‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 84 sur 292 · BLA - 132 BL.V · texte numérisé non relu

BLA - 132 BL.V

delict, et en cas desdiclz emprisonnement ne sera loisible aux juges, prevosl ou maicur en ordonner l'élargissement que leilil procureur n'ait esté sur ce ouy eu son consentement on non.

m De la commuuaullé de biens cl donations entre deux eonjoinetz. Acquest/. faietz entre deux eonjoinetz pendant leur mariage, seront communs à l'homme ej à la femme, soit icellc dénommée ez amiraux d'iceulx ou non.

u L'homme ne pourra doresnavanl vendre, engager, ny aullrement alliener valablement le bien naissant ou propre de sa femme, sans son exprès et libre consentement, cl sy pour le bien de leur communaulté ou anllres raisonnables occasions, il en vend par sou consentement, sy ne pourra ce eslre pour par ce moien se les approprier ny aux sieus eu frauide de sadicte femme ou dt ses héritiers.

» L'homme et la femme conjoinclz en mariage peuvent, par donation simple ou muluelle, s'entredonner leurs meubles cl l'usufruit de leurs acqoeslz, à la charge d'cnlrelenement , ayent euf— fou» ou non de leur mariage ou aultre précèdent, el s'ilz n'ont euffans, celuy de leurs propres el anciens a ladicle charge d'eutrelcncment, pourvtu toutefois (en ce cas dernier) qu'ils soient d'aagc, movens cl facilitez pareille ou de peu difereules.

w L'homme ayant euffans ou nou, ha, pendant la communaulté d'entre l»y cl sa femme, l'administration el libre disposition des meubles et acquelz.

w Le survivant de deux conjoinclz succède aux uiœublcs de la coinmunaullé, aussy est il chargé des debles passives personnelles , les hypolhecquaires demeurantes à la charge de celuy k cui les biens hypothéquez par exprès appartiennent, s'il n'y a choses traiclées au coulraire cz pactes et conventions du mariage...

w Du (lunaire aux femmes. La femme survivante sou imiry, ha pour douaire, il son choix, ou la moitié du mary es acquelz de la communaulté, ou de son ancien sy longtemps qu'elle continue en viduilé ; passante eu secondes noces, en meci bas la moiclie. s'il n'y ha sur ce ou aullrement pour ledit douaire convention contraire ou difercute au traicté de leur mariage.

» Des successions, luieles el leslamens. Personne mourante sans hoirs procréez de sou corps, frères ou seurs germaius ou non germains ou représentons d'iceulx, ains lais-enl seulement des

oncles et la nies el des cousins de ces deux lignée* ses biens nWuble? et acqueslz appartiennent amdicls cousins par moiclié, en chacune de ses lignes paternelle el maternelle, et les anciens à ceulx de la ligne «Je laquelle ilz sont obvenus au defuncl, priva livement des oncles el des tantes.

n Les étoffons de divers mariages succéderont à leurs pères el mères par lestes aullant l'un que l'autre également el nou par liclz, et s'en foui les partages à fraiz communs, puis sonl jeelez à loti», sans prclercucc de choix aux uns plus qu'aux aultres.

w Les percs el mères peuvent par testament oa aullrement advantager un ou plusieurs de leurs euffans sur leurs mœubles cl acquelz non aullrement...

n Les pères ont la lulele de leurs en dans et sont des biens d'iceulx les fruiclz leurs , sans obligation d'en rendre compte, à la charge au reste de la nourriture el enlrctencmenl...

n De mesme appartient aux mères la tutelc de leurs ci:ffans, el sonl les fruictz des biens d'iceulx leurs sy longtemps qu'elles demeurent en viduilé, passaus eu aullres nopees, perdent cesle prérogative.

n A deffcult de peres el meres, ou lors que leurs dictes meres passent en secondes nopees, les parens assemblés et ouys, sonl les ayeulx ou aycules, oncles, cousins ou aullres parens trouvez à ce capables, instituez à cesle charge, el y sont les ayeulx ou ayeulcs préférables , s'il n'y a cause de caducité ou aullre raisonnable les en excusant ou y empêchant. »>

Le dernier chapitre a rapport aux contrais et retraits lignagers. (T. C. Blàmont 3.)

Un arrêt du Conseil d'Etat de Stanislas, du 22 mars 1743, ordonna l'enregistrement, dans les greffes de la Cour Souveraine el dans ceux du bailliage de Luiiévillc et de la prévoté de Blàmont, des coutumes de ce comté et des lettres patentes de Charles III, conlirmatives de ces coutumes, pour iecllcs être suivies et observée/S dan* le comté de Blàmont, en leurs dispositions auxquelles il n'aura été dérogé par les ordonnances postérieures, et y avoir recours le cas tchcajil. (T. C. Biâmonl i.)

Le dernier février HîOfi, les habitants de Bfâ mont reconnaissent devoir 2!i francs de ceus annuel pour la grasse el vaine pâture dans les bois de Tryon en loule saison. (T. C. Blàmonl 3.)

cr. a

Dl.A

Par lettres patentes du 10 mars 1C13, le duc Henri ordonne qoe u les habitants et communauté de Blâmant wienl rerais en leur aucicnnclé par le droit et prifilê^e de nomination et présentation des nuyeur, roailre écheviu et échevins eu la jttlice dudil Blàmont, avec ce changement seulement que le>dils mayeur, maître écheviu et écherias seront Iricuiiiiux pour demeurer trois ans eu Iciertiee de leur charge, au lieu que, suivant |jjit* xDcienuete, ils n'étaient qu'anuaux. Et qu'à l't^jnl dutlil étal de maître écheviu, la présentation lui eo sera faite pour être par lui sur iccllc 1< présenté pourvu et institué audit étal, au lieu ^ue. selon ladite ancienneté, il était présenté au jiroôldc Blàmont qui en recevait le serment, lequel serment icelui maître échevin ainsi par lui iDîlilM, prêtera doréuavaul en In Chambre des Compte* de Lorraine, ès mains du président d'ifilleoawn représentant, cl de là ledit maître fdievin eierccra ladite charge. Comme aussy feroot ledits mayeur cl échevins les leurs aux droits, prtwçaliîes, immunités, prolits cl émoluments qii soûlaient se payer lors de ladite ancienneté, w •L. P. 1613.)

Le 28 mars 1615, le duc Henri donua des chartes aux maîtres et compagnons cordonniers, moeurs et corroyeurs de la ville et du comté de BfâraoDl. Voici quelques passades de ce rcgle-

• Premièrement, qu'il y aura un maître et un duyen entre eux commis cl député, lesquels prêteront le serment de bien cl Cdelleinenl maintenir tnus les droits dudil han... Qu'il ne sera perm? à aucun tanneur, corroyeur ni autre de mettre en vente marchandise eu notre ville et toiuté de Blàmont, que premier ils ne soient kit/U's et n'aient payé les droits dudil han, à peine L 50 francs d'amende ol confiscation de la mardiodise... Que nul ne pourra vendre cuir de semelle par bandes que les carrelures n'aient le }>td de mémo mesure, à peiuc de 0 gros d'aucuJe... Que nul ne pourra dorénavant se mêler ia métier de tanneur et corroyeur audit comté 4e Blàmont ni ailleurs ez terres et pays de notre •kjiîance, cl y faire trafic de cuirs de bœufs, «tues, peaux de veaux, moutons, boucs et chc- »jps en poil, qu'il ne soit hanté en nosdits pays « ha as de l'un desdits métiers de tanneur, cor- M)ear ou cordonnier, à peine de î>0 francs

u Que ceux qui voudront être reçus audit han paieront 20 francs d'entrée, les deux tiers à nous et l'autre tiers auxdils maîtres et compagnons, avec une livre de cire pour employer a la décoraiiou de l'autel Sainl-Crépin. Et ne sera permis à aucun cordonnier quel il soit cy après de pouvoir tenir boutique ni veudre souliers que premier il ne soit reçu audit han, à peine de confiscation de. la marchandise... Seront toutefois les fils de maître cordonnier exerçant ledit étal de cordonnier en nos pays, reçus audit han en payant seulement une livre de cire nudit autel Sainl-Crépin cl 14 pois de vin aux maîtres et compagnons.

» Qu'il ne sera permis à aucun maître cl compagnon cordonnier de prendre un apprenti qu'il n'ait, avant que de loucher la besogne, donué une livre de cire pour élre employée audit autel Saint-Crépin, et deux pots de vin anx maîtres cl compagnons, excepté les fils de maîtres dudil comté de Blàmont.

n Qu'il ne scru permis à aucuns cordonniers dudil han d'entremêler du cuir de vache en faisant des bottes à genouillère, à peine de neuf gros d'amende, les deux tiers à nous el l'autre tiers aux maîtres el compagnons dudil han. Que nul ne pourra mettre du cuir de cheval en quarlellanl une empeigne de vache , à peine de telle amende que cy dessus est dit. Que nul ne pourra mettre première semelle de basa mu» à tin soulier au-dessus de- cinq points, à peine de neuf gros d'amende, les deux tiers à nous et l'autre tiers aux maîtres et compagnons dudil han. De même ne pourra être mL-e semelle à un soulier audessus de ciuq point*-, que ce ne soit du bou cuir, à pine de pareille amende que cy dessus est déclare. Que nul ne pourra mettre première semelle de cuir vieil ni de même doublure, à peine de l'amende prédite. Qu'il ne sera permis de laisser deux points rompus l'un suivant l'autre, à peine de l'amende prédeclarec...

w Finalement, que levlits maîtres et compagnons cordonniers, tanneurs el corroyeurs vendront et débiteront leurs denrées à prix raisonnable et mm excédant celui des cordonniers étrangers, lesquels étrangers pourront être reçus h exposer leursdites marchandises eu vente en payant le droit dudil ban... u (L. P. 1614-15.)

Le 1er juin 1017, le duc Henri, voulant soulager les habitants de Blàmont cl u les empêcher de venir à plus grande ruine, » confirme I elablisse-

— Vô'i —

BLA

BLA

meol de ia gabelle, accordé par son prédécesseur, sous la condition expresse, pour lesdils habitants, d'entretenir à perpétuité, à leurs frais el dépens, leurs tours, murailles, portes, ponts et autres choses publiques, sans que le duc ni ses successeurs puissent être obligés de les entretenir, ni même les murailles de ladite ville, qui fout l'enceinte de leur château. (L. P. 1017.)

