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IL — PAPIERS PROVENANT DES MAISONS RELIGIEUSES ET DES ÉMIGRÉS

Cette seconde partie de nos Archives n'offre pas le même intérêt que la première au point de vue de l'histoire générale de Lorraine, mais elle en a, sans contredit, davantage pour les localités qui composent aujourd'hui le déparlement de la Mcurthe ; on y trouve, en effet, à partir de la fin du VIII0 siècle, une foule de documents concernant ces localités : bulles des papes, diplômes des empereurs, chartes des archevêques de Trêves, des évèques de Metz, Toul et Verdun, des ducs de Lorraine, des comtes de Vaudémont, de différents autres seigneurs et de plusieurs dignitaires ecclésiastiques.

Un certain nombre de ces pièces ont conservé leurs sceaux, ce qui eu augmente le prix ; on a , entr autres, ceux de presque tous les monastères, des abbés ou prieurs placés à la tète de ces communautés, de beaucoup d évoques et de quelques papes.

INTRODUCTION. XXI

Sous le rapport purement matériel, la partie des Archives dont je m'occupe n'est pas moins importante que le Trésor des Chartes , bien qu'elle ait éprouvé, comme ce dernier, des pertes à jamais regrettables, soit lorsque les ajpiers des établissements religieux ont été apportés dans le dépôt central du département, soit postérieurement à cette époque. Heureusement que parfois des carluiaires ou des copies permettent de combler des lacunes en tenant lieu des pièces originales.

J'adopterai, pour cette seconde série de mon travail, des divisions analogues i celles que j'ai précédemment employées ; elles comprendront :

1° Les papiers provenant des maisons religieuses ;

¥ Les papiers provenant des émigrés ;

Enfin, les papiers divers auxquels il ne m'a pas été possible d'assigner ime place dans l'une ou l'autre de ces catégories.

I Papiers provenant des maisons religieuses. — Personne n'ignore combien étaient nombreux les établissements religieux que possédait notre pays, et il me suffirait peut-être de les énumérer pour donner un* idée de l'importance que doivent offrir leurs archives réunies. Toutefois, il m'a semblé que je remplirais mieux la tâche que je me suis imposée si j'entrais dans quelques détails ; si, par exemple, j'indiquais la quantité de liasses (i) que forment les papiers de chaque maison, et si je signalais, soit les registres curieux, soit les pièces les plus remarquables qui y sont renfermés. C'est ce que j'ai fait.

II est nécessaire, pour procéder avec ordre, de recourir encore à des subdivisions ; j'emploierai les suivantes, qui sont à la fois les plus rationnelles et les plus simples :

1e Clergé séculier ; ¥ Clergé régulier ;

(1) L< > liasses correspondent, eu général, au volume de papiers que peut contenir ■ carton d'une dimension ordinaire.

XXII INTRODUCTION

3° Clercs séculiers ;

4° Frères ; ' I

5° Ermites; 1 !

6° Pénitents ; i 7° Maisons religieuses de femmes.

1° Clergé séculier.

A. Cathédrales.

1° Cathédrale de Toul. — (16 Liasses.) Les archives de la Cathédrale de Toi sont bien loin d'avoir l'importance qu'on est tenté de leur supposer : aucun de diplômes précieux que devait contenir le chartricr de cette église, ne nous es parvenu ; les titres que nous possédons ne remontent guère au-delà du XIII siècle et n'offrent que fort peu d'intérêt historique. Il faut excepter, néanmoins une liasse relative aux démêlés des bourgeois et du chapitre, et intitulée u Copies de plusieurs droits appartenant à l'église de Toul, contestés et depuis reconnus par les maître échevin, justiciers et citoyens de Toul, depuis l'an 1300 jusques en 1541. «

Quant aux registres, à part une série d'Etats de la prébende théologale, qui commencent en 1579 et finissent en 1641, ils ne datent que de la seconde moitié du siècle dernier (1766-1789) ; ce sont des déclarations des biens cl droits de la Cathédrale, des comptes de la fabrique et de l'aumôncric, etc.

2° Cathédrale de Nancy. — Les titres qui concernent la Cathédrale sont réunis a ceux de la collégiale Saint-Georges et de la Primatiale, dont je parle plus loin.

B. Collégiales.

1° Collégiale Sainl-Gengoult de Toul. — Une seule liasse de titres de propriété, un compte du grenetier et deux autres registres de recette des revenus cl émoluments appartenant aux obits de l'insigne église collégiale Sainl-Gengoult.

INTRODUCTION. XXIII

Gamme oq le voit, les papiers de celle collégiale, non plus que ceux de la Cathédrale, ne nous ont pas été conservés ; ils auront probablement été dis— pesés ou anéantis, à l'époque de la révolution, avec les richesses en tout genre fù composaient le trésor de ces deux églises.

Y Collégiale Saint-Georges et Primatiale de Nancy. — (104 Liasses.) Les arcades de ces deux établissements sont non moins considérables que précieuses. Avant d'être réunie à la Primatiale , la collégiale princière de Sainl-Georges avait en, pendaut une période de plus de quatre cents ans, une existence à part ; elle avait possédé de grands privilèges, des prérogatives fort étendues ; ses membres avaient joué un rôle assez important dans l'Etat ; c'était entre les mtm de son prévôt que les ducs de Lorraine prêtaient serment lors de leur entrée solennelle dans leur capitale ; c'était lui qui recevait ceux des prévôts et its baillis de Nancy quand ils prenaient possession de leur charge ; l'aumônier itt chapitre pouvait exercer le droit d'asile dans sa maison ; l'écolàtre irait la surveillance des écoles de la ville, etc. On comprend donc facilement (Intérêt que doivent offrir les archives d'un corps, à la fois politique et relipeu, qui se trouvait mêlé à tous les événements contemporains. Aussi, ses tares isolés, de même que ses registres capilulaires (1), renferment-ils bcau- <*np de documents d'une haute valeur historique.

