‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 88 sur 292 · BOR · texte numérisé non relu

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jet d'un pré m con dit lo bruis (le breuil) desouz les Bourdes. n (Abb. de Beaupré.)

Le Ci septembre IC'JI, Charles-Emmanuel comte de Tornielles, grand-mallre de l'hôtel du duc, donne, son dénombrement pour le marquisat de Cerbéviller, Fraimbois, Vaimbois, la Math, les Bordes, etc. (T. C. Rosières 3.)

BORDES (les]. Il y avait ancienuement une maison de ce nom, située hors de la porte Notre- Dame de Nancy , dans le faubourg actuel des Trois-Maisons : la Chronique de Lorraine raconte qu'eu l'année K53, un dimanche, après dîner, Ferry de Lorraine, comte de Vaudémont, m fut en une maison hors de la ville de Nancy, près de la porte de la Craffc, nommée les Bourdes; les gens de la ville s'y alloienl csbalre à tous jeuz ; on y jouyoit ; des gens plus de cent ou y eust trouvé ; la fouldre y cbcul, il y en eust des tués, d'aultres qui avovcnl le col tordus, d'aultres le visage tout greffiniez, et d'aultres le braquemar fonda estoit, et la gueunc n'avoil point de mal, d'autres tous les pieds brûlez, et non pas les souliers. Ung armurier qui eust l'empreinte du Diable au dos, si horrible a le veoir, chacun se seiguoil, c'estoit l'exemple de non plus la mort Dieu jurer. » ^

Le nom de Borde, que portent plusieurs localités, rappelle le souvenir des ancieuucs léproseries; les ladres ou lépreux étaient séquestrés dans des espèces de cellules ou baraques, qu'on appelait des bordes.

BOSQUET (le), censé, terriloirc'de Vandœuvre ; elle n'est composée que d'une maison".

BORVILLE. Des chartes de Pierre de Brixey, évéque de Toul (1188), et du duc Simon (1180), confirment les donations qui avaient été faites à l'abbaye de Beaupré par Thierry de Borville, Albert et Ferry de Saint-Germain, de ce qu'ils avaient dans le fief de Borville [in feodo de Burvile), en eaux, en terres, en prés cl en bois.

En 110S, Charles, chevalier, lïls de Constantin de Melioniis, donne h la morne abbaye tout ce qu'il avait en commun avec Albert et Ferry de Saint-Germain, en terres, prés, bois, etc., dans le ban cl filiale de Borville. (Abb. de Beaupré.)

Au mois de décembre 1223, l'abbé et le couvent de Senones donnent une aliénation parlant qu'ils ont associé et accompagné Heuri, chevalier, surnommé Lombarl, à leur censé ou métairie de Borville, par moitié ; qu'ils lui ont laissé,

Bon

sa vîc durant, le village dudil Borville, sous la redevance de 44 sous toulois de cens annuel, à condition qu'après sa mort tout retournera h l'abbaye à qui le duc Henri l'a donné en aumône. Eu 1*249, le même Henri et l'abbé de Scnones font un accord par lequel la juridiction, les droits et revenus de Borville devront être partagés entre eux par moitié. (Cari. Senoncs, t. 1 cl 2.)

Par une charle datée du mois de février 1260, Gilcs, évèquc de Toul, et Ferry, duc de Lorraine, confirment un acte par lequel Philepin cl Jaiket, seigneurs de Dcon (Bayon), reconnaissent n'avoir aucun droit sur les dîmes de Cours appartenant au chapitre de Sainl-Dié et promettent de payer la dime de leur charuage de Borville.