Il résulte d'un rapport consigné dans les registres de la Chambre des Comptes, pour Tannée 1033, que marché avait été fait avec un nommé Jean Chrétien, pour recouvrir d'uxins les halles el auditoire, la grosse tour, celle du magasin, toutes les toitures du château, les moulins et les fours de Blàmont.

Le 10 décembre 1691, le chapitre de Domêvrc ascense au sieur Cousson, prévôt de Blàmont, une maison dite le Pavillon, avec ses dépendances, entre les murailles de ville d'une part, et une ruelle de ville d'autre, pour un cens de 86 francs barrois. (Abb. de Domôvre.)

Par lettres patentes du 12 mars 1720, le duc Léopold accorde au sieur François de Saiut-Vincenl de Narcy, ancien sous-lieutenant des chevaulégcrs de sa garde, le privilège d'avoir un colombier dans sa maison de Blàmont, tous les droits honorifiques de la haute justice dans la ville, ban et ûuage dudil Blàmout cl de Gogncy, la préséance en tout lieu el assemblée publique de ladite ville, soit à l'église on ailleurs, même sur les officiers du prince, le droit de chasse dans l'étendue des Images de Blàmont et de Gogney, enfin la pêche dans la rivière de Blàmont. (Knt. 1720.)

Les comptes du Trésorier général de Lorraine et ceux du receveur du domaine de Blàmout contiennent, sur celle ville, quelques particularités qui ne sont peut-cire pas complètement dépourvues d'intérêt, et que je crois devoir consigner ici :

En 1508, des travaux sont faits à la lour Hegnauld, et u pour édifier la porterie du chastel de Blàmont. n On travaille anx deux ponts du chastel el au pont-levis de la ville.

4339. Les habilauls sont obligés de venir travailler par corvée à la réfection do pont entre les deux faubourgs.

1510. Une somme de 12 gros est délivrée à un charpentier pour avoir refait u la meule à moudre taillant cl eu taix. n 12 gros sont délivrés à an antre charpentier pour avoir refait le pont-

ievls de la ville de neuves flèches, u dresser et faire une crappe au moulin el refaire le baistant à fouler draps, t. En loii, un nommé Jean Dubois est encore chargé de refaire u le bastaing à battre les draps, la pile toute neuve , les cours dudit baistaing avec une neuve roue, avec ce radouber par deux ou trois fois la mcullc admodre tallans. «

Un chapitre des comptes du Trésorier général, pour 1344-134Î), contient de nombreuses mentions relatives h la dépense que fui faite <» en toute diligence »» aa chàteao de Blàmont, sans doute pour y recevoir le duc François. Edmond du Boulay racoulc, en effet, dans la Vie et trexpa* des deux princes de paix, le bon duc A ntoinc et saige duc Françoys, que ce dernier prince, huit jours après avoir fait son entrée à Nancy, se sentant plus malade qu'auparavant , « fui conseille par les docteurs medicins qu'il avoit trcsscavanls et experts de changer d'air, et se retirer en lient chaullx el scez, ce qu'il feit, car à la my Apvril du dicl an mil cinq cents quarante cinq, il alla en sa ville de Blàmont au pied du mont de Vosge , où il demoura environ troys scpmaincs, tousjonrs diminuant de sanlé el multipliant en la maladie de colicque, enlremellée de fiebvre, cl Gnablemeal d'apoplexie el perclusiou de membres. Pour a. quoy remédier, furent mandez tous les medicins de Lorraine el de Barroys qui avoient esUl de luy... Apres toutes les consultations... ne fut conclu meilleur remeyde que de le faire baigner es bains de Plumicres .. Et voulant adhérer (pour sa sanlé recouvrer) au conseil de tant de medicins, se feit porter en une chaise à bras (à cause qu'il ne povoil endurer la lilliere) depuis Blàmont jnsques en sa ville de Remyremont... n

1548. La reine de Hongrie vient à Blàmont. — Celle année, on fait dresser un plan poar fortifier le château el la ville, et l'on s'occupe à faire un battant à draps sur la rivière : u Pour despence et gist du gentilhomme ylalien dit ingeniculx, envoyé par deçà par l'excellence de Madame et de M. le gouverneur pour visiter et faire un pourlraiclz pour fortifier le château de Blàmont, ensemble le circuylz de la ville, où il a vaqué quatorze jours ou environ lui deuxième de personnes, pour ce pour lesdites dépenses et plusieurs choses à eux nécessaires, pour dépense do son cheval, dépense de charpentiers et massons en assistant ledit sieur à mesurer et niveler lesdilcs

BLA

BLA

murailles, Uni par le chàlcau que par la ville, 59 fr. 8 gros. De l'ordonnance de Mr le gouverneur, Jehan Maxercy, charpentier demeurant à Saiol-Sicolas, fui mandé pour venir en ce lieu de Blàmonl pour voir el visiter un lieu sur la rivière pour y faire un baslani à draps, n

I3tn. Oo réfeeliooue le ponl de la porte de Wssse et le pont du château. — Des charpentitrs de Moyen refont le battant a draps.

1532. De grandes réparations sont faites k la porte d'En bas et a la porte de Wasse ( Voise ou Yaise, sans doute Vesouxe).

Le comte Palatin vient h Blàmonl. On lit, h ce sujet, dans les comptes du domaine de cette ville : u Payé à !a veuve coulrerôleuse pour la dépense de huit labourins lorsque Msr le comte Pallanlin arriva et partit de Blàmoul à la Pentecôte en l'année précédente, où M. le gouverneur ordonna mander la prévolé de Blàmonl pour les mettre eobastoonés de part et d'autre des rues par où Moueigneur devoit passer, tant à son arrivée qrt son parlement, 20 gros, n

1553. m Dépense à cause de la porterie d'en bas qu'on a abattue el démolie l'en de ce compte pour ce qu'elle, chenil, car on l'avait bàlic au temps jadis sur grosses pièces de bois qui étaient tofltei pouries, dont à celle cause a été force l'abattre et rebâtir tout à neuf, n

1B38. Le comte d'Egtnonl et sa femme viennent à Blàmonl.

1U61. » L'an de ce compte, Son Altesse (Chrisline de Danemarck) fut en ce lieu de Blàmonl avec Mgr le doc de Lorraine cl Mgr le duc de Bavière, n

156-i. On commence un bâtiment neuf sur les écuries du donjou do château.

a 567. On célèbre, a Blàmonl, les fiançailles de Renée de Lorraine, sœur de Charles III, avec Guillaume, doc de Bavière. Il y eut des fêles magoîiiques, tournois, courses de bagues, combats à ht barrière, festins, danses, ele. De grandes réparations furent, en même temps, faites au château pour recevoir les princes, princesses el personnages distingués qui s'y étaient donné rendezvoob. Beaucoup de notes des comptes du Trésorier el do Receveur général de Lorraine font mention drs dépendes considérables qui fureul faites à celle occasion. De grands travaux furent exécutés élément àii château : on ragrandit le parc, on rehausse les murailles du jardin, etc.

II>o9. Ou abat le vieux corps-dc-logis du château.

1S93. Un nommé Guillaume Lallcmant, dit le sergent Lacroix, csl roué à Blàmonl, pour meurtre, larcins, etc. Il obtient, par grâce, d'être poignardé par le bourreau, dès qu'il esl rompu.

1396. Trois cents francs sont délivrés h Nicolas Mercier el Jean Gelée, de Blàmonl , pour subvenir h la réfection el clôture du petit bourg de Blàmonl.

1597. On refait le toit de dessus la chapelle du château, près de laquelle étaient les u neuves prisons, n Un nommé Jean Félix, i» tuppignier de terre, •» demeurant h Blàmonl, fait quatre pommes de terre pour mettre sur la pointe du toil de la chapelle et sur les pointes du beffroi qui sont au toit de la grande salle de devaut la chapelle.

1 599. Une nommée Dédie, veuve de Demenge Pourlol, bourgeois de Blàmonl, est exécutée ponr crime de sortilège. Une autre femme de Blàmout, Jennon Virtemberg, prévenue du même crime, est trouvée morte dans sa prison. — Demenge Didon el ses compagnons, maîtres maçons à Blàmonl, dressenl u un seing patibulaire au lieu où l'on est accoutumé supplicier les délinquans audit Blàmonl, composé icelni de quatre pillicrs de la hauteur de vingt pieds l'un. »i

1601. Jennon Hawix, convaiucue du crime d'encie, c'est-à-dire d'avoir fait périr l'enfant dont elle était grosse, est exécutée à Blàmonl.

1608. Un nommé Jean Pinadel, de Blàmonl, accusé de sortilège, est banni à perpétuité, ainsi qu'une femme appelée Bahillon Charrier, anssi de celle ville. Une autre, Hellenix Didier Roy, est exécutée.

1609. Par mandement de Son Allesse, du 10 mai de celle année, on fait, u en une lour proche la porte d'En bas de Blàmonl, n une prison pour les bourgeois de celte ville.

Un inventaire des meubles du château, dressé à celle époque, contient les indications suivantes sur les différentes parties qui composaient ce château : la lour de l'Horloge ; la tour du quartier du châtelain ; la chambre de la Chapelle, située en bas, à maiu droite, en enlraul au château; la garde-robbe proche la grande salle en bas «n entrant au château, à main gauche ; le grand grenier dessus la grande s:ille au-dessus de la chapelle. — On travaillait, eu 1609, a la terrasse

BLA

de devaul la porte du château, qui ovail été commencée par ordonnance de feue Son Altesse.

(On peut avoir uuc idée plus exacte de l'importance de cet édifice, ainsi que de celle du palais des Ducs, qui favoisiuait, en consultant les anciennes vues de Blàmonl et les différents itinéraires où il est fait mention de cette ville. On peut voir, notamment, l'Atlas de Tassin (planche 10), fuit en 163.1 ; la Topor/raphia Sucviœ , «le Merian (1643) ; le Jodoci Sinccri llincrurium Galliœ (1658), dont fauteur dit, en parlant du château de Blàmonl : Arx hic est diffusa et magnifiât. Au revers d'un très-beau plau de Blàmonl, qui se trouve à la bibliothèque publique de Nancy, et parait cire du commencement du XVIIe siècle, on lit: Blanmondum... Tribus porro potissimum ornamenlis hand cuntom nendit, hoc oppidum nubile est Castro velcri, spatioso alquc magnilico, cui l'alatium novum Ducis , vennsta structura insigne conjuncltim, non minimum oppidi or~ namentum videtur. 0» peut cousuller eufiu le Civitatum orbis trrrarum Thealrum.)