La Primatiale, sans remonter aussi loin que la collégiale Saint-Georges, possédait des archives bien autrement anciennes que ne pouvait en avoir cette dernière. On avait cru devoir, en effet, pour la doter dignement, lui donner les Mens de pinceurs établissements religieux, d'une antique origine, tels que Fanbaye de Gorze, celle de Saint-Martin lès Metz, la collégiale Saint-Laurent ée Dieulouard, le prieuré Notre-Dame de Nancy, ceux de Salonne, de Saintes registres sont au nombre de six et vont de 1531 à 1742, c'est-à-dire jusqu'à irparde la réunion de la ooll< '-gialr Saint-Georges à la Primatiale. On possède aussi $45 registres de eomptes de ces deux églises, de 143G à 1789. Celle série est malhcufonenrol interrompue par de fréquentes lacunes.

INTRODUCTION

Don, de Saint-Thiébaut, de Saint-Nicolas, de Gcrbéviller et de Vandœuvre. En héritant des biens de ces maisons, la Primatialc hérita de leurs litres, el c'est ce qui fait que son chartrier s'enrichit de plusieurs pièces d'un prix inestimable, parmi lesquelles, des diplômes de Charlemagne (777), de Charles-lc- Simple (896) et de Louis d'Outremer (950), provenant tous trois du prieuré de Salonne ; des chartes du comte Raimbauld (947), d'Adalbéron, évoque de Verdun (985-992), du duc de Lorraine Thierry (1078), etc.

Les titres de Saint-Georges et de la Primatialc sont analysés, quelques-uns môme transcrits, dans un Inventaire en 13 registres in-folio, composé, sur la fin du siècle dernier, par Lemoiue, archiviste du chapitre de la cathédrale de de Toul (1).

5° Collégiales Saint-Léger de Marsal et Saint-Etienne de Vie (réunies en 1773). — (23 Liasses.) Un assez grand nombre de petits registres contenant des prises de possession de canonicats (1671-1761), actes capitulaires (1697-1770), etc. du chapitre de Marsal ; Livres des affaires de l'église collégiale de Vie (1555-1787) ; comptes des receveurs du chapitre (1585-1749) ; Manuels des cens dus au chapitre et à l'écolàtre (XVP siècle) ; actes mortuaires du chapitre Saint-Etienne ; livre des lieux où Messieurs de la collégiale de Vie sont curés et où ils ont des rentes et revenus (XVIIe siècle) ; plusieurs pieds-terriers concernant la ferme de Riouville, les villages de Munster, Arracourt, Juvrecourt, Chambrey, Bellange, Dalhain, Guinzeling, Lôudrefing, Bassing, Torcheville, Albestroff, BénCstroff, Kcrprich, Iusming, Sionviller, Bourdounay, Ley, Lezcy, Haraucourt, Saint-Médard et Salonne.

4A Collégiale Saint-Eucaire de Liverdun. — Les titres de cette collégiale sont

(1) Outre ces registres, on en possède G d'actes capitulaires, de 1617 à 1790, et différents autres, parmi lesquels un recueil de pièces imprimées, lettres patentes, mémoires, bulles, etc., concernant les statuts de la Primatiale (1762) ; registre des actes de prises de possession , fulminalions des bulles pour les dignités , provisions pour les canonicats, etc. (1731-1775) ; registre des nominations aux cures, vicairies el chapelles comprises dans I» ressort de levêché de Nancy (1783-1791); etc., etc.

INTRODUCTION. XXT

joiits à ceux do Séminaire de Tou), auquel elle avait été réunie ; ils consistent ;u 6 registres d'actes capitulaires, qui vont de 1568 à 1676.

F Collégiale Sainte-Croix de Pont-à-Mousson. — (16 Liasses). Registres des notions et morts des chanoines (1709-1789) ; comptes de recette et de frpease (1576-1790) ; déclaration des obils et anniversaires de l'église de l'hôpiiil Notre-Dame (1500) ; pied de terre de la confrérie Saint-Georges, fondée u l'église collégiale Sainte-Croix (1527-1535) ; actes capitulaires (1692- 1790) ; registre des plaids annaux tenus à Griscourt, etc.

6* Collégiale Saint-Pierre de Fénétrange. — (10 Liasses.) Actes capitulaires (1749-1772) ; comptes de recette et dépense (1748-1762) ; registre des rentes ri biens fonds du chapitre (1752); pièces diverses concernant les villages JAbaocourl, Donnelay, Ley, Lhor, Romelfing, Niderslinzel, le prieuré de sint-Léonard, la ville de Fénétrange, l'établissement de la religion réformée iass cette ville et dans les autres localités de la baronnie, etc.

? Collégiale d'Haussonville. — Une liasse et plusieurs pieds-terriers des héritages appartenant à la chapelle Notre-Dame et Saint-Nicolas, érigée en fégfise de Domptail, et des biens du chapitre à Daraelevièrcs, Benney, Velle, Domptai!, Saint-Mard, Mexey et Haussonville.

11 y avait encore quelques églises collégiales dont les archives n'ont pas été conservées ou se trouvent réunies à celles d'autres établissements ; telles sont «lies d'Einville (unie à celle de Saint-Georges de Nancy), de Blàmont, de De- Kflvre (réunies en une seule vers la fin du XIIIe siècle), de Munster, de Sarreboorg, et celle de Vaudémont, dont les biens furent donnés à l'abbaye de

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