Par une sentence arbitrale rendue, au mois de septembre 1274, entre MM. du chapitre de Sainl- Dié d'une part, et le sieur Pierre, curé de Ro»clietircs, d'autre part, sur h difficulté élevée entre eux à raison de cerlaiues dîmes provenant d'une maison, grange cl terres dites des quartiers, situés en la ville et finage de Bosclictires et Borville, les arbitres ont adjugé audit curé le tiers dans les grosses «limes de Roselicures et dépendances, plus qu'il aurait le tiers dans les dîmes de la grange de Borville et qu'il jouirait pendant sa vie curiale de la maison cl grange de Borville avec les dîmes des quartiers de terre, moyennant le Icsceiis d'un resal annuellement à chaque Sainl-Uemy d'hiver; enfin, que ledit curé aurait la moitié des menues dîmes de Roselicures, etc. Il y eut encore, en 1445, une seutcuce au sujet de certaines vignes, dites les Nouvelles-Plantes, situées au lînagc de Borville. {Coll. S. -G. et P.)

On trouve, sous la date du 28 septembre 1650, la i» déclaration de la manière et quotité de lever la dîme aux lieux de Roselicures et Borville, signée du fermier du chapitre de la Primaliale et certifiée véritable par les gens de justice desdils lieux, ainsi que des paulicrs n : Il avient audit chapitre le tiers de la grosse dîme sur le ban et fiuage de Roselicures ; la dîme se paie à la douzième gerbe, dans laquelle dîme le paulier prend la ouzième gerbe ou le onzième treseaii, h l'effet de quoi il est obligé d'amasser en trescaux les gerbes de dîme, d'en Lire la voiture et les entasser au domicile du fermier ; pourquoi le mcm«i chapitre est obligé, de donner annuellement un repas aux maire et échevins dudit Roselicures, à la seule exception que le sieur curé emporte seul

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toule la dîme d'un canton appelé le bois de Bassompond. — Le chapitre est obligé de fournir le taureau au troupeau de Roselicures ; et à l'égard des rapporlages, si un laboureur de Roselicures cultive des terres sur un ban voisin, en ce cas le décimatcur du ban voisin emporte la moitié de la dîme et l'autre moi lié se partage, savoir: un tiers aux seigneurs dudit Roselicures, pareil tiers au sieur curé et l'autre tiers à MM. les vicaires et curé de la Primaliale, et au cas que des laboureurs cultiveraient des terres dudil ban de Rose- Heures, la même règle que ci-dessus est observée. A l'égard du caulon de terres labourables appelé Triuchamp*, ce canton paie la dîme de la septième et huitième gerbes, toule laquelle dîme doit être amassée par le paulier en un tresau, dans laquelle quantité le roi emporte la moitié qui fait le quart et l'autre quart avient aux sieurs chanoines et chapitre ; et à l'égard de la menue dîme, comme pois, fèves, chanvre, lin, laine et agneaux, messieurs les vicaires, chanoines et chapitre emportent la moitié, de même que des pommes de terre, contre le sieur curé qui prend l'autre ; et à l'égard de la dîme de viu, elle se paie au douzième tendelin payable à la vigne, dans laquelle redevance MM. les chaooiucs et chapitre emportent la moitié contre le sieur curé, n

En 1644, par suite de la peste et de la guerre, Borville ne comptait plus que deux ménages.

En 10(53, le chapitre de Sainl-Dié céda à celui de la Primaliale de Nancy ce qu'il possédait à Borville, Roselicures, Sainl-Remimonl et Laoeuvcville-devanl-Bayon. (Coll. S.-G. cl P.)

En 1710, la seigneurie en toute justice, haute, moyenne et basse, appartenait pour moitié a l'abbé de Senoncs et à il™0 de Ludres pour l'autre moitié, dans laquelle le rhingraff de Salm avait an sixième. L'abbé était haut justicier par tout le ban ; la dame vouée avait la juridictiou criminelle. Les officiers de ces seigneurs exerçaient la justice civile en première instance et instruisaient des causes criminelles à la justice de Bayon, de laquelle on appelait au bailliage de Nancy. (E. T.}

Il y avait, dans l'église de Borville, une chapelle de Nolre-Dame-de-Pilié, qui existait en 1358.

Celte commune a été érigée eu succursale en

Patron, saint Maurice.

