‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 128 sur 292 · DEL · texte numérisé non relu

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redevances, prés, bois, etc., h charge de tenir dudit duc, à cause du marquisat de Nomeny, ladites terres el seigneuries, appartenances et dépendances, et d'en faire les foi et hommage ea tel cas requis, pour le prix et somme de 100,000 francs, monnaie de Lorraine. (Notes Dupont.)

Ou trouve, dans les comptes du domaine de Nomeny, les particularités suivantes concernant la jaslice du ban de Delme, les tailles el redevances auxquelles étaient sujets les habitants, etc. :

u Demandes produites en justice. Au ban de Delme, tous acteurs doivent au domaine, pour le droit desdites demandes, 7 gros. Tons produisant témoins en enquête pardevant les gens de justice dudit ban, doivent, par chacun d'icculx, 5 gros, comme aussi tous serments prêtés sur loi plexèe. — Le droit de fondation en justice consiste en 5 gros pour chacune. — Le droit des défauts commis pardevant ladite justice est d'un franc pour chacun d'iceux el de 5 francs pour le contumace. — Toute partie qui prend le fait et cause d'aairui en garantie pardevant ladite justice, doit 5 gros au domaine. — Pour chacun incident formé et vidé pardevant ladite justice, est dù au domaine 2 francs par la partie condamnée. — Pour tonte requise d'arrêt ou de cherche de chose amblée, est dù au domaine 5 gros, comme aussi sont les peines de commandements de 5 gros pour le premier à doubler jusques à 6 livres, après qooi l'on vient a prise de corps.

n La taille ordinaire du ban de Delme, due par chacun an au jour de fête saint Remy, chef d'octobre, monte en une année de 5 francs et rabaisse en l'autre de pareille somme. — Tous nouveaux entrante aux villages dudit ban, soit qu'ils sortent de l'un pour aller résider a l'autre, doivent 5 francs au domaine. — L'office de riffleur du ban est que nul ne peut dépouiller bêtes mortes que le riffleur. — Le droit de passage est ainsi fixé : le char de sel doit 2 blancs ; la charrette un blanc ; pour toutes antres marchandises, le char 2 gros ; la charrette un gros, ta balle ou panier 6 deniers, le ïweuf 6 deniers, le cheval 6 deniers, la jument 5 deniers, le cent de porcs 9 gros, le cent de moulons ou brebis 3 gros.

n Le droit de vente au ban de Delme consiste el se prend sur tous les villages dndil ban et ex villages d'Oriocotirl, Jallaucourt, Malocourl el

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Àboucourl proche Manvuey (Manhoué), et doit cliacaa Ubooreur faisant labourage, tant desdits villages que par tout ledit ban de Delme, plein l'écuelle qu'il mange la soupe, de blé, et chacun manouvrier une pièce d'argent appelée goltrud, râlant trois deniers, monnaie de Lorraine, excepté ceux du village d'Aboncourt, la où il ne se preud île chacun laboureur et inanouvrier qu'un denier messin valant 2 deniers monnaie de Lorraine.

ir Chacun inanouvrier de l'Evèché de Metz venant étaler es foires dudit Delme, doit un denier nwssin, et tous autres marchands forains do 20 gros 6 deniers de ce qu'ils onhvcudu. Vient a uoler que Viviers, Tincry, Prévocourt, Doojeu, Fouteny, Laneuveville, dépendant de la baronnie de Viviers, ne doivent rien, à cause que les habitants dudit ban de Delme ne doivent aussi rien du haut conduit de Salm. — Le droit que l'on dit étalage audit Delme, consiste, pendant les jours de foires et marchés, à payer, par ceux qui étalent marchandises ou denrées, selon qu'ils s'accordent avec le fermier dudit droit, l'un plus, Vautre moins, scion le lieu et la place où ils étalent.

i Chacun laboureur résidant à Delme doit 8 gros et le manouvrier K gros pour la permission qui leur a été octroyée de cuire dans les fours particuliers construits en leurs maisons, sans être astreints au four banal qui était autrefois audit Delme. — Tous laboureurs faisant charrue entière, doivent, par chacun an , au terme Sainl- Martio, au lieu de Delme, Nomeny ou Nancy, 6 bichets de bté, mesure de Nomeny, dont les i font la quarte, cl la demi-charrue & bichets. — Les manouvriers doivent par chacun an, au terme Saint-Martin d'hiver, chacun 2 gros et la veuve un gros, sauf les personnes franches, w

I! *c percevait, en outre, au village de Delme, des menus cens assignés sur certains manoirs et héritages ; des cens, appelés les mailles d'honneur, dus, le jour de la tenue des plaids annaux, sur certaines maisons, etc.