Ce château, qui était l'apanage des duchesses de Lorraine, et où les douairières faisaient ordinairement leur résidence, fut totalement ruiné à la suite des guerres qui désolèrent notre pays. Christiue de Dauemarck l'avait fait rétablir ; on remarquait, au-dessus de la porte d'entrée, les armes de Lorraine accolées à celle de Suède et de Danemarck.

4613. Marguerite, femme à Demengc Picrson, est exécutée comme sorcière.

16*22. Une somme de 800 francs est u rabattue aux fermiers de la comté de Blàmonl sur le prix de leur'fcrme pour pareille somme qu'il a plu à S. A. leur quitter en considération des grandes perles à eux causées par les soldats du régiment de M. de Lemonl pendant le temps qu'ils ont été en garnison audit Blàmont. »

1633. On fait la halle et l'Auditoire de cette ville.

Le jour de la tenue des plaids annaux, qui avait lieu dans la maison du prévôt, nnc somme de 3 francs 2 gros un blanc était dépensée pour le dîner de la justice, composée ainsi qu'il suit : le prévôt, le contrôleur, le maire, les deux éches, les quatre jurés, le clerc juré de la ville, le

sergent, les deux hcmbulles (bumheules, hymbcuils ou heymbclles, gouverneurs de ville) avec quatre bourgeois qui y étaient appelés (1831).

On donnait le nom de ban-cloche à h grosse cloche du château : elle, aunonçait aux habitant* de la ville et des environs, tantôt que l'ennemi approchait, tantôt que l'inceudie s'était déclaré; ii ce signal, chacuu devait s'empresser de porter des secours là ou il y avait péril. U parait aussi qu'un sonnait celle cloche lors des grandes cérémonies publiques : en 482S, elle fui fendue u à la procession générale faite de l'ordonnance de l'Eglise, » et ce fui un nommé Anlhoine, de Bayou, qui la répara.

En ia.Vi, Je marlicr ou marguillier de l'église de Blàmonl avait 42 gros u pour ses peines et salaire d'avoir sonné la douche des neuf heures du soir du long de l'année, m C'était probablement le couvre-feu.

Lors de l'exécution des criminels, une somme de 12 francs un gros était dépensée pour le déjeuner et le dîner des officiers de justice cl des prêtres qui assistaient à l'exécution. C'est ainsi qu'en 4349, un nommé Urbain ayant été supplicié à Blàmont, on ne dit pas pour quel crime, il fut conduit an lieu du supplice par les prévôt, contrôleur, châtelain, clerc juré, maire, deux échevins, quatre jurés, deux beymbelles, le sergent, <* le prescheur qui preschoit lors, le chapelain de la paroisse de Blàmonl cl plusieurs autres prêtres, aussi y avait plusieurs officiers et serviteurs des seigueurs circonvoisins. n On voit, par relie indication , que les exéculions des criminels avaient lieu avec beaucoup d'appareil.

Le même jour, trois bichets de blé furent délivrés en pains aux habitants de Vcrdenal ( Wardenay), Domèvre (Dommcyvre), Miguéville et a partie de ceux de IS'ouhigny (iXohigny), a lesquels habitants sont sujets à garder la porte do Blàmonl quand l'enseigne de Blàmont marche et quaud on fail justice, n

Il y avait à Blàmonl une compagnie de 30 arquebusiers, maîtres et compagnons, qui recevaient chaque année la somme de 23 francs, u pour leur donner sujel de s'exercer au fail des armes et se rendre capables de faire service à Son Altesse, le cas échéant. « Ils recevaient, en outre, annuellement, dans le temps «lu carême, 7 franc* ou un demi-cenl de carpes pechées dans les étangs du duc (IMSVj.

En 1379, le maître d'école de la vilic recevait uu traitement annuel de 96 francs, qui lui était assigne sur la recette de Blàmont.

BLA

BLA

Le jour de la PuriUcalioD Notre-Dame, dite CUandeltuse, de chaque année, on dépensait 7 gros » pour la façon des torches des officiers, fermiers des moulins el vente de Blàmont, qu'ils oui par chacun an de toute ancienneté, m (1570.)

Il parait qu'il existait à Blàmont, dès le XVI* siècle, ooe espèce de bureau de bienfaisance, dont le but était de soulager les pauvres, car on trouve dans les comptes du Trésorier général de Lor- Taioe pour f 5(15-1 5G6, la mention suivante : c Payé aux receveurs des aumônes à Blàmont la somme de 20 francs qu'il a plu à Monseigneur (le duc) ordonner leur être délivrés cette fois en aumône. »»

Les comptes du receveur de Blàmont, pour l'année 16l2î, uous apprennent que le duc Henri avait assigné à Jacques Callol 900 paires de resaox moitié blé et moitié avoine, sur la recette du domaine de celle prévoie, u pour lui donner wjtl de s arrester au pays en considération de son an de graveur en taille doulcc. w

Oa a vu , par quelques-unes des notes qui précèdent, qu'il y avait il Blàmont une u meule à moudre les taillants n et plusieurs ballants à drap ; celte ville possédait aussi, dès le XVIe siècle, une branche d'industrie qui semble avoir atteint, des celle époque, une cerlaine célébrité : je veux parler de la fabrication des armes et particulièrement des arquebuses. Celait à Blàmont, dans les ateliers de Didier et de Demenge Durand, père el lils, que le duc Charles 111 faisait fabriquer ses arquebuses. Ces industriels, qui vécurent de 1555 à 1589, avaient eu pour predécessenr un nommé Jean Bayon (1552), auquel était confié le soin d'entretenir l'artillerie du cbàleau. En 1001, Balthazar Mengia, «. barquebousier « à Blàmont, jouissait d'une pension de 6 resaux de blé sur la recette de celle prévoté.

On trouve enfin, dans les comptes du domaine de Blàmont, les détails suivants qui fonl connaître tes redevances auxquelles étaient soumis les habitants :

u Déclaration des droils de la vente de Blàmont, de laquelle sont francs les habitants des Mîtes et villages ci-après , savoir : Luuéville, fiamberviilera, Baccarat, Chàlel-sur-Moselle , Dotnèvre, Mignéville, Montreux, Xnuhigoy, pour la part de M. de Barhay, en payant par iceux, lorsqu'ils vendent marchandises audit Blàmont, nu denier annal par an, el pour ceux de Varde-

nay (Verdenal) chacun conduit un denier annal, soit qu'ils vendent marchandise ou non* Au réciproque, les habitants de Blàmont sont francs es villes et villages susdits. Blàmont ne paye rente fors ceux qui déploient marchandises sur banc, qui doivent h chacune fois deux deniers ou bien payer pour l'étalage 7 sols, y ayant amende de 3 gros aux défaillants. Il y a trois foires audit Blàmont, auxquelles ladite vente se paye double. Tous déflora ins, savoir les vendeurs et acheteurs, doivent de 5 francs un gros, fors pour mercerie mêlée seulement. Le vin vendu en gros à quel prix que ce soit doit de chacune mesure un gros. Les bœufs, vaches et toutes sortes de bêles à quatre pieds doivent trois denier» de passage el et autant pour la vente de chacune d'iccllcs, fors pour le cheval vendu, pour lequel il se paye, tant par l'acheteur que par le vendeur, de chacun un gros ; tous cuirs en poils G deniers ; cuirs corroyés' 2 blancs; toutes peaux en poils ou corroyées, 3 deniers. Le paiu, chair de lard ne paye rien, si ce n'est pour un hôte forain. Le char ferré doit pour passage avec marchandises 2 blancs, ferré à moitié 6 deniers, n'étant ferré un blanc ; la charrette un blanc ; bois pour bâtiment de 5 francs un gros. Tous defforains achetant on vendant héritages sis dans le district dudil Blàmont, doivent k la passation du contrat, de chacun 5 francs un gros ; se paye du cent pesant it deuiers. Les marchands forains, merciers et autres, ne payent que deux deniers pour l'étalage, et vendant par aunage, doivent de 5 francs un gros. La gabelle du tourneux se paye de 24 mesures de vin vendues par le menu audit Blàmont, 5 gros. Se paye pour le passage de Domèvre, pour le char i deniers, la charrette 2 deniers el pour le bétail 5 deniers, u'ayaul passé par Blàmont. Se paye de même pour le passage appelé wacon qui se paye sur la chaussée de l'étang de Wiluxtcourt. Il y a amendes pour les deffaillanls à payer ladite vente de 5 francs, d'une maille d'or cl d'une bourse de soie. En sont francs les {{eus d'église el nobles, n Cette vente se laissait à l'enchère.

n Le droit du tabellionna^e de Blâmoul consiste, savoir : pour la note do tous échanges, gagères et autres formes de contrais, est du au fermier dudil labellionuage, de chacun contractant un gros, et pour acquêts, obligations, gagères et autres contraulx portant somme, se paye

BLA

pour la note par les acquéreurs ou cngagcurs, savoir, comme ci -dessus, autant de personnes anlant de gros, et pour le sceau 5 gros et demi, cl pour la façon des lettres prend ledit fermier de cent francs 20 gros, et là où il n'y a somme se pave aussi pour le sceau 3 gros cl demi.

n La clé du sceau est continuée comme d'ancienneté, étant enfermée dans un coffre en l'église canonialle dudit Blàmont, duquel le comptable, son contrôleur et le fermier dudit tabellioonage eu ont chacun une clé cl l'a où sont mis tous registres et protocoles dudit Blàmont.

t> Les compagnons drapiers doivent par chacun an, à cause d'un battant b fouler draps, sis audessus des moulins de Blàmont, 24 francs avec deux chappons , lequel battant leur a été de nouveau laissé par feue la reine de DanemarcL pour le temps de 20 ans.