BOSSERVILLE. Bosserville, anciennement appelé Lossêviilc {Lvssci villa , remonte à une épo-

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que éloignée : s'il faut en croire une noie consi- I guée dans les ancieus inventaires des tilres de I l'abbaye de Bon xicres, saint Gérard, évoque de Toul, aurait donné à celte abbaye les églises de Peoipey, de Rosière?, de Dommarie et les chapelles d'Aiugeray, Blanzey el Bosserville. Malheureusement l'original de ce litre n'existe pins, el D. Calmel, qui le rapparie, sous la dale de 968, ne mentionne pas la chapelle de Bosserville, mais telle de Boudonville, copellam Bodonis villa-. Y a-t-ii erreur dans la copie donnée par le savant Bénédictin ou dans la noie de l'inventaire de Bouxières ? c'est ce que je ne puis décider; j'ajoolerai toolefois que le patronage de la cure de Bosserville appartenait à celle abbaye, sans doute en vertu d'une donation d'un évèque de Toul. Lequel ! je l'ignore; aussi je me borne à constater ce fail, sans chercher à en tirer des conséquences qui n'auraient peut-être rien de fondé.

Ce qui est certain, c'est que Bosserville existait des la première moitié du XII* siècle : par une éarte datée de l'an 1156, et dont l'original se trouve daos nos Archives , Uenri de Lorraine, érèque de Toul , contraint Henri, chevalier de Bosserville {milite de Lossei villâ), de rendre les terres de Lossévillc qu'il détenait par force et contre le gré des dames de Bouxièrcs, avec défense à tous antres, sous peine d'excommunication, d'attenter contre les terres et revenus desdiles dames. (Abb. de Bouxières.)

En 1183, Pierre de Brixey, aussi cvèque de Toul, confirme la donation qui avait été faite h l'abbaye de Clairlieti, par Ebalus d'Epinal, du droit de vaine pâture à Bocervillc. Deux chartes émanées des ducs Simon et Ferry, mais sans date, font aussi mention de la donation faite h la même abbaye, par llumbcrt, clerc de Nancy, de ce qu'il avait d Bosserville [apud Boceville) , dans le moulin, le pré adjacent, le bois et la pèche. En 12(4, Elvide de Bosserville dounc encore à celte abbaye sa part au moulin dudit lieu cl la pèche aux environs, une perrière ou carrière el l'usage d'un bois silué au Champey, sur ledil Bosserville, pour les réparations de la vanne du moulin et pour faire fen et mariner quand ils voudront. '^Abb. de Clairlieti.

Depuis celle époque jusqu'à la fin du XV0 siècle, je ne trouve aucun litre où il soit fail mention de Bosserville.

En 149a, des contestations s'élevèrcul, au sujet

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du gagnage et de la seigneurie de ce lieu, entre Didier Nicolas, conseiller et secrétaire du doc de Lorraine, tcl Simon Moycetle (ou MoyesscNc), prêtre, demeurant à Saiul-Nicolas-du-Porl, et Ysabellc Bauldoirc , frère et veuve de Didier Moyccltc, de son vivant marchand à Saint-Nicolas, el qui avait été anuobli par Bené IL Ce prince avait fail don à son secrétaire, b la mort de Moyccltc, de tous les biens que celui-ci possédait en fief et hommage dans le duché de Lorraine, et, entr'aulres, d'un gagnage et d'une seigneurie b Bosserville. Les héritiers prétendaient, au contraire, que la possession de celle seigneurie et de ce gagnage remontait à une époque antérieure b ranuoblisscmcnl. Toutefois, les parties crurent devoir faire entre elles un arrangement, que Bené II confirma, le 4 janvier 1493, et ensuite duquel Didier Nicolas fut mis en jouissance de Bosserville, sous la condition que s'il mourait sans héritiers capables de tenir terres de fiefs, cette seigneurie retournerait au duc de Lorraine. (L. P. 1493-96.)

