‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 15 sur 121 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

de préciser en quelques mots ce que M. Luchaire a écrit' au sujet de cette double catégorie d'échevinages qu'on rencontre dans certaines cités du nord et qui constituent les uns le corps de ville, les autres un tribunal juxtaposé au corps de ville.

On sait aujourd'hui que cette coexistence sous un même nom de deux institutions aussi dissemblables s'explique très simplement. Les communes, on se le rappelle, ont été fondées tantôt d'accord avec le seigneur, tantôt malgré lui et contre lui. Le premier cas s'est produit, par exemple, en Flandre, où, tout naturellement, le comte a cherché à conserveries organes essentiels de son gouvernement : l'échevinage, ou tribunal seigneurial recruté parmi les notables de chaque châtellenie et présidé par le représentant du comte, subsista donc et, dans chaque ville de commune, fut chargé déjuger suivant la loi, la « keure » adoptée par la bourgeoisie. Mais, comme l'a très clairement expliqué M. Pirenne% auquel nous renvoyons une fois encore le lecteur, « plus il se développe et se complique, plus le droit urbain se confond avec la vie même de la commune ». A la keure primitive on fait « bientôt des additions de toutes sortes rendues indispensables par les nécessités croissantes de l'activité municipale. Des règlements administratifs apparaissent, des mesures de tout genre s'imposent, et c'est l'échevinage qui naturellement se charge de veiller à leur application et de punir les contraventions. Il n'est plus seulement dès lors le tribunal de la ville, il en est aussi le conseil. A une époque où les pouvoirs ne

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