» Le haut des drapiers consiste qne tous ceux qui veulent faire traQc dudit métier sont tenus payer pour ledit hant (sauf fils de maîtres) 5' fr., la moitié à S. A. et l'autre auxdils compagnons drapiers, comme au semblable tous ceux qui sont trouvés avoir commis quelques fautes suivant leurs statuts, doivent l'amende de 28 gros, la moitié à sadite Altesse contre lesdils compagnons, les deniers desquels banls et amendes doivent être réndus à ce comptable par le maître desdils compagnons, qui en doit donner par chacun an déclaration.

m Le hant des bouchers cl celui des serruriers sont de 10 francs ; celui des boulangers de b' fr. ; celui des pelletiers de 10 fr. ; euliu celui îles merciers de li fr...

» Les habitants de Blàmont qui font labourage doivent par chacun an trois journées de charrues comme ils labourent pour eux, cl ce pour aider à labourer le gagnage de S. A., à chacune desquelles Pou doit huit miches avec les aulx et fromages } et quiconque, soit manouvrier ou de métier, doit par an deux journées de corvées à scillcr les blés dudit gagnage, eu étant exempts le maire, les échevinscl harquehousivrs en nombre de cinquante, h chacun desquels l'on donne pour chacune journée le pain, les aulx et fromages comme dessus, et s'il y en reste quelqu'une, se paye par chacune d'icelles un gros à S. A.

•» Les nouveaux entrants eu la bourgeoisie des ville cl faubourgs de Blàmont pavent 40 fr., la moitié b S. A. et l'autre b ladite ville.

n Doivent les laboureurs dudit lieu, y étant commandés par l'un des sergculs du domaine el sous la commission du receveur ou de son contrôleur en son absence, le soir pour le matin, mener tous les grains que les moulins rapportent, desdils moulins aux greniers du château, k raison de chacun char chacune fois 18 resaux, pourquoi ils ont droit d'avoir chacun 8 deniers. El lesdils de métier cl roanouvriers doivent les porter es dits greuiers étant aussi commandes comme dessus, devant un chacun avoir pour 52 sacs de chacun S quarterons qu'ils portent, chaque fois 4 deniers.

■i Doivcut encore lesdits laboureurs avec ceux des villages, et selon que les oflicicrs du domaine trouvent à propos, charroyer par corvée tout le bois, pierre, chaux, sable et autres matériaux qu'il convient avoir, non seulement pour l'cntretenement du château et desdits greniers, moulins, halles, moitresse el antres usines princières et ce qui en dépend, mais eucore pour la construction de neuves usines, s'il arrivait qu'il fût nécessaire d'en avoir, moyennant les miches, comme il est dit ci-devant.

n El lesdils de métier cl inanouvriers dudit Blàmont, ensemble ceux desdits villages, hormis Domêvrc pour le tout, el Domjevin pour ce qni regarde les moulins baunaux, b cause qu'ils n'y sont sujets, doivent faire par corvées tous les mcuus ouvrages b faire auxdilcs réfections et constructions desdites usines , moyennant aussi les miches b proportion qu'ils travaillent.

*» Tous les habitants audit Blàmont, de quelle qualité ils soient, sont obligés de moudre leurs grains pour* le deffruit es moulins bauuaux dudit Blàmont, et payer pour droit de moulure de l(i resaux de blé et autres grains un resal, comme aussi de venir fouler leur chanvre, piller orge et millet au battant qui est joindaut le neuf moulin dudit Blàmonl, pourquoi ils paieut, savoir : pour le chauvre et millel le douzième, et pour l'orge et millet le seizième.

•i Ils sont obligés d'aller cuire le pain aux fours bannaux dudit Blàmont el de payer pour le droit de cuitie, do 52 livres l'uuc, fors les sieurs châtelain, receveur el contrôleur, lesquels ne paient rien ni esdils moulins ni csdils fours, b cause de leurs offices.

i» Tous les habitants, hormis ceux de qualité frauche et officiers, sont taillables b la volonté du

«LA

lîLA

souverain en la taille dite la taille ordinaire Saiol- Remy, daos laquelle le receveur prend, à cause d'office, 20 gros, le greffier et le sergent dix.

■ Le* boulangers de Blàmont doivent par charoo an chacun un franc pour reconnaissance de ce qu'ils oc vont cuire aux fours bannaux ce qu'il faut pour lear dcfTruit.

v Les laboureurs de Blàmont sont encore obligés de mener sur chacun étang, lorsqu'on les reat pêcher, les bateaux, filets, rels et autres ustensiles nécessaires à la pèche des étants, moyennant deux jeunes poissons qu'où leur doune par reconnaissance. » k

Blàmont, comme presque toutes les villes de Lorraine, souffrit beaucoup pendânt les guerres désastreuses du XVIIe siècle. On peut en juger par les notes suivantes, empruntées aux registres du receveur du domaine de la prévôté :

1637. u Le comptable remontre que de trois foers bannaux qu'il y avait à Blàmont, il n'en reste aucun en état, ains furent tous brûlés en i janée 1650 {!). n

ibViâ. u Le comptable remontre que ci-devant il y avait deux portiers établis audit Blàmont iuat que la ville fût ruinée, lesquels soûlaient tirer chacun 10 francs de gages par année, desqaels ledit comptable n'en fait ici étal pour n'y ea avoir aucun à présent, ♦> II en est de même pour les gages du garennier ou garde des garennes du comté. t

1665. tt Le margnillier de l'église de Blàmont a droit de prendre par chacune année un franc pour sonner la cloche de huit heures chacun jour de ladite année, mais comme l'église est brûlée, il n'y a aucun margnillier établi. >

1667. u Payé 45 frans au sieur Mandeguerre, prévôt de l'église collégiale Notre-Dame de Blàmont, pour 18 livres de cire qu'il a droit de prendre sur celle recette, par fondation annuelle, poor subvenir au luminaire de ladite église, les-

(() On sait que lors du siège du château de Blàmont par le duc de Saxe-Weymar, eu 1636, ua Klopstein défendit vaillamment la place, et que les ennemis le firent lâchement pendre à la porte de la forteresse quand ils. s'en furent rendus maîtres. Je dois ajouter que le portrait de ce courageux officier a clé conservé et se voit encore aujourd'hui dans le château d'Apremoni, près Sjinl-Mihiel, appartenant ù la famille de La Croix, alliée des Klopstcin.

quels 45 fr. serviront poor aider aux réparations de ladite église qui a été brûlée, n

Un état des usines du comté, dressé a celle époque, porte que le moulin de la ville esl en bon état ; le battant joiudant construit à neuf ; le moulin des champs et le ballant d'icelni ruinés.

On lit, enfin, dans la déclaration fournie en 1700 par la communauté de Blàmoul : « Ladite ville ne peut produire les litres de propriété ou des usages des biens, bois cl droits d'autre part, attendu que la ville ayant été totalement réduite en cendres par l'armée dn duc de Veymar en 1656, aussi bien que Pégli?e des chanoines dudit Blàmont, où étaieul pour lors déposés les litres, papiers de la ville et autres qui furent pareillement brûlés... n (C'est ce qui explique la lacune existant dans la série des comptes du receveur du domaine de Blàmont, lesquels manqueul depuis 1653 jusque 1656 inclusivement.

Maisons religieuses. — Blàmont renfermait une Collégiale, un couvent de Capucins et une maison de religieuses de la Congrégation. Il y avait aussi un hôpital, et, sur le ban, un ermitage dit de Saint-Jean, où il y avait trois ermites, et dont le patronage était au chapitre. Voici quelques détails sur ces différents établissements:

Collégiale. La collégiale de Blàmont avait été fondée par Henri, comte de Blàmont, et Valhurges de Fénétnlngc, sa femme, en 1582. Elle était sous le titre de l'Assomption de Notre- Dame ; il y avait six prébendes, de 2'» florins d'or chacune, dont les fondateurs s'étaient réservé le patronage pour eux et leurs successeurs. Dans la suite, les comtes de Blàmont retirèrent le revenu de cinq prébendes, cl n'en laissèrent qo'unc dont le revenu fut parl-igé eu six. Ferry de Blàmont en fonda une septième, le 6 juillet 1475, en sorte qu'il y avait dans ce chapitre six chanoines cl un prévôt. (Le prévôl et le chapitre percevaient chaque année 2 francs 9 gros 4 deniers sur la recette de Donijevin.)

I,a cure, qui avait été unie au chapitre, en 1615, était auparavant à la nomination de l'abbé de Haulc-Seillc. L'église paroissiale élail dans le faubourg de Gironvillc.

Capucins. Voici les lettres patentes de Charles IV pour l'établissement des Capucins a Blàmont : u Charles, etc. Noslrc treshonorée dame et belle mère nous ayant fait entendre le désir qu'elle avoit d'ériger uuc église et couvent des Pères

liLA

BLA

Capucins h Blàmonl, pour d'autant accroître la piété du peuple de ladite ville, nous a supplié qu'il nous pleusl luy faire don pour ce sujet d'un lieu et place qui se trouve propre à cest établissement... Surquoy ayans recognu le mérite du louable desseing de nostredilc dame et mère, dont nos subjeelz dudil comté peuvent estregrandemeut assistez par les prédications et autres fruilz spiriluclz que produit la piété et vie exemplaire desdilz Pères , que nous sçavons aussi s'eslre submis de vacquer aux confession* dudil lieu de Blàmoul. Sçavoir faisons qu'eslans bien informez de la qualité de ladite place, laquelle nous avons sceu... contenir six jours de terre deppendans de nostre gagnage ou moitresse dudil Blàmoul et faisant partie de la grande coorvéc d'icellc qui aboutit au chemin descendant sur le ruisseau de Voizc, proche la maison de ladile moitresse, Nous... avons cédé ausdilz Pères Capucins ladile place... deschargée de loules renies et servitudes... Données à Naucy , le 27 septembre 1627. n

Par décret du 16 juillet 16(2, Charles IV accorda aux Capucins le reveuu de ses moulins de Blàmonl. Ces religieux curent beaucoup à souffrir dans le courant des années suivantes : en 1634, ils se virent contraints de solliciter les aumônes de la Cour, et rédigèrent, à cet effel, une requête dans laquelle ils disent : u Que la misère el puuvrclé causées par les guerres présentes cl quartier d'hiver dernier, joint a l'infertilité des grains, les ont réduits ù telle extrémité qu'ils ne savent plus où s'adresser' pour avoir l'aumône pour pouvoir vivre, tant la charité est refroidie de la disette et pauvreté du peuple... Que sans l'aumône que Sou Altesse leur a fait jusqu'ici sur les moulins de Blàmonl, il y a longtemps qu'ils auraient été contraints d'abandonner leur couvent, quoiqu'ils aient réduit les religieux au uombre de quatre el l'eussent encore diminué sans l'impossibilité de subvenir en si petit nombre à faire l'office divin et observer la règle de leur ordre, et seront enfin obliges, nonobstant tel bienfait de Sou Allesse, de quitter on bien pâlir extrêmement, s'il n'y esl pourvu cl remédie par la bonté el charité de la Cour. >

En 1705, les Capucins demandèrent la permission de faire raser une tour qui se trouvait dans leur enclos, et qui provenait des anciennes fortifications de la ville. Leur requête conlicni ce

passage : u La ville de Blàmonl esl d'aoe construction irrégulière , et comme il y avait autrefois ville, bourg el faubourgs séparés par des murailles qui subsistent encore en partie et qui sont néanmoins en confusion, el les Capucins dudil lieu ayant eu la permission de s'y établir, ils ont fail construire leur couvent proche des bords de la Vezouse, dans le voisinage desquels il y a des jardios appartenant ù des particuliers ; cl d'autant qu'il y a quelques restes de murailles qui séparent la ville, le bourg et les jardins desdits particuliers d'avec ceux desdits Capucin*, îl se trouve dans leur enclos un reste de tour d'environ une loise ou une luise et demie el d'environ 50 pieds de bailleur, qui est absolument inutile, m (Capucins de Blàmonl.)