Cesl ce qui arriva bientôt, el le 5 juin 1508, Bené donna la terre de Bosserville à Cialiot de Lisseras, gentilhomme brelon , son valet tranchant (il fut, plus tard, maître d'hôtel ordinaire de la duchesse Bcnée de Bourbon), h charge par celui-ci de la tenir en fief du prince. Cette doua- (ion fùl confirmée par le duc Antoine le ;> mars de l'an 180!). (L. P. 1S06-9 ) La famille de Lisseras posséda la terre de Bosserville depuis celle époque jusqu'au décès de Claude, baron d'Anderoy, dernier inàle de celte famille, lequel mourut en 1036, b la suite de Charles IV, doul il était capitaine des gardes, el fui enterré dans l'église Sainlc-Marie-Madclainc de Besancon.

Louis XIII ayant fail confisquer les biens de ce çculilhomme, sous prétexte qu'il s'élail rendu coupable de rébellion, donna la terre de Bosserville ù M. de Miraumonl, sou lieutenant dans la ville de Nnn-:y. Ce dernier la céda a la veuve de Claude «l'Anderny, laquelle, au retour de Charles IV dans ses Etats, à la petite paix de 1641, obtint de ce prince, le 23 juin de la même année, le dou de la terre de Bosserville, rachelable d'une somme de iî>,000 francs, comme indemnité des frais qu'elle se proposait de faire pour la réparation de celle terre, dont elle conserva la jouissance jusqu'à sa mort, arrivée eu

ig:;i.

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Cette dame abandonna, par son testament, ses droits sur Bosscrville aux religieuses du Refuge de Nancy ; celles-ci les cédèrent à M. le baron du Chalelet, servent de bataille dans l'armée de Charles IV, époux d'une nièce de M,IU> d'Audcrny; cette seigneurie passa cusuile entre les mains de M11* Bon, attachée à la personne de la duchesse d'Orléans ; puis enfin elle fut réunie au douiaiue en vertu de ledit du 2 septembre 1661. Quelques années après, Charles IV en disposa eu faveur des Chartreux.

Ce village, car c'çsl ainsi que Bosscrville était quatilié, n'avait jamais, à ce qu'il parait, acquis une bien grande importance. Il se composait, outre le château qu'y avait fuit bâtir la famille de Lisseras, de sept ou huit petites maisons y aliénant, où logeaient les officiers et domestiques des seigocnrsj de deux censés ou habitations de fermiers, un peu plus éloignées du château, appartenant, l'une à MM. de Lenoncourt, l'autre à MM. de Lisseras ; et enfin du presbytère, qui appartenait à ces derniers, et de la petite église paroissiale, dont ils étaient les fondateurs.

Le château n'avait uullemenl l'apparence d'un manoir féodal ; c'était simplement une maison plate avec bassc-cour. Toutefois ce modeste édifice ne put échapper à la destruction : Louis XIII le fit démolir en 1636, pour punir le sieur d'Anderny d'avoir suivi son prince légitime et de lui être resté fidèle dans le malheur.

L'église, ou plutôt la chapelle, subsista plus longtemps. La cure de Bosscrville, dont le patronage appartenait, ainsi que je l'ai dit précédemment, aux dames de Bouxières, avait toujours été d'un revenu tellement modique, qu'il suffisait a peine h la subsistance du curé. Aussi, dans l'origiue, c'étaient de9 prêtres de Nancy qui y venaient, le dimanche, célébrer les offices et administrer les sacrements. Afin de remédier à cet état de choses et avoir un curé résident, Louis de Lisseras ajouta aux revenus de l'éj;li<c celui d'une chapelle sous l'invocation de sainte Catherine, érigée dans la paroisse ^ainl-Epvrc de Nancy, et donna eu outre au curé une maison et un jardiu situés J Bosscrville.

