassy ,et un négociant Isnard. Pour la destitution de Montesquiou, elle envoie trois militaires: Dubois Crancé (ex-mousquetaire de la garde du roi, adjudant général colonel depuis le 9 septembre 1792), de Gasparin (capitaine), Lacombe Saint-Michel (capitaine d’artillerie).
* Le 30 septembre, dans le département du Nord trois militaires Delmas (ancien lieutenant d'infanterie), le Doulcet de Pontécoulant (ex-sous-lieutenant à la compagnie écossaise de la garde du roi avec rang de lieutenant colonel),de Bellegarde (ancien capitaine de chasseurs à cheval); mais aussi un ex-moine Duquesnoy, un Juge Duhem, un avocat Loysel et un ci-devant marquis,
4. Le décret du 1% mai 1793 établit enfin une règle générale. Tous les représentants en mission devaient désormais être désignés au scrutin par la Convention, Aulard, IT,
d’Aoust. Aux frontières, du Doubs un capitaine du génie Prieur, avec un notaire Deydier et un avocat Guyton. A l’armée de Nice, un acteur Collot d’Herbois, un pasteur protestant Lasource et un notaire Goupilleau. A l’armée de Belgique, IE 30 novembre, trois avocats Camus, Delacroix, Danton, et un administrateur des domaines Gossuin. Le 13 janvier 1793, la convention leur adjoint deux autres avocats : Merlin de Douai et Treillhard et un troisième Robert, le 28 février.
On peut dire, que, d’une façon générale, la Convention tient assez peu compte des connaissances spéciales de tel ou tel de ses membres, dans le choix des commissaires Cependant, le 5 février, bien qu’un décret précédent ait décidé que les mêmes députés ne pourraient pas être nommés deux fois commissaires (1), Lacombe Saint- Michel envoyé déjà le 24 septembre à l’armée de Montesquiou est de nouveau désigné pour visiter les places du Nord, parce qu'il est capitaine d’artillerie et connait l’art des fortifications. Le décret dont il s’agit est d’ailleurs rapporté. e
La Convention n'apporte guère plus d'attention à envoyer dans les départements des députés appartenant par l’origine de leur mandat à la circonscription dans laquelle ils vont remplir leur mission. A Orléans, le 22 septembre, on envoie cependant Lepage qui représente le Loiret, mais aussi Manuel député de Paris et Thuriot de la Marne. À Lyon, Vitet du Rhône-et-Loire, avec Alquier de Seine-et-Oise et Boissy d’Anglas de
1. Aulard IT, 48, dit « Nous avons vainement. cherché le décret dans le procès-verbal, » :
l'Ardèche. À Bayonne (24 sept.) c’est Carnot député du Pas-de-Calais, Garreau qui représente la Gironde et Lamarque de la Dordogne. A Châlons, on rencontre Prieur de la Marne. Dans le département du Nord (30 septembre) d’Aoust, Duhem, députés du Nord, Duquesnoy du Pas-de-Calais, Loysel de l’Aisne; mais aussi Delmas de la Haute-Garonne, le Doulcet du Calvados, et Dubois de Bellegarde député de la Charente. Dans le Doubs (9 octobre) Guyton et Prieur deux députés de la Côte-d'Or, et un de l’Ain, Deydier. Dans le Bas- Rhin, la Meurthe et la Moselle, le 18 décembre on ne trouve que des députés de ces régions: Dentzel, Rubhl (Bas-Rhin), Couturier, Blanc (Moselle), Laporte (Haut- Rhin),
Les partis se disputent-ils les places de commissaires ? Se recrutent-ils en majorité parmiles Girondins dominant à l’époque la Convention ? En principe, les Girondins cherchent à s'abstenir pour demeurer groupés et nombreux dans l’assemblée.
Toutefois, les premières missions, comprennent de nombreux modérés qui voteront en janvier contre la mort du roi: à la mission d'Orléans, Manuel, Le Page; à celle de Lyon, Alquier, Boissy d’Anglas, Vitet (1), à celle de Bayonne, Garreau (2); à Perpignan, Aubry, Isnard (3); à Châlons, Sillery, Carra (4).
Mais dans celles à l’armée de Montesquiou (5) et dans