Beligieuses de la Congrégation. On lit dans un Mémoire adressé au Boi par l'abbaye de Haute- Seitlc, eu 1737 : u Vers 1630, ces religieuses, voulaul s'établir à Blàmonl, achetèrent aux Capucins de cette ville un terrain que ceux-ci ovnient obtenu du duc de Lorraine, près des mnrs de l'ancien château. Bientôt après, elles achetèrent deux maisons contiguës, dans l'intérieur et le plus bel endroit de la ville, ainsi que plusieurs masures pour en former un jardin spacienx. Léopold ayant uni la collégiale de Blàmonl à celle de Deneuvre, il fui permis aux religieuses d'acquérir à bas prix l'égli>e du chapitre, qui était voisine de leur couveul. Enfin, quelques anoées plus lard, elles furent encore autorisées à acheter onze masures situées vis-à-vis leur maison, et les transformèrent en uu vaste jardin auquel elles communiquaient par un souterrain commode, qu'elles avaient fait construire. «i

Hôpital. Ou lit dans la Déclaration fournie, en Tannée 1700, par les habitants de B'imont : ii Appartient à ladite ville un hôpital fondé par les anciens bourgeois dudil lieu (Le Pouillé dit que l'hôpital avait élé fondé par uu nommé Ma— geron, daus uue maison qui lui appartenait), dont la maison a toujours servi, ainsi qu'elle sert encore actuellement, au logement du sieur curé depuis environ l'année 1636, que la maison de cure a élé incendiée avec toute la ville, el les revenus dudit hôpital n'étant qu'en argent prêté par obligations et constitulions, rapportent environ 200 francs, qui sont employés à assister les pauvres nécessiteux de la ville malades, et passants a qui on en fait des charités, m

BLA

)i existe, aux Archives du département, un plan figuratif du couvent des ci-devant religieuses de Blàmoot (1808) ; deux caries figurant, l'une, plusieurs «nions du district de Btùmont ; l'autre, la ferme du Bois-Coupé ; le plan d'un terrain près la porte de Yoise,ascenséau sieur Pignois (1714).

Blâmonl a clé érigé en église paroissiale en 1S02; il y a un vicariat autorisé.

Patron, saint Maurice.

BLANCHE-ÉGLISE. 11 est fait mention de BJsaetie-Eglise, sous le nom àWlba Ecclcsia, bas un litre de 15K, relatif à l'abbaye de fbule-Seille et faisant partie de ses archives, mis rien n'indique quelle est l'étymologie de ce nom.

Par lettres du mois de juin 13il, le duc Raoul Joaoe au chapitre Saint-Georges de Nancy tout ce qo'il a et doit avoir u en dismes çrois et medos des villes de Millecey (Mulccy) et Blanche Egibe seans devant Marsaul, en bans et en finaiga et en appartenances d'icelles et en tontes initres renies, droitures et revenus qoecunques qoe nous avons et avoir devons en dis lens, et aasi lool cen que nous avons en dis dismes, en deniers, en bestes et en au lires revenu? quecunqnes. Et encore avons doné et donons audit chapitre tous les bois grois et menus que nous avons en dis lieux ; et les choses dessus dites avons nous amorticles et amortissons pour toujoursmais sans rien retenir, avec faculté audit chapitre de eréer gardes pour faire garder lesdils bois et en retenir les amendes prononcées contre les mesusaos. n

Par autres lettres du mois de septembre de la même année, Raoul donne à la trésorerie par lui fondée en sa chapelle Saint-Georges, uoe maison sise à Nancy sur h fontaine, u et tout ce que nous, nos hoirs et nos successeurs avons, avoir poons et devons en morlemains des villes de Mnleey et Blanche Eglise en la diocèse de Metz, c'est assavoir la meilleure beiste après la melloure qne chacune personne qui meurt en nos dites villes bat cl put avoir avec autres rentes, n (Coll. S.-G. et P.)

En 1461, les maire et gens de justice de Scmi- Besaoge donnent la déclaration des droils que l'abbaye de Saint- Maximio possédait dans ce lieu îl à Blanche-Eglise. (J'ai donné précédemment le telle de cette déclaration à l'article de Bezangc-

BLA

Le 12 janvier 1503, le duc Reué II achète de Cunégonde, veuve du maire Simon de Mulcey, moyennant 32 florins du Rhin, plusieurs rentes foncières au ban de Blanche-Eglise. (Cart. Bailliage d'Allemagne, domaine*)

Le 29 octobre 1 S 18, le duc Antoine donne à Jean Bcurges, clerc d'office, pour sa vie, le gagnage de Blanche-Eglise lez Dieuze. (L. P. 151G- 19.)

On lit dans le Règlement pour la prestation des corvées des sujets de la rhàtcllenic de Dieuze, fait en 1627 par Philippe de Bourgogne, commissaire de la Chambre des Comptes de Lorraine :

u Pour ce qui louche les sujets de Blanche- Eglise, feront les corvées de charrue aux trois labeurs (labours) qu'il convient faire aux héritages dépendant du château de Dieuze pour semer le blé, cl y emploiera chacun laboureur une journée à chaque labeur, aussi à chacune fois les maîtres et valets auront a dîner, ainsi que de coutume, en atlelanl leurs chevaux le malin cl en les dételant le soir auront quatre miches de pain de la valeur d'environ un gros l'une.

«Devra chacun desdits laboureurs, à lascmaille des avoines, une journée aux mêmes conditions que ci-dessu«, à charge d'être fourni du foin à suffisance pour leurs rbevaux, et en la saison d'été leur élre désigné un pré pour les y envoyer repaître.

Feront les charois de tontes sortes de matériaux nécessaires à l'entrelieu et réparation de l'étang dit la Woiltc-Elang, ouire ceux usités pour la péchc d'icelui ; laquelle échéante, seront atteuus de mener l'alevin dudil étang en celui do Lindre ou de Geloncourl, au choix des admodiatenrs, moyennant deux carpes par char.

»i Feront un ebaroi à Nancy du poisson de l'étang de Lindre, provenant du droit de Son Altesse et de messieurs des Comptes , moyennant la reconuaissauce accoutumée.

m Entretiendront les haies aux cerfs du côté d'Arlange lorsqu'ils serool commandés, et de même se trouveront aux chasses pour y servir, soit h la conduite des chiens ou autrement, ainsi qu'il plaira mieux h celui ou ceux qui auront la direction desdites chasses, n (T. C. Dieuze 2.)

En 1621, la population de Blanche-Eglise était de ôl ménages.

Le 20 octobre 1676, le couvent de Saint-Ma-

BLA

xiraiu de Trêves vend aux Charlreax de Bosserville tous ses droits à Bezange-la-Pelile et à Blanche-Eglise (in Albà Ecclesià). (Chartreux de Bosscrville.)

Ko 1770, les Chartreux de Bosscrville Greot faire des devis et plans pour la reconstruction a neuf de l'église de Blanche-Eglise, qui était eu mauvais état. On voit, par une déclaration faite à celle époque , par les paroissiens de Blanche- Eglise, que ceux-ci étaient au nombre de lo9.

Le 26 février 1716, François de Baillivy, chambellan de S. A. B. (le duc Léopold), obtient l'ascensement des droils utiles cl honorifiques et du domaine des villages de Blanche-Eglise et Mulcey, moyennant 800 francs de cens annuel. (T. C. Dieuze 2.)

Au mois de mai 1849, deux jeunes gens de Blanche-Eglise, arrachant des troncs d'arbre dans une forêt dépendant de cette commune, près de Dieuze, ont découvert un vase en plomb renfermant plusieurs pièces d'or et d'argent, qui sont presque toutes du XVIe siècle. Il y eu a quatre en argent, semblables à nos anciens écus de six livres, à l'effigie de Philippe IV, roi dcsEspagncs et des Indes, avec le millésime de 1623; l'une d'elles porte les noms d'Albert et d'Elisabeth , archiduc et archiduchesse de Bourgogne et de Brabant. Les autres, tant en or qu'en argent, sont à l'effigie de Charles IX, Charles-Quint, Philippe, roi des Espagncs ; Conrade, roi des Romains, Henri IV, roi de France, etc. (Noie communiquée par M. Lhuillicr, curé de Blanche-Eglise.) Les longues pluies de 18£1 avaient déjà mis à découvert quelques médailles du Haut-Empire, et, en faisant des fouilles, on en avait retiré à peu près 150 autres, comprenant presque tous les règnes écoulés depuis Trajan jusqu'à Volusien inclusivement. Parmi ces médailles se trouvait un magnifique grand bronze de Julia Domna, avec le revers mater augusti, tnater sénat ùs, mater patriœ ; il fait partie delà collection dc^M. l'abbé Klein, curé à La I oeuf.

Il existe, aux Archives, un u plan en forme de carie lopographique représentant l'église paroissiale de Blanche-Eglise eu son état actuel (1770), avec le nouveau projet, fait à l'ordre du coadjuteur des Chartreux de Bosserville. »

Blanche-Eglise a été érigé en succursale en

Patron, saint Maximien.