De tous les villages de la Lorraine, ceux du marquisat de Nomeny, et principalement du ban de Delme, paraissent avoir le plus souffert au XVIIe siècle. Un rapport des gens des Comptes, joint à une requête par laquelle le fermier des moulins banaux de La Fosse demande quittance du canon de sa ferme, dit que, vers Noël 1651, k roi de France, allant de Metz à Vie cl Moyen-

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vie avec sou armée, et retouruanl ensuite dans la première de ces villes, ses soldats se logèrent dans les villages de Delme, Puzicux, Lemoncourl, Allaincourt, Xevocourt cl Liocourt, dont les habitants, à leur approche, avaient pris la fuite, emportant leurs grains, les uns dans des châteaux forts, comme à Viviers, les autres dans différents lieux de sûreté, même hors du marquisat. Les allées et venues des troupes françaises continuèrent presque sans interruption dans tout le cours de l'année 10.">1 et jusqu'au mois de juin 1632, ainsi que l'atteste une requête dans laquelle le fermier du passage du ban de Dclma demande une réduction, alléguant que le séjour des gens de guerre a fait complètement cesser le commerce cl le trafic ordinaires.

A partir de l'année 1654, les comptes du receveur du domaine de Nomeny renferment des mentions plus explicites, et dont voici des extraits :

1654. « Le fermier de la vente, passage et étalage du ban de Delme a laissé de payer l'an de ce compte, sur ce qu'il n'a rien pu tirer de ses sous-fermiers, à cause de la guerre, comme aussi le fermier de la gabelle et banvin... n

En 1655, u te comptable remontre que les troupes suédoises arrivant au marquisat de Nomeny au commencement du mois d'octobre, pour ne tomber en leurs mains à cause des cruautés inouïes par eux exercées, tous les habitants du bau de Delme, et notamment tes gens de justice, abandonnèrent leurs demeures cl se retirèrent en lieu d'assurance, en sorte que depuis ce temps, ledit ban de Delme a été comme déscrl el inhabitable...

> Le comptable ne fait état ni recette de 87.7 francs dus au ban de Delme pour l'aide Sainl- Hemv, qui a été payé aiusi que de coutume, combien que le sergent du domaine ait été audit lieu expressément pour les interpeller, ensemble mis prisonniers plusieurs habitants dudit ban, mis en liberté par le gouverneur de Nomeny e* considération de leurs pauvretés et maladie où ils éluieul réduits faute d'aliments el nourriture... w

En 1656, le comptable remontre u qu'au sujet des guerres régnantes, les habitants de ce marquisat ont été si vexés el tourmentés des troupes-suédoises, écossaises el aulrcs de l'armée royale, que les trois quarts el plus, de douleurs cl souffrances sont morts, le reste, réduit sans moyens ni chevances, u'out pu s'acquitter des redevances

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ordinaires, attendu l'impossibilité de payer chose quelconque par leur ruine totale et disette si grande, nolammcul au ban de Delmc, qu'ils n'ont eu jusqu'aujourd'hui autres aliments pour vivres qu'herbes sauvages et esglands... De toutes les redevances dues au ban de Dcline, il n'a louche chose quelconque, à raison des misères et souffrances que le peu d'habitants qui de présent y résident ont endurées par l'incursion des guerres de l'un et l'autre parti qui, depuis trente mois et plus, n'en sont sortis, ayant rendu les bâtiments des villages en tel état qu'ils sont déserts et inhabitables, si ce n'est par retraite à graud nombre de voleurs qui ne font autre métier journellement que dérober ceux qu'ils rcncontreul en campagne ; que le nombre desdils habitants est réduit à trente personues, au lieu que dans un village (de neuf qui en dépendent), du passé il s'y trouvait cent à six vingt conduits... n

Un procès-verbal produit par le comptable constate u qu'atleudu les misères et désolations régnantes eu ce pays, notamment dans le ban de Delmc, où le peu d'habitants qui s'y retrouvent sont contraints à manger de* herbes sauvages el esglands, même ont passé à tel point que de déterrer des corps morts pour tes manger, faute d'autres aliments. >

