L. CARNOT, GARREAU, F. LAMARQUE
Il est enfin intéressant de voir le rôle joué par nos commissaires à Bayonne au point de vue diplomatique. S’étant mis en relation avec le citoyen Bourgoing, ministre plénipotentiaire de France en Espagne, ils lui écrivent-le 19 octobre (1) que la France désire la paix avec l'Espagne.
« Tel est le vœu de la nation française et tels seront les principes qui guideront invariablement les commissaires de la Convention nationale dans le département des Pyrénées; telles seront aussi sans doute les instructions que vous recevrez du conseil exécutif. C’est d’après cela, citoyen, que vous devez vous-même régler votre conduite, Nous espérons beaucoup de votre intelligence, de votre sagesse, de votre fraternité, et nous recevrons avec reconnaissance les renseignements que vous croirez devoir nous donner sur les dispositions de la cour d’Espagne, ainsi que sur les préparatifs militaires. »
Comme l’on voit, les représentants respectent sur ce point la séparation des pouvoirs. Ils n’empiétent pas sur le domaine des relations extérieures qui est resté réservé au conseil exécutif, provisoire, et dans lequel ce dernier conserve une certaine indépendance. C’est la dernière prérogative de l'Exécutif, pour laquelle il n’est pas devenu tout à fait un pouvoir subordonné. Après l'établissement du comité de Défense générale, surtout avec Le comité de Salut Public, ce dernier retranchement séparant l’Exécutif de l’assemblée sera renversé.
Dans leur rapport, Carnot et ses collègues retracent