BLA

BLANZEY. M. Aug. Digot a lu, en 1880, a la Société d'Archéologie lorraine, une Notice «or l'église prieurale de Blanzey, à laquelle j'emprunte quelques détails sur celle intéressante localité :

L'emplacement aclucl de Blanzey fut, dès la période gallo-romaine, le séjour d'une population qui parait avoir été assez nombreuse. Les terrains qui «voisinent le prieuré, en s'élevaul vers le sommet de la colline , sont littéralement couverts de tuiles à rebords, dont l'origine n'est pas douteuse, et de pierres taillées qui ont été employées autrefois dans des constructions. On a même récemment (1880) découvert, au milieu de ces débris, plusieurs fragmente de colonnes cl un antel quadrilatéral, d'une bonne conservation, qui ne présente malheureusement ni inscription ni bas-relief.

On ignore ce que devint celle petite boargade depuis l'invasion des Barbares jusqu'au XIe siècle. Tout ce que l'on sait, c'esl qu'à celle époque le territoire de Blanzey était cultivé et habité, el que ce hameau dépendait, pour le spirituel, de l'église de Dommartin. Le duc de Lorraine Malhieu I" rappelle, dans un diplôme donué en 1162, qu'un chevalier lorrain, nommé Albert Flohenges, avait abandonné, quelque lerops auparavaul, aux religieux Prémoulrés de l'abbaye de Sainte-Marteaux-Bois, près Pout-à -Mousson, un fief (quoddam feodum) situé sur les territoires de Blanzey et de Bouxières. On ignore la date de celle première douation ; mais, comme Malhieu n'a commencé à régner qu'en 1159, elle ne peut être antérieure à celle époque.

Par un acte, que D. Calme t place à l'année 1177, la duchesse Berihe, veuve de Mathieu 1" cl régente pendant la minorité ou l'absence de son fils Simon II, confirme une donation faite à l'abbaye de Sainte-Marie par elle cl par le duc Malhieu, donation comprenant l'alleu de Blanzey, avec tous les serfs qui étaient attachés à la culture, tels que l'avaient possédé auparavant Simon Ier el Thierry, père el aïeul de Mathieu. Ce dernier et Berihe avaient abandonné cet alleu, sans aucune réserve, cl libre de toute charge et servitude, notamment de l'obligation de recevoir el nourrir les chasseurs du prince, qui avaient, dit la charte, l'habitude de loger quelquefois dans ce lieu avec leurs chiens.

On voit, par l'examen des chartes précédemment rappelées, que Blanzey u'élait pas, comme

BLA

J'i dit le P. Benoit Picart dans sou Pouilté du diocèse de Toul, le chinier des chiens de chasse des dues de Lorraine, mais simplement un ha» roeao. dans lequel se trouvait une villa faisant partie do domaine ducal. Une bulle du pape Lueios ni, de Tannée 1181, démontre que cette villa ou cet alleu était loin d'appartenir en entier aux ducs de Lorraine, puisqu'il y est dit qu'une partie du domaine en question avait été donnée aex Prémonlrés de Sainte-Marie par Hugues, abbé it SaiDt-Epvre de Toul, et par les religieux de celle abbaye, moyennant un cens de six sous toutois, payable tous les ans le jour de la fête des Saints-Innocents. Enfin, la même bulle constate «jae Téglise de Blanzey existait dès la seconde aoilié dti XIIe siècle, et que Pabbesse et le chapitre de Bouxières, à qui elle appartenait, l'avaient bjnionnée aux Prémonlrés de Sainte-Marie, avec uwtes ses dépendances et ses revenus en vignes, lents, prés, dîmes, oblations elaumùucs, a charge par les religieux de payer tous les ans, à la Saiut- Martin, an cens de trois resaux de blé cl de trois resanx de seiglo; et que Henri, évèque de Toul, cl Hugues Leroux {Rufus), archidiacre de cette «dise, à qui ce cens avait été cédé , en avaient fait la remise aux Prémonlrés. Cette dernière circonstance prouve que l'abandon de l'église de Blanzey fut une des premières donations faites à l'abbaye de Sainle-Marie-aux-Bois, puisque Pévèqoe de Toul Henri de Lorraine est mort en 4167.

Plus lard, en 1 180, Henri Ier, comte de Bar, se préparant à partir pour la Palestine, donne une garantie aux religieux de Sainte-Marie contre tooles les exactions que ses officiers, habitant la partie d'Amaoce qui était sa propriété, avaient coulante de commettre a Blanzey, cl autorise les religieox a leur refuser le blé, le vin ou les corvées de labourage que ces officiers exigeaient autrefois. Il accorde, de plus, aux religieux sa protection pour leur domaine de Blanzey, et leur concède le droit de faire paître leurs troupeaux tant dans les plaines que sur les montagnes, laut dans les champs que daos les forêts, el de prendre !e bois mort, el celte concession s'élend a tout ko alleu. Henri ajoute que, dans le cas où les troupeaux auraient commis quelques dégâts, soit dans les terres cultivées, soit dans les prairies, les religieux se bornerout à réparer le dommage, mais ne seront condamnés à aucune amende. U résulte de tous ces litres que, vers l'année

BLA

1180, le prieuré de Blanzey n'existait pas encore, et que ce domaine était une simple dépendance rurale de l'abbaye de Sainte-Marie ; mais , selon toutes les probabilités, la fondation de ce prieuré est de peu de temps postérieure n la bulle du pape Lucius III ; on doit par conséquent rapporter celte fondation aux quinze dernières années du XIIe siècle.

Des donations nouvelles vinrent, pendant le XIII* siècle, augmenter le domaine de Blanzey. En 1280, Ferry III, duc de Lorraine, voulant réparer les dommages qu'il avait causés à l'abbaye de Saintc-Marie-aux-Bois, céda aux religieux plusieurs terrains qui dépendaient de Blanzey ; il leur en donna plus lard encore quelques autres, au moment où il se préparait û partir pour faire la guerre aux Infidèles. Quelques années après, en 1283, le prieuré reçut en don des vignes situées au-dessous du monastère, et, en 1286, Ferry III confirma celte donation et toutes les autres, à la demande de Thierry, abbé de Saintc-Marie-aux- Bois.

A une époque qui nous est inconnue, le prieuré fut réuni à la mensc abbatiale de Sainle-Marie- " aux-Bois, et on cessa par conséquent d'y entretenir une communauté de religieux. Au commencement du XVIII0 siècle, le revenu était évalué à 5,000 francs.

Il y avait alors un ou deux religieux de l'ab-' baye de Sainte-Marie pour desservir la paroisse de Moulin cl administrer la ferme de Blanzey. Celte dernière était une haute justice et avait un ban séparé ; les Prémcntrés y avaient des ofUcicrs qui dépendaient du bailliage de Nancy. (E. T.)

Le prieuré de Blanzey fut vendu, comme bien national, au moment de la révolution, cl divisé entre plusieurs propriétaires ; mais, malgré les dégradations de toute nature qu'il a subies, il présente encore l'aspect d'une maison religieuse. L'église passa aussi en différentes mains ; il y a quelques années, elle était partagée eu deux ou trois personnes, el l'une d'eulr'ellcs avait laissé transformer la nef en cabaret. Cet état de choses a heureusement cessé. Aujourd'hui l'église entière est rendue au rulle, à l'exception toutefois de la crypte, ou chapelle souterraine, qui sert provisoirement de bougerie.

L'église de Blanzey, placée sous l'invocation de sainte Agathe, rappelle le style en usage pendant la seconde moilic du XIIe siècle ; c'est, autant

l'.I.li

U\i - BLE

que nous pouvons le savoir, vers l'année 11G0 que l'église fut cédée par l'abbaye de Bouxièrcs aux Prémonlrés de Sainle-Marie-aux-Bois ; nous sommes porte à croire que l'église actuelle est postérieure a celte cession, et que ces religieux, au moment où ils établirent un prieuré daus leurs nouvelles possessions, firent reconstruire l'église, qui, probablement, tombait en ruines. Ce petit édilicc fournil donc un spécimen assez complet de J'arcbileclure religieuse en Lorraiue pendant la période de transition.

Celle église ne possède plus que deux débris de son ancien mobilier : le premier est la lèlc d'une statue, dont les dimensions sont exiguës, mais le caractère admirable ; le second est une inscription lumulaire , du commencement du XVII" siècle, gravée au milieu d'un cartouche, el doul l'exécution esl assez satisfaisante. Voici celte inscription :

u CV DEVANT REPOSE LE SIEVn D'AMIC n DE VAVBECOVRT ESCVYER LEQ1 AYANT 1 VESCV AVEC CANDEYR ET PROBITÉ DÉ H CÉDA LE 4e DE MARS 10 1G A ÂGÉ DE 36 W ANS. PRIEZ D1EV QU'IL LU Y DONNE HEV

11 REVSE RÉSVRRECTION. AMEN.

» DAMOISELLE CLAVDE IIVMUERT SA VEFVE 1 A SON CnER ESPOVX A FAICT POSER il CESTE INSCRIPTION POVR MÉMOIRE, n

BLEHORS. En 1183, Pierre de Brixey, évéque de Toul, confirme la donation que Boémond de Regnévelle avait faite à l'abbaye de Clairiieu du droit de vaine pâture sur les terres de Blcbors.

En 1203, Pierre, abbé de Gorze, donne à l'abbaye de Clairiieu toul ce qui lui appartenait eu bois, prés et autrement au territoire, ban et nuage* de Blehors (/« territurio de lilchores), h savoir ce que Frédéric , chevalier de Blehors, avait donné a l'église de Varangévillc [de Varenyrsivillu), moyennant un cens annuel de 2 sous, monnaie de Toul, payable par les frères dudil Clairiieu au jour et file de Saint Remy ù l'église de Varangévillc, en réservant par le sieur abbé de Gorze, punr son église cl maison de Varangévillc, le droit d'usage de bois de maronage el chauffage dans les furèls dudil Blehors.

La métairie de Blehors fui probablement ruinée pendant les guerres du XVIIe siècle, car on trouve, » sous lu date de 17l'i, un bail de celle forme passé, moyennant un canon auuuel de 700 francs barroi:., ii Nicolas Gérard, marchanda Damclevièrcs,

avec la liberté de faire construire un logement de fermier n sur les vestiges cl masure des anciens bàlimeuls de ladile ferme, n Blehors esl appelé Bluhors-les-Blainvillc dans un litre de 1763. En 1773, il fut dressé un devis des ouvrages et augmentations k faire a la censé de Blehors. (Abb. de Clairiieu.)

