RÉSUMÉ
' Un premier point qui ressort de notre exposé, c'est qu'il n'y a pas de çojomuiie autononiç. Partout, sans aucune exception, la commune s'organise et s'administre conformément aux -prescriptions de la loi de l'État, laquelle est plus ou moins libérale selon les pays. L'esprit de la législation municipale est influencé par les traditions,' par le degré d'instruction répandue dans le pays et gar-dessus tout par la {xolitigue. L'influence de la politique est surtout prépondérante dans les pays où l'on fait ou espère pouvoir faire des agents électoraux des -maires; Gouvernement et opposition, chacun veut les avoir pour soi. Mais c'est là détourner les maires de leur mission : ils doivent être agents de la commune et agents de l'État, mais jamais instruments des partis. Aussi, dans les pays agités par la politique, la loi sur les maires est constamment changée ; pourtant l'action de
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ces magistrats ne peut être grande que dans les contrées arriérées. En tout cas, rien n'est pl4jis contraire aux vrais intérêts d'un pays que de vouloir constituer les maires agents d'oj^osition. Aucun parti gouvernemental, c'est-à-dire aucun parti qui espère gouverner à sontoor, ne peut y songer; ce serait détraquer une ^machine dont on pourra avoir à se servir demaTn. D'ailleurs, h maire n'est pas loutela oonamune. Si Ton veul, avec Tocquevillc', Vivien J3t d'autres publicistes éminents, que la commuée devienne une école d'esprit public, il faut multiplier ses attributions; mais le peut-on si le maire est ou peut devenir un instrument de l'opposition ? Plus on voudra élargir l'abîme entre le Gouvernement et le maire, moins on pourra concéder de pouvoir à ce dernier, moins aussi on pourra accorder d'attributions au conseil municipal. La politique a des conditions d'équilibre auxquelles personne ne peut se soustraire. De là vient aussi que, quoique généralement l'administration communale française ne soit, quoi qu'on en dise, pas moins libre que celle de la plupart des autres États,
si quelques pays sont, sous ce rapport, mieux partagés que nous, c'est qu'on y tient moins à se faire un instrument de l'autorité municipale. Nous nous apercevons que, contrairement à nos intentions, nous avons effleuré la politique; nous nous sentons en droit de dire que nous l'avons fait sans passion et sans arrière-pensée. Nous avons soumis la question à un examen scientifique et sans parti pris. Nous avons l'habitude de consulter la science, mais nous se lui dictons jamais ses réponses.