Le comptable remontre, en 1637, que « par la continuation des guerres, les misères et désolations, au lieu de cesser, ayant do beaucoup augmenté, notamment dans le ban de Delmc, où il ne se retrouve que quelques dix a douze habitants, lesquels, pour subsister, s'exposent, aux hasards cl périls de leurs vies, à retirer les Cravaltcs de bois, les conduire où ils veulent faire mal et leur donner des vivres qu'ils viennent quérir à IVomeny et autres lieux, sans avoir égard à la punition exemplaire faite audit Nomeny de quatre habitants exécutés à mort pour le même fait... Les troupes de l'un et Paulre parti n'ayant en aucune fuçou abandonné les villages du ban de Delme, le commerce et trafic a par ce moyen cessé, en telle sorte que présentement lesdils village sont déserts et inhabitables... n

Les comptes des années 1038, H539 et 1040 contiennent les mêmes montions ; ou y voit que •» par la couliuualion des guerres, les villages du ban de Delmc sont absolument désert* el abandonnés, fors de dix ii douze habitants qui vivent comme* euveul mieux, n

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En 1583 , la femme Pélronnc Laboureur, de de Del me, fut brûlée comme sorcière.

Delme a été érigé en église paroissiale en

Patron, saint Germaiu. — Annexe, Donjeux.

DENEUVKE. Quelques antiquaires, dont j'ai moi-même reproduit l'opinion , ont donné au bourg de Deneuvre le nom latin de Danorum opus (ouvrage des Daiois), lui assignant ainsi une origine très-ancienne. C'esi là une erreur que démentent toutes les chartes et tous les documents authentiques, lesquels appellent celle localité Danubriutn.

Le château de Deneuvre appartenait, dès le XIIe siècle, aux évèques de Metz : par une charte datée du ti des kalendes de juillet i <2G, Etienne, l'un de ces évèques, donue à Antoine, abbé de Scnones, un lieu près de son château de Deneuvre (juxta castrum Danubrii), pour y bâtir un prieuré en l'honneur de saint Elienoe. (Cart. Senones.) C'est le prieuré du Moniet, dont je parlerai plus loin (voir ce mot).

U parait que les habitants de Deneuvre s'étaient soulevés coutre l'autorité de l'évcque Etienne, car on lit dans la Chronique de Metz , imprimée aux preuves de l'Histoire de Lorraine : u Domnut Stcphanus.... rcbelliones Danubrii et Aspertmontis... viriliter perdomuit. n

Le jeudi après l'Apparition Notre-Dame 1293, Jean de Marsal, chevalier, devient homme-lige de Henri, seigneur de Blàmont, pour cent livre* de toulois, el reprend de lui le moulin de Deneuvre. (T. C. Blàmont fiefs.) Les comtes de Blàmonl étaient devenus seigneurs de Deneuvre, ensuite de l'abandon qui leur en avait été fait (1291) par les évéqnos de Metz, à charge de foi el hommage.

On voit, par un acte de partage fait, en 1351, entre Thibaut de Blàmont, Henri de Faucogney el Jeanne de Blàmont, sa femme, que la ville de Deneuvre était déjà fermée de murailles. (T. C. Blàmont.)

Par lettres datées du 20 novembre 1476, Ferry de Blâmoul déclare retenir sous sa protection Moyse, le juif, Belle, sa femme, leurs enfants el leurs bieus, pour demeurer à Deueuvre, en payant 2 florins d'or par an. (T. C. Deneuvre.)

Le 11 avril !*>0i, le duc René promet, pour lui el ses successeurs, garder, maintenir cl entretenir les manans et habitants de Deneuvre ** en

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toutes leurs aucieuncs franchises, privilèges, libertés et coutumes notoirement observées et dont ils ont joui et usé jusques à présent. « (Cari. Charles et priv.) Aucun document ne nous apprend quels étaient ces privilèges et franchises.

En 15(1, le duc Antoine assigne pour douaire à Clirisliuc de Danemark , femme de François de Lorraine, son fils, la somme de 1 5,000 livres tournoi» de rente annuelle à prendre sur Blàmont, Deneurre et Gondrexanges. (T. C. Blàmont.)

En 1543, les habitants de Deneuvre demandent à èlrc couservés dans leur usage de prendre bois pour leur affouage dans les forêts de la Moncelle, situées en l'Evéché de MeU, et dans celles du ban Je Vacqueville.