En 1684, les dames de Bouxières abandonnèrent aux Chartreux, moyennant une redevance perpétuelle de trois paires de resaux, les droits qu'elles avaient laul aux dîmes qu à la collation de la cure de Bosservillc. Celte dernière fnl

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éteinte, h cette époque, par une décision du promoteur de l'évèché de Toul, ef les Chartreux firent démolir la chapelle qui servait de paroisse, laquelle était située dans la cour de leur bâtiment cl a viugl pas de leur église ; il leur fut permis de choisir un curé du voisinage pour administrer les sacrements à leurs ouvriers et domestiques, el à leur fermier, le seul habitant qui restât alors.

Bosscrville, malgré son peu d'importance, n'avait pu échapper au pillage el aux dévastations qui signalèreut, au XVII6 siècle, le séjour des troupes ennemies dans nos contrées. On lrou\e, à ce sujet, de curieux détails dans le procès-verbal dressé, le 6 février 1666,^par MM* François Serre, seigneur de Clévanl, et Nicolas'Rousselol, seigneur dilédival, conseillers et auditeurs eu la Chambre des Comptes , commissaires députe* pour mettre les Chartreux en possession de la terre et seigneurie de Bosscrville.

u Nous avons reconnu, disent-ils, qu'audit Bosscrville il ne reste à présent aucun bâlirueul que l'église, la maison du censier, avec les grange, écuries cl élablerics en dépendant, ensemble une autre maison dépendante qui appartient à MM. de Lenoncourt, n'élaul resté aucuns vestiges du château que quelques fondements ; el à l'égard desdiles deux maisons qui restent, celle de Son Altesse, grange, écuries el étableries, se soûl trouvées en fort mauvais état, les murailles menaçantes de ruines de toutes parts par leur cadacilé, el les bois de toitures élanl cnlièxeniem pourris, el les couverture» aussi en très-mauvats état.

» Les bois qui, avant les guerres, liaient do haute futaie, ont été dégradés par la garnison de Naucv cl sonl réduits en méchantes râpai Iles.

u La chaussée de l'étang est rompue, et celuici est couvert de broussailles.

Les prés cl pàquis sont couverts de broussiillo el d'épines.

u La vigue située près de l'église, qui étoit autrefois fermée «le haies, est h présent ouvert eu plusieurs endroits, et le bétail y cutre libromeut. Les autres vignes sont entièrement ruiner, et il ne paraît pas qu'il y en ail eu du passé, sinon par quelques vieux tocs restés en quelque» endroits.

n II ne reste aucuns vestiges du moulin, situe sur un ruisseau qui sépare le ban de Bosservillc de celui d'Art-sur-Mcurlhe, sinon quelques mu-

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railles cachées sous les buissons qui y ont crû, ledit moulin ayant été brûlé an commencement des guerre..... •»

Les droits dont jouissaient les Chartreux, seigneurs de Bosserville, sont énumérés dans le procès-verbal suivant des plaids aunaux tenus dans cette localité en 1788 : u Les prieur et religieux de la chartreuse de Bosserville sont seuls seigneurs hauts, moyens et bas justiciers du village et ban de Bosserville... En celle qualité, ils ont droit de créer un maire et autres officiers pour l'administration de la justice, de les chauffer quand bon leur semble ; de faire ériger audit lieu un carcan et autres signes patibulaires pour l'exécution de ladite justice, comme aussi d'établir un forestier et garde-rivière pour la conservation des bois et de la pèche dans la rivière qui cooie le long du ban de Bosserville, et aussi pour le ruisseau qui coule au milieu do l'étang de la Harcarerie sous Laueuveville.

» La pèche dans la rivière de Meurihc depuis les chaufTours -de Sainl-Phlin jusqu'à la vanne de Toiuulaioe, appartient en loute propriété auxdits pères Chartreux, sans que personne ail aucun droil d'y pécher, depuis le rachal qu'ils ont fait de l'botel-de-villc de Nancy, le 9 mars 1784. LesdtU Chartreux ont droit de marcarerie, bergerie avec parcours sur les baus voisius, droit de colombier et autres appartenant à la haute juslice... Toutes épaves cl confiscations, allrahicrcs et amendes qui se font sur le ban de Bosserville, appartiennent aux seigneurs.

