‹ Les Commissaires de l'Assemblée Législative et de la Convention Depuis la Révolution du 10 Août 1792 jusqu'en Avril 1793Chapitre 63 sur 104 · Créée par la Convention le 20 novembre, Aulard, I · texte numérisé non relu

Créée par la Convention le 20 novembre, Aulard, I

rent l’accusateur public de le poursuivre et de faire emprisonner son complice (1).

Ayant reçu de la Convention le 20 novembre, la mission d’inspecter les magasins de l’armée des Alpes (2), ils nomment ençore avant de quitter Lyon, deux vérificateurs de la comptabilité de l’entrepreneur des convois militaires (3).

A Montpellier, ils font payer un acompte à un fournisseur malgré l’ordre contraire d’un payeur général (4). Ils procèdent, d'autre part comme à Lyon, pour l’inspection du magasin militaire : les corps administratifs désignent deux experts choisis parmi leurs membres qui vérifient les fournitures, en présence du commissaire des guerres et des fournitures sous la présidence des représentants. À la suite de cette inspection, ils suspendent le commissaire des guerres,le consignent à Montpellier, en attendant que son sort soit réglé par la Convention, ou par le ministre de la guerre et le remplacent par un commissaire ordonnateur assisté de trois commissaires nommés par lui, dans les corps administratifs.

Remplissant d'autre part, leur office d'agents de renseignements en toutes matières, ils signalent occasionnellement à la Convention la pénurie de petite monnale (5).

Voici maintenant une mission particulièrement inté-

. Aulard, I, 291.

. Décret du 20 novembre. Aulard, I, 248.

. Aulard, I, 291. Lettre du 4 décembre.

. Aulard, 1, 298.

. Aulard, I, 312. Lettre du 10 déc. 1792,

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ressante, parce qu’elle provoque un conflt entre la Convention et ses commissaires; l’Assemblée considérant en effet à un moment donné, que ses envoyés ont dépassé leurs pouvoirs et rendant en conséquence le décret du 15 novembre, qui interdit aux commissaires d’ordonner aucune dépense publique ni de faire délivrer aucun mandat sur les caisses nationaies. C’est la mission décrétée le 23 septembre pour organiser une armée sur la frontière d'Espagne.

Elle comprend deux sections, dirigées l’une sur Perpignan, l’autre sur Bayonne. Cette dernière compte parmi ses membres Lazare Carnot et va faire preuve d’une grande activité.

Carnot et ses collègues ont en effet une tâche considérable à accomplir, qui ressort de la lecture du plan qu'ils en dressent le 7 octobre 1792 à Bordeaux (1).

« 19 Il sera organisé sur les frontières d’Espagne, depuis Perpignan jusqu’à Bayonne, une armée de 40.000 hommes, dont la première moitié à peu près sera mise sur pied sans délai et dont la seconde demeurera en réquisition permanente, toujours prête à se réunir, de manière que la première seule puisse suffire, si on veut rester sur la défensive, et que les deux ensemble puissent faire l'invasion du pays ennemi, si l’on veut agir offensivement,;

« 29 Les places de guerre seront mises dans l’état le plus respectable de défense et demeureront constam-

4. Correspondance générale de Carnot, par Charavay, t. I, p. 186. Paris, Imp. nationale.

ment munies de tout ce qui est nécessaire pour rendre cette défense parfaite;

« 39 Il sera établi sur ces mêmes frontières une artllerie matérielle, des munitions de guerre et des magasins de toute espèce pour une armée de 40.000 hommes, Ces magasins, unie fois établis, devront être précieusement conservés pour les guerres possibles à venir, de manière qu’en cas de pareil événement il n’y aït plus que des hommes à faire mouvoir et qu’on ne se trouve plus réduit à la nécessité de recourir dans l’occasion à une multitude de ces expédients précipités et ruineux qu’entraine le défaut de magasins établis de longue main pendant la paix. »

Pour remplir ce programme, ils vont se trouver en rapport constant avec les autortés militaires locales, notamment Le commissaire du conseil exécutif provisoire envoyé par le ministre de laGuerre dans la même région et pour le même but, Lacuée adjudant général de l’armée des Pyrénées (1), ainsi que Le lieutenant général Choderlos de Laclos,chef d'état-major de cette armée.

Ils agissent en maîtres à l’égard des autorités civiles et militaires et procèdent par voie de réquisition :

Réquisitions aux corps administratifs des départements voisins de La frontière d'Espagne, pour qu'ils procèdent aux levées, habillement et équipement des bataillons destinés à la défense de la frontière (2).

1. L’arinée des Pyrénéés avait été créée par arrêté du 44 oët. 1792 et confiée au ministre de la Guerre démissionnaire le lieutenant général Servan. Celui-ci ne devait rejoindre son poste

que le 48 décembre 1792.

2AChATAVAY MIS

Réquisitions à l’adjudant général Lacuée pour modifier l'emplacement des différents corps de troupe de l’armée des Pyrénées (1).

Réquisition au ministre de la Guerre, pour réclamer 4 mullions de livres sur les 28 alloués par la Convention pour la formation des bataillins de volontaires (2).

Passation de marchés pour la fourniture d’effets d'habillement, de campement, de couchage, de métaux nécessaires à la fonte des canons; achats de blé et de fourrages par les régisseurs des vivres à Bayonne (3).

Ils décident en outre de faire payer aux soldats cantonnés dans les diverses localités de Ia frontière une haute paye de deux sols par jour (4). La Convention suspend le 15 novembre ce dernier arrêté des commissaires et rend, de plus un décret leur interdisant d’ordonner aucune dépense. Du même soup les pouvoirs de Carnot et de ses collègues sont considérablement diminués et ils ne peuvent plus faciliter à Lacuée la tâche qu'ils poursuivaient de concert. Ils interprètent d’ailleurs cette mesure de la Convention comme un blâme de leur conduite et annoncent leur retour (5).

Quelques jours plus tard, le Comité de correspondance de la Convention leur répond en ees termes (6) :

4, Ibid, E, 205,

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