Le 18 juillet 1557, Jean-Philippe, comte Sauvage du Rhin et de Saverne, confère à Cunin Alix, chanoine de Saiul-Dié, la chapelle dite communément Ogéviller (ou du Saint-Sacrement), sise en l'église collégiale de Deneuvre, et dont In collation lui appartenait en qualité de seigneur dOgévitlcr.

Par une bulle datée des ides de décembre 1579, le pape Grégoire XI II autorise la fondation, par Christine de Danemark, d'une chapelle sous l'invocation de sainte Marie-Madelaine, au lieu dit la Rochelle (voir ce mot), en dehors des murs de Deneuvre.

Le 14 mars 1594, le duc Charles III engage '* Gérard Reynach, seigneur de Sainl-Baslemonl, les château, ville et recette de Deneuvre. Ce seigneur vendit celle gagère, en 1598, a Francisco de Hatheo Balbany. (T. C. Deneuvre.)

Les comptes du receveur du domaine de Deneuvre renferment un grand nombre de mentions qui attestent combien cette ville eut à souffrir, au XVIIe siècle, lors de l'occupation de la Lorraine par les armées enuemies : on y voit qu'en 1652, la fenêtre de la porterie du château fut brisée et la muraille d'entre les deux'portes d'en haut de la ville démolie et ruinée par les soldats du régiment de Piémont, logés à Baccarat.

Eo ,105.1, u le comptable remontre que feu Jean Rognon, son frère, ayant exercé la charge de receveur au domaiue de Deneuvre l'espace de neuf années, mourut le 17e décembre 1055, aussi furent morts les prévôt, gruyer, contrôleur, preffier et tous autres ofliciers dudil lieu, n'y restant en la ville que six ou sept bourgeois.

•t Remontre que les rentes ducs tant par les

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bourgeois de Deneuvre que villages en dépendant... ne sont été jetées ni levées parce que l'armée impériale entra dans le pays au mois de juillet, qui empêcha toutes communications et fit une ruine générale aux paysans... De même pour les rentes des terres admodiées, ne s'élaul fait aucune moisson a Deneuvre ni aux environs en la présente année.

n Remontre le comptable que, le fut (feu) receveur, pour éviter le désordre qui se commettait environ la fin de novembre par le sieur de La Garde, capitaiue commandant la garnison de Deneuvre, envoyant ses officiers et soldats par toutes les maisons pour recouvrir grains, rompait les greniers et usait partout de force, visitait les coffres, et autres violences

n Le fermier du moulin de Deneuvre se plaint des violences et ruines arrivées sur les grains provenant de la moulure dudil moulin, par les armées.

n Les armées, depuis le mois de juin, séjournèrent tout l'été et l'hiver. Les courses des soldats, signammeul aux environs de Deneuvre, ont tellement épouvanté le peuple, les prennnl prisonniers, et autres incommodités... Aussi les maladies ont diminué le nombre des hommes, qu'il ne se trouve qu'un seul charpentier en ces quartiers, n'y restent que ciuq ou six bourgeois à Deneovre, tes experts et ouvriers en si petit nombre s'acquièrent à prix extraordinaire, faisant du passé plus pour un sol que maintenant pour douze... El ne s'est trouvé, depuis l'arrivée des armées, char suffisant à charoyer les six pièces demeurées an bois, nécessaires aux réfections du moulin de Deneuvre.

n Rapporte le comptable en dépense vingt francs que fut son frère a délivré aux charpentiers pour réparer les cors coupés à la fontaine au mois d'août année 1655, lorsque quelques régiments de l'armée impériale vinrent environner la ville, pour leur ôter l'eau, coupèrent quantité des cors

n Le sieur Dhalaincourt, commandant à un régiment pour le Roi dans Deneuvre, trouva expédient, pour empêcher les courses des ennemis, faire faire des barricades aux avenues de la porte d'en bas, aussi à l'entrée du château

n En 1050, remoutre le comptable qu'à Deneuvre ni aux environs il ne s'est fait en l'année précédente ni en présente année aucune moisson

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ni labourage Qu'au ballant sis près du moulin de Dencuvre y a une meule tournoyant à aiguiser les haches et autres tranchants, ouvrages de taillandiers, laquelle est brisée et démolie par les soldais w

On voit, par le compte de cette année, que la ferme de la vente de Deueuvre, celles du four banal, du passage des bois floltauls et des prés, fut criée sans qu'il se fût trouvé d'euchérisseur, u pour le petit nombre des bourgeois restants, w