BLEMEREY. Ou lit dans la Chronique de rucher, sous ta date de 1010, que Bertholdc, évèque de Toul, en fondant l'abbaye de Saint-Sauveur, donne à l'abbé de ce monastère le droit d'établir et de destituer les marguillicrs des églises de Saint-Sauveur, de Domèvre, de Barbas, de Harboué, de Cirvy, de Blémcrey cl de Bonmoulier.

Des lettres de Henri, sire de Blàmont, de l'an 1293, portent que Beaudoin de Blemcry el Elire, sa femme, onl vendu a Perriu d'Averoncourl OU journaux de terre au ban dudil Blemery pour 30 livres de loulois.

Par lettres du mois de mai 1318, Jcoffroy de Dombray assigne les villes de Uerbéviller, Blémer y, etc., pour être tenues par Marguerite, femme de Henri de Blàmont, à cause de ISO livres de terre à elle marquées par son contrat de mariage. (T. C. Blàmont fiefs.)

Le lendemain de la fèle Sainte-Catherine 4321, Jean, abbé de Sainl-Remy de Lunéville, el ses religieux, douneul des lettres de Henri de Blàmont, sire dudit lieu, portant qu'il a payé 40 deniers de cens1 qu'il leur devait sur l'étang de Blemerev. (T. C BlâmonO

Le 13 janvier 1394, Jean Wisse de Gerbéviller, bailli de Lorraine, devient homme-lige de Henri de Blàmout pour le tiers des villes de Blemerey et Lcinlrey, que ledit Henri lui avait données. (T. C. Blàmont fiefs.)

I-e 22 mai 1479, le même Jean Wisse de Gerbéviller reconnaît avoir reçu de Ferry et Olry de Blàmonl cent francs pour le rachat de terres à Blémcrey el Leintrcy. (T. C. Blàmont 2.)

Par lettres patentes du 12 mai IGiG, le duc Henri fait don de la moitié de l'élaog de Blumcry à M. du Chaslelel, maréchal de Barrois, et lui permet de rebâtir un moulin sur la chaussée de ecl élang. (L. P. 101 G.)

Eu 1391, un nommé Petit Noël, de Blemerey, fut brûle comme sorcier.

Ou lit dans les comptes du domaine de Blàmonl : u Est de condiliou que les babilauts du

DLL

lien de Blesmcrcy plaidant pardevant le prévôt de BlùuwDi, payent par chacun an rentes en deniers et ta grains, savoir : de chacune charrée 4 sols fort» el i resaux par moitié blé et avoine. Quiconque ne fait labourage doit par chacun an un sol fort : doivent la seillc deux fois l'année au blé et à l'avoine au gagoage de S. A. sis audit Blàmool, de» faucheurs et faneurs pour les treuils li'icelic sis au comté dudil Blàmont ; la taille Saiot-Remy a a bon plaisir de S. A., graisse et eouvrecbef ; doivent de leurs enfants pour guetter •u château dudit Blâmonl, s'ils ne sont clercs ou de métiers. Les nouveaux entrants audit Blesmcrty doiveut chacun pour leur bienvenue dix fr. à S. A. el à la commune dudit lieu pour moitié. w

Bletuerey, qui avait été annexé à Saint-Martin, ea 1807, a été érigé, le 20 novembre 1816, en sweursalc, ayant Reillon pour annexe.

Palrou, saint ililaire.

BLLNOD-LÈS:PONT-A-MOUSSON. Ce vil- U|« est tueuliooné, en 948, sous le nom de Bladtnaevm, dans la charte par laquelle le roi Olhon confirme rétablissement de la réforme dans l'abbaye de Saint-Epvre. (H. L.)

Par lettres do mercredi devant la Saint- Vinceot 1293, Villaume, abbé de Sainl-Mihiel, reconnaît que Jean de Blcnous, écuyer, a reçu de Thibaut, doyen de Bar, 40 livres tournois pour la reprise qu'il a faite au "comte de Bar de sa maison de Menons. (T. C. Pont additions.)

Le vendredi après la Saint-Jacques cl Saint- Philippe 1517, Domangins dit Marquarins, de Bclchawp, eferc, achète, pour sa vie duraut, des abbé el euuvenl de Sainl-Epvre de Toul , la maison de Sainl-Epvrc, sise à Blénod, avec ses dépendances ; le duc de Bar lui quitte le cens d'une charrée de foin dont celle maison était chargée, et lui permet de prendre l'affouage de sa maison el les pesseaux de ses vignes dans la forèl de Puvenel. (T. C. Ponl domaine 2.)

On a des actes de reprises et des dénombrements de la terre ou de portion de la terre de Blénod et de la seigueurie dite la Cour de Buli- :et, sise audit lieu, donués pur Bertrand de Puoi-a -Mousson £1534); Gérard et Pierre de Haraocourl (1355) ; Qolard, de Piml-à-Moussou (1336); Kegnauli Ancheriu (1424); Nicolas de Vienne, dit Dupont (1437); Jean de Prenj (1476); Nicolas de Preny (1549); Arnoull Color de Linden (1561); Marguerite d'Eiuvillc, veuve du pré-

cédent (1573); Bernard de La Tour (1594); Perretle Mathusson, veuve de Didier Etienne (1605); Louise de Triconville, veuve de Nicolas Color de Lioden (1623).

Par lettres du 18 août 1588, le duc Charles échange avec le couvent de Sainl-Epvrc de Toul une rente annuelle de cent francs sur la recette de Pont-à-Mousson, contre le moulin que ledit couvent avait a Blénod. (T. C. Ponl domaine.) S Le 25 octobre 1627, le duc de Lorraine engage à Charles de Gombervaux, gouverneur des salines de Château-Salins, les terres et seigneuries de Jezainvillc et Blénod, moyennant 30,000 francs. (T. C. Pont cilé.)

Le 23 juin 1701, Antoine Perrin, seigneur de Blénod, vend à Marc-Antoine de Mahuet, chevalier, seigneur de Lupcourt, le fief et franc aleu anciennement appelé la Cour Bulezel dndit Blé» nod, consistant en la maison seigneuriale, bassecour, appartenances cl dépendances, moyennant 80,000 francs, monnaie de Lorraine. (T. C. Pont additions.) Celle acquisition fui confirmée par Léopold en 1703.

En 1623, une nommée Barbe, femme de Jean Grégoire, de Blénod, fut brûlée comme sorcière.

Je dois ajouter à ces divers documents un titre sans date, mais évidemment du XVe siècle, contenant un procès-verbal des plaids annaux tenus à Blénod :

u Setisuyvcnl les plaiti annaulx que chacun an se tiennent au lieu de Blennoid devant le Pont par les maieur, eschevin et doyeu de la Centaine dudil Ponl, comme ilz sont cy après declariés et articles.

n El premier audit haull plais doient les hommes au seigneur Roy (le duc de Lorraine) ceulx que font labouraige, et il font la cherruc enliere, ilz doivent une quarte d'avoine, et ceulx qui ne font que demye cherrue ne doivent que demye quarte, et sonl tenuz au jour dcsdil* plais de la porter on four de Blenoid, et ne sont tenuz de la porter plus loing ne en autre grenier. Et s'il faull (manque) audit jour, il est tenu de la porter ou grenier dudit seigneur Roy à ses fraiz. El sont lenuz ceux qui sont i» chevalier el à escuyer demourans en ladite Bleuoid, de paier ladite avoiue s'ilz font labouraige, ainsi comme de»susdil esl. Item tous hommes demourans à Blenoid se doivent présenter trois foiz l'an aux plais, exceptez les bourgois.

BLE

nu-

it Item aussy le doyen dudil seigneur Roy peult contraindre les hommes des chevaliers et es en y ers parmy (avec) la licence du inaire de la Centainne s'ilz «loienl à aucuns, et ledit maire est tenu de faire droit cl raison a culx comme ceulx du Roy.

h Item on doit au maire deux stiers de vin pour le bechey et deux stiers pour la (vune, et les doivent tous ceulx qui sont aux petiz seigneurs demourans à Blenoid à cause de lour retenue. Item le inusnier luy doit deux stiers de vin pour le pougnel, et ledit maire luy doit adjouster le pougnel à ses fraiz. Item les paistres de ladite Blenoid leur doient iiij stiers de vin dcsquelz iiij stiers le maire de la court Dcllxzc (cour Bulizel) et son csclievin y ont le tiers. Item pour les vins devantdits que on doit paier audit maire, ledit maire doit songuier (fournir) la (eune et le bechet pour ladite ville et les doit faire salnier et ne doit songuier la ville que le hoix, car le maire les doit saluier à ses fraiz.

n Au jour que lesdits plais se tiennent, le maire de la Centainne est aux frais du seigneur, luy et ses compagnons, et si luy plail appellcr ung bon compagnon, faire le peut, les pain tclz, vin, cher cl poullaile comme pour la bouche dudit scigueur Roy. Les autres plais se tiennent le lundi ving01* jour après Quasymodo. Item s'il plait au maire et à la ville, on pcull encores tenir les plais emmy le mois de may, cl pourtant que ung chacun ne les sceil pas, ils se doivent adjourner de maison eu maison.

n Ilcm est ledit seigneur Roy souverain sans ce que nul autre petit seigneur y puisse reclamer seigneurie aucune, excepté la terre de Diculeward (Dieulouard) et aussy la terre de Picreforl. Item le four de la ville est audit seigneur Roy, cl le seigneur de la court Bellise a le tiers ondit four. Item ondit four on y cuyt h xxiij, le xxiijc demeure aux bonnes gens, el le fournier emporte le xxiiij^. Ilcm ledit fournier doit soognier aux bonnes gens deux aydes pour aller querir la pasle de maison en maison pour uuc angevyne le pain, et n'y ait homme en ladite ville qui puisse faire four sans la licence du Rdy.

