INTRODUCTION. XV
sont pas encore distincts les uns des autres, il réunit à ses attributions de juge les attributions d'administrateur. Sans cesser d'appartenir au prince, il appartient de plus en plus à la commune.... C'est lui qui lève les impôts, pourvoit aux travaux publics, entretien de l'enceinte, pavage des rues, etc., exerce la tutelle des orphelins. A côté de ses attributions de juge, qu'il tient du prince, il acquiert ainsi des attributions administratives que la commune lui délègue, et il les ; quiert par la force des choses. »
C'est, au contraire, dans des villes où la commune s'est faite contre le seigneur, — à Laon, à Noyon, à Saint- Quentin, — qu'apparaît parfois un échevinage distinct de la municipalité. Là, le seigneur a prétendu ne rien abandonner de ses droits; il a lutté pour conserver intacte son autorité ; il a évité toute compromission avec les rebelles et a fait tout au monde pour maintenir sous son pouvoir exclusif les tribunaux de ses domaines, en particulier les échevinages, obligeant ainsi les bourgeois à confier leurs intérêts à un conseil nouveau, le conseil des jurés, qui se dresse en face de celui des échevins et se développe à son détriment.
Il n'y a donc, originairement, on le voit, aucune distinction à établir entre ces deux catégories d'échevinages ; seulement les uns se sont transformés en corps de ville; les autres ont conservé une existence indépendante et ont vu, de ce fait, leur importance décroître peu à peu.
Le caractère très général de ce livre nous interdit d'entrer plus avant dans l'examen des problèmes que