(t Le comptable remontre que de huit jours à autres, le Sieur de La Garde, capitaine commandant la garnison de Dencuvre, faisait faire par tous les greniers de la ville visite pour y recouvrir grains, cl en rencontrant, l'emportait sans avoir égard si lesdits grains appartenaient au domaiûc ou à des particuliers, ce qui donna sujet au receveur en faire eufermer dans des tonneaux et coffres pour éviter telles levées, douze resaux et au comptable de même. Lesquels grains, encore bien que cachés daus ces tonneaux, sont été mis en la cave dudil logis pour en ôter la connaissance audit sieur de La Garde. Ce néanmoins ils furent par eux rencontrés et les tit emporter au château pour subvenir (comme il est dit) à la suslension de sa gueruison. Encore bien que le comptable résiste et lui apporte raisons avec protestation de plaintes, ils ne quittèrent prise, et par violences emportèrent quantité de coffres pleins de meubles appartenaut audit comptable, qu'il n'a pu retirer de leurs mains.

« La violence parait par les requêtes présentées par le comptable au couseil souverain, sur lesquelles les requises et conclusions de M. le procureur du roi ont été données, aussi euquéte et verbaux ci-produils ; en dédain de laquelle poursuite, le comptable fut chassé hors de la ville par trois fois, t»

La dépopulation, qui avait suivi l'occupation de Dencuvre par les troupes enuemies, se continua longtemps, car, eu 1708, celle* ville et le faubourg de Laitre, auparavant fort peuplé, ne renfermaient encore que 30 ménages. (E*. T.)

La justice était exercée à Deneuvre par un prévôt, un lieutenant cl un greffier, avec un substitut du procureur-général. Le prévôt connaissait, en première instance, de toutes les causes civiles et criminelles, excepté en ce qui regardait les personues privilégiées. Les appels se portaient au bailliage de Lunévillc et à la Cour Souveraine.

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Dencuvre était de la recette de Sainl-Dié el se gouvernait d'après les coutumes locales de Biimont. (E. T.)

Les comptes du domaine de Deneuvre, que j'ai cités plos haut, renferment, sur celte ville, pinsieurs particularités qui ne sont pas sans intérêt; on y voit, notamment, que, dès le commencement du XVIe siècle, elle possédait différentes brauebes d'industrie, dont une, surtout, jouissait d'une certaine réputation : ce fut, en effet, no ouvrier de cet endroit, nommé Jean Lambert, qui fut chargé, en 4508, de refondre les cloches de l'église Saint-Epvre de Nancy. Les drapiers de Deneuvre formaient, à cette époque, une corporation qui nommait, chaque année, le lundi aprà les Rois, son maître et deux autres officiers appelés u sercheurs sur les draps. « Ils prêtaient serment entre les mains du prévôt , et celui-ci leur offrait un repas qui était payé, moitié par les compagnons drapiers, moitié sur le produit des amendes du métier.

En 4585, une «* meule à aiguiser taillants * fut érigée au moulin el ballant de Deneuvre. (Une censé qui dépend de Deneuvre, est encore appelée la Meule.) L'année suivante, on répars le vieux pont de pierre el Ton eu construisit no nouveau ; ce fut le célèbre Florent Drouin, sculpteur et architecte, que la régente Christine de Danemark chargea d'en diriger et surveiller les travaux.

Enfin, il y avait à Deneuvre, en J610, 25 arquebusiers qui étaient exempts des renies dues par les habitants.

Au spirituel, celte ville était le chef-lieu d'un doyenné, appelé chrétienté de Deneuvre, qui renfermait, daus sa circonscription, 28 cures, 49 annexes dont 40 vicariats résidents ; 3 abbayes (Aulrey, Beauprey el Belchamp), 6 prieurés, 5 hôpitaux, 5 couvents de religieux, 2 de religieuses, £0 chapelles et ^ 1 oratoires ou ermitages ; le synode rural se tenait à Naguère*. Le palrouage de la cure avait été donué, en 1300, par Jean de Sierck, évèque de Tool, a l'abbaye de Senones, qui le céda, ainsi que celui de La Chapelle, son annexe, au chapitre de Dencuvre. Celle cession fui confirmée, en ioM, par Bertrand de La Tour, évéque de Toul, puis par Guillaume, cardinal el légat du pape Clémcul VU. L'église a été bâtie en 1737. L'hôpital était ruiné eu 176S.

Outre le prieuré du Monicl cl l'ermitage de la

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