<v IJ n'est permis à aucun habitant de vendre tîo en détail sans la permission des seigneurs cl sans que la justice eu ail réglé le prix ; lesquels gens de justice visilcroul les mesures pour vérifier si elles sont justes, et leur sera payé i gros par fpièce d'un virlis, et des autres à proportion.

n Le moulin de Bosscrvil'e est banal ; les habitante du lieu sont obligés d'y porter moudre leurs blé et grains, k moins qu'il u'y ait point d'eau, et en ce seul cas, les laboureurs pourront moudre ailleurs deux resaux de grains à la fois, el les manoeuvres un demi-rcsal, de quoi ils seront obligés de donner avis au meunier par acte, à peine d'amende arbitraire el des dommages cl intérêts en résultant el de confiscation du surplus.

n Tous ceux qui possèdent héritages sur ledit ^aa sont obligés de comparaître une fois l'an au

jour fixé pour la tenue des plaids annaux, à peine de dix sols d'amende, au paiement de laquelle somme ils scrout contraints par saisie desdits héritages.

n Tous nouveaux possesseurs par droil d'héritage, d'argent, échange ou autrement, doivent chacun dix sols pour droit de revélure desdits héritages situés sur ledit bao, qu'ils sont obligés de payer quarante jours après main-morte, et faute d'y satisfaire, lesdils héritages sont confisqués au profit du seigneur, a

LA COABTREUSE.

Je vais compléter par quelques détails, pour la plupart inédits, ce que j'ai dit, dans la Statistique, de la Chartreuse de Bosserville, l'un des plus beaux monuments religieux que possède noire pays.

La première pierre des bâtiments de la Chartreuse fut posée par Charles IV, fondateur de celte maison, le samedi de l'octave de la Visitation Notre-Dame 1666. On se servit, pour les constructions, de pierres de taille provenant des démolitions des fortifications de Nancy, des châteaux do Custines, de l'oni-Sainl-Vinceut cl de Bosserville.

En JOfiî), il y avait déjà assez de bâtiments terminés pour qu'où put y loger, cl l'on célébra la première messe, le 7 décembre île celle année, dans une petite salle destinée à servir plus tard de chapelle domestique.

En 1670, deux Chartreux s'installèrent dans les premières cellules, el l'on commença la construction de l'église.

En 1673, le cœur de Charles IV, eufermé dans un cœur de plomb, qu'on recouvrit ensuite d'argent, fut apporté à la Chartreuse, et déposé provisoirement dans une chapelle à côté de l'Evangile.

En 1680, la communauté se composait de six religieux, et, en 1C81, de huit.

En 1685, on bénit la première chapelle près du Chapitre, sous l'iuvocation de sainte Maric-Made laine. L'anuce suivante, on lit la bénédiction d'une seconde chapelle, qui fut dédiée a saint Pierre.

En 1691, l'Intendant dé Lorraine fut chargé de reconuailre l'étal des bâtiments de la Chartreuse, et il constata que les bâtiments achevés, sVIcvant alors vers la première corniche du por tail de l'église, avaient déjà coule I26,l?03 livres.

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Le 7 oclobre 1712, M. de Camilly, évêque de Toul, consacra l'église.

Le 20 mai J 747, le corps de Charles IV, qui était resté jusqu'alors en dépôt chez les Capucins de Coblentz, fut apporté à la Chartreuse et inhumé dans le caveau.

Le 14 janvier 1723, on y apporta également le corps du prince Charles-llenri de Vaudémont, fils de Charles IV. Son cœur fut déposé dans l'église avec ceux de son père et de la princesse Anne-Elisabeth, sa femme.

En 1791, la Chartreuse était transformée en ambulance ; on vendit une partie des meubles qui y étaient renfermés et des panneaux de lambris. C'est à cette époque que furent enlevés, sans qu'on ait pu les retrouver jamais, les cœurs de Charles IV, du prince de Vaudémont et de la princesse Anne.