»« Item le moulin est à l'abbé de Saint Epvrc devant Toul, et pourtant qu'il n'est pas audit seigneur Uoy, les bonnes gens pétillent aller au moulin là où il leur plait. Item ondil moulin on y moll à xsiij, et doit prendre son pougnel emniey le molin, deux pougnetz pour la quarte.

n Item le ebaulcheu (pressoir) n'est aussy au Roy, et pourtant y va chaulchier qui veult. Item ondit chaulcheu on y chaulche à îx™, le chaulcheliez emporte le ixro« et le viij™* demeure aux preudommes.

•1 Item a ledit seigneur Roy tonte haulleur et seigneurie on ban et finaige de' ladite ville de Blenoid ; que s'il y a aucuns larrons ou maffaioleurs prins on ban el finaige, le doien de ladite ville le pcnll prendre, et s'il n'est assez fort ponr le prendre, il peult prendre ung homme ou deux, bourgeois comme autres, tant qu'il soit fort pour prendre ledit malfaiclcur. Et quant il est prins, il le doit mener au maire de la Centainne, el quant il le délivre audit maire, le maire le doit prendre el conduire au prevost du Pont ; et quand ledit maire l'a délivré au prevost, il en est acquicté et ses compaignons.

m Item avec ce a ledit seigneur Roy la haulleur on ban cl on fi nage de ladite Blenoid, c'est assavoir de (des) le charulz de Dieulewart cl jusques Parfonrulz. Et n'y a homme quelqu'il soit, s'il vient demeurer à Blenoid, s'il y demeure sn el jour, il est homme audit seigneur Roy, s'il n'est preblrc ou gentilhomme. Et n'y a homme de quelconque lieu qu'il viengne, s'il n'est bourgeois du Pont ou de ladite ville... le bourgeois peull tenir sa bourgeoisie en la ville de Blenoid aussi bien comme au lieu du Pont, par ainsi qu'il ail demeuré an et jour audil Pont. Et s'il vient de France, de Bourgogne ou d'Alemaigne ou de quelconque lieu que ce soit, cl ilz demeurent an et jour en ladite ville, ilz est homme an scigocur Roy et ne peull panrcaulrc seigneurie.

n Item le maire de la Centainne a telle haulleur on ban cl on finaige de ladite Blenoid, qu'il n'y a homme qui puisse adressicr chemin ne sente (sentier ?) sinon ledit maire, c'est assavoir de (des) le chaulruz de Dieulewart jusques a Parfonrulz, el n'y a homme qui puisse planter borne, sinon le maire el ses consors.

(Les paragraphes suivants concernent les chemins.)

n Item le seigneur de la court Belleze ne peult meclre garde à Blenod s'il n'est homme à culx, et s'il n'en ont point, il le doient emprunter aux officiers dudil seigneur Roy, la cause pour quoy pourlaut qu'ilz eu tiennent fief et seigneurie.

» Item les seigneurs de la Court ont telz privilège qu'il peult faire ung trouppe (troupeau) d«

BLE

brebis, et ae dotent pas passer on cent, et ne doient pis aller au champs devant la herde de la nlle, et testes les autres besles sool souyetle rvsujetfe*j de aller à la herde de la ville.

t kan le curé peull faire ung troupes de brebis jKgKS à ung cent, et toutes les autres besles sott minette de aller à la berde de la ville.

■ Ite b moilresse de Saint Epvre pcult faire Bf enoppe de brebis semblablemeot, et toutes la ailres besles de la ville sont soyelte de aller ï? iifnlfi de la tille.

« lien les pai*tre de la ville doient aller quérir le» besles de ladite mot tresse parmy ung sol I « !a londî ou on mouceauix de pain que le nfc, cl se on ne leur donne, il ne sont point ■ecm) d'y aller, et doicnl les paislre aller sur

lu Saint Martin sonner le cornet par (rois

fcô, et quant ilz l'ont cornés, il peull arylier la iviael en aller...

■ hem tous ceulx qui vendent vin en la ville J» BtenoiJ, c'est assavoir qui vendent vin à pinles rtl<tajithe> et a quartes, ilz doient au maire a>tt seatiers de vin, et se leur mesure ne sont faaMi, fls les doient porter en la maison du Mire, et le maire leur doit adjonster à ces fraiz tt Je âeyea a pinte et quarte el chopine, pour tari p*îl doit garder les droit et franchise dudit n .lire.

- luai an) homme fourains ne pcult gaigier nt§ le doyen dudit lieu. Item ceulx de la ville i ;«itat gaigier l'un l'autre, sans maire el sans dojw. Item les sergens ne peulenl scrgcnlcr en ladàe vile de Bleooid se se n'csl pour les deniers diMgoetir. « (T. C. Pont additions.)

lenMsge de Blénod souffrit beaucoup pendant « gierres dn X.V11* siècle ; il fut ravagé par la pofcft el par les Suédois : en 1635, il n'y avait alw que quatre laboureurs; en 1636, il était ■0*1, tes habitants ayant cherché un refuge à P'/it-à-Mouuon.

Oc fit, a ce sujet, dans un registre iulilulé : ïstzilc des rentes et droits seigneuriaux que le i m d* Gotnbervaux a eus el reçus aux villages dtjhtoi et Gezaintille, à lui engagés par Son

1654 n 1635. u Ceux qui font labeur (labour) s fiJéftjd. ie sont au nombre que de quatre, à da îwlheur de la guerre. «

1638, 1637 el 1G38. u Le comptable ne fait >«une rtetoe des particuliers qui ue font labeur,

BLE

pour leurs menus deniers d'assises, d'autant qu'ils auraient abandonné le village à cause des Suédois.

w Ne fait aucune recette du four bauoal, pour èlre demeuré désert, ni du moulin bannal, d'autant que la plus grande partie du temps il était abandonné, n Le four avait été ruiné par les soldats qui avaient logé à Blénod. (Domaine de Ponl-à-Mousson.)

Celte dépopulation continua longtemps ; car, en 1600, il n'y avait à Blénod que deux laboureurs, u les autres habitants réfugiés en partie à Ponl-à-Mousson ; n et, en 1703 , la communauté n'était encore composée que de u dix laboureurs très-chélifs, cultivant les terres d'aulrui sans en avoir en propre , quatre manouvriers et deux pauvres femmes veuves pouvant a peiue subsister. n Celle dernière particularité est consignée dans une requête par laquelle les habitants demandent a la Chambre des Comptes de modérer la subvention a laquelle ils ont été taxés pour l'année 1702, d'autant plus, ajoutent-ils, qu'un orage de grêle très-violent a détruit leurs récoltes el abimé leurs vignes. (T. C. Pont additions.)

Blénod a été érigé en succursale en 1802.

Patron, saint Etienne.

BLÉNOD-LÈS-TOUL. Ce bourg est appelé Bladcniacum dans la confirmation (965) de la fondation de l'abbaye de Saiot-Mansuy de Tout par le roi Olhon ; Bladiniacum et Biliuiacum dans la confirmation des biens de celte abbaye par révèque saint Gérard (982) et par le pape Adrien IV (1154). (H. L. et H. T.)

Par lettres datées du 25 février 1567, Jean, évèque de Toul, reconnaît que le duc de Bar a pris sous sa sauvegarde el protection la ville de Blénod : u Nous Jehans, par la graice de Deu eleus et confermeis de Toul, faisons savoir à tous, que comme haulzet poissans priuces noslres cheirs et bien ameis li dus de Bart cl marquix dou Pont ait pris et retenu en sa salve garde cl protection à su vie tant soulemenl noslre ville de Blenou, lous les habitans d'icelle, homes, famés, lor enfans, lors magniées et lous lors biens quelcunques que presens cl advenir, par encique pour cause de warde chacun an chacun condus de ladicte ville paierait au prevost de Fou qui est ou qui serait, ou à son commandement, en ladite ville de Blenou, à la feste Saint Martin d'hyver, douze sols de pelis tournois vielz ou monoie à la valour, parmei que li dis dus, sut officiers, subgis ne les

BLE — i

poent ne ne doient garder ni aidier contre nous, nos successoors on ncslre dit evcschié. n (Cart. Evôqnes cl cilé de Tout.)

Voici quelques passages des lettre» patentes, du 26 avril 1496, par lesquelles le duc René établit des foires et marchés à Blénod : m Rcoé, etc. L'umble supplication de noz bien amez les bourgeois, manaos el habitons de la ville de Bleno avons reccuc, conleoanl que ladite ville de Bleno est située et assise cotre Toul cl Vaucoulcur et en lieu frequaol de plusieurs leurs voisins, cl circuy el environ de bon nombre de villaiges desqnelx les habilans pour la pluspart suivent le marchié dudil Vaucoulcur ; el si audit Bleno estoit par nous institue cl cstably ung marchié chacune sepmaine, le jour du jeudy, affio que les habilans d'illec et des lieux à l environ et antres puissent eulx fournir audit Bleno et y Iroover ce qnî leur est nécessaire cl convenable, et oullre ce deux foires en l'an, l'une à la feste de la Chaicrc 'Chaire) Sainl Pierre, el l'autre à la fesle Saint Luc, la chose scroil grandement propice et aisée, cl vicodroit trop mieulx à point que d'aller audit lieu de Toul ou de Vaucouleur, laquelle ne pourroil tourner à nous, noz pays cl subgelz a aucune consequance de préjudice, mais plus à commodité et solagcmcot d'icculx, car il en seroil plus frcquanlez de marchandises cl se dcduyroient illecques (là) plusieurs danrées et vivres qu'il faut mener au marchié dudil Vaucoulcur, non sans dangier des passaiges de France... n Le duc, faisant droit à cette rcqucic et aux instances de son conseiller, Hugues des Bâtards, prévôt de Saint- Georges, n natif el curé dudil Bleno n, établit dans celle ville un marché et deux foires, u pour en icellcs foires et marchiez monstrer, vandre cl achapler dorcsenavanl gens de lous estas qui y viendront et se trouveront, tonles el quelconques danrées cl marchandises qui seront audit lieu, cl qui en y vouldra amener on envoyer en payant susdits habilans où il appartiendra, les halles et drois de vente deux el accoustumez es autres lieux de noz pays, terres et seigneuries voisines... m (Cart. Chartes, etc., el L. P. de U05-96.)

Par lettres patentes du '23 juillet 1!>7I, Charles III permet aux habitants de Bléood h de hanter el fréquenter par loules les foires et marchés de ses pays, pour y vendre el acheter, comme font ses propres et naturels sujets. « (L. P. 1571.)

De l'église de Blénod dépendaient les chapelles

Page 1