Le 27 ventôse an VI, les bâtiments furent vendus, comme propriété nationale, pour trois millions trois cent mille francs, dont un dixième seulement payable en numéraire, cl l'on y établit une manufacture.

En 1814, la Chartreuse servit de nouveau d'ambulance. Depuis lors elle n'eut plus aucune destination spéciale, jusqu'en 4835, qu'elle fut rachetée et que les Chartreux en reprirent possession.

On peut, pour se faire une idée de ce magnifique édifice , consulter le plan gravé par Collin, en 1752, ou celui qui a été fait, d'après le précédent, par M. Thorelle, en 1838. (J'ai publié, en 1851, une Notice sur les Chartreuses de Sainte-Anne et de Bosscrville.)

BOUCHE, petit moulin sur le territoire de Marsal.

BOUCOTTE. Nom d'un ban particulier situé près do la chaussée de l'étang de Rosières. Le 16 juin 4728, la Chambre des Comptes de Lorraine ascense à Gabriellc-Margucrile Noirel, veuve de Charles-Christophe Cucuillct, conseiller d'Etal et en la Cour Souveraine, 4 fauchées de prés situées sur le ban Boucotle, au-dessous de l'étang joignant la chaussée de Rosières, moyennant un cens annuel do 13 livres 7 sons 6 deniers. (T. C. Rosières 3.)

BOUCQ. Ou lit dans l'Histoire de Toul, du P. Beuoil Picarl, qu'en 1152^ Pierre de Brixcy, étant chanoine de Toul, souscrivit, en celle qualité, à la donation du fief de Douk, faite à l'ab-

baye de Rangéval par Goberl d'Apremont et Théodoric de Romont.

Par une charte datée de l'an 1222> Gobcrf, seigneur d'Apremont , reconnaît aux hommes <k Coruicvillc, serfs de l'abbé et du couvent deilangéval, l'usage des pâturages cl bois qu'ils avaient coutume d'avoir dans les forets communes de fa Voivre, dans l'alleu de Boucq (in allodio de Bouc).

En^ 1240, Joffrois, sire de J?oc, donne à l'église de Rangéval, pour le rachclement des àmci de son père et de sa mère, cinq resaux de froment chaque année, à prendre en sa part des fours de Boc.

- Au mois de décembre 1273, Ferry de Chambley reconnaît que Joffrois, sire de Boc en partic, et Hawis, sa femme, ont donné en aumône perpétuelle, pour leurs urnes et pour celles du leurs ancesseurs, à l'abbé et au couvent de Rangéval, deux muids de vin à prendre sur leur* vignes de Boucq. En 1275, le même Ferry, seigneur en partie de Boucq, donne également a l'abbaye de Rangéval, un muid de viu sur sa vigne de Boucq.

En 4283, Ferry et Gérard de Bouc renoncent, pour eux cl leurs hommes de ce lieu, à la prétention qu'avaient ces derniers de recevoir to»i3 les ans, le jour de leur féle, un chalrou de l'abbaye de Rangéval. (T. C. Abbayes.)

Le vendredi après la Saint-Martin d'hiver 4337, Colarl des Armoises, chevalier, el Robert de Jaulny font on échange par lequel ce dernier emporte toul ce que Colarl et sa femme pouvaient el devaient avoir u en la ville icBoukr, on ban, on Image el ens apparlcncnccs de ladicte ville, c'est assavoir en tole signorie et haltour, en hommes, en femmes, en masons, en granges, en terres, en preys..., en fours, en moulins, en justice haullc el baxe, en ameudes, en forfais, en morte main, en four mariage... n (Cart. La Chaussée.)

Le 6 décembre 4511, les habitants de Bouq obtiennent la permission d'avoir de petits fours en leurs maisons en payant dix blancs par conduit. (L. P. 1510-14.)

Par suite d'un échange fait, le 8 avril 4.x>7, entre le duc de Lorraine el la communauté de Boucq, le premier emporte pour lui lo bois de h Rappe, cl les habitants te bois le Roi.

Le pénultième octobre 1500, Christine de Da-

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