Dréquigm, Rechcrcltcs sur Us communes (Leber). p
LA CHARTE GOMMUITALE. 123
même titre que les originaux. Sous le bénéfice de cette reconnaissani e légale, elles lurent, en 1393, confirmées par le roi de France et transcrites dans un registre de la chancellerie*.
La destruction des titres pouvait avoir été si complète qu'il ne restât pas aux habitants la moindre copie des documents originaux. Telle est la situation dans laquelle se trouvèrent à la même époque les gens de la commune de Mayoc et du Crotoi en Ponthieu. Les archives avaient été brûlées en 1346, la veille de la bataille de Gréci, quand les Anglais entrèrent dans le Crotoi et y massacrèrent sans pitié 400 personnes. Les habitants s'adressèrent au roi de France, Philippe de Valois, le priant de faire rechercher dans les anciens registres du comté de Ponthieu leurs chartes et leurs privilèges, d'en faire expédier un duplicata et d'en donner en même temps une confirmation. Des recherches furent faites, en effet, dans ces registres : on y trouva la charte de fondation de la comnmne, qui remontait à 1209-. Philippe YI en confirma toutes les dispositions et en adressa copie aux habitants.
Il était fort heureux qu'au commencement du xiii'' siècle l'usage se répandîl, parmi les rois et les seigneurs, de faire transcrire sur des registres le texte des chartes expédiées. On n'avait pas toujours eu cette ressource. L'habitude de garder enregistrées les minutes des expéditions ne s'introduisit dans la chancellerie royale que sous le règne de Philippe Auguste. Quel moyen employait-on auparavant pour refaire les chartes d'une ville dont un accident semblable à ceux dont il vient d'être question avait fait disparaîlre les archives? Le cas s'est présenté en 1158, non pour une cité libre, mais pour une localité privilégiée, la villa des Mureaux, près de Paris. On ordonna une enquête. Le roi fit interroger ceux des officiers qui pouvaient avoir eu connaissance du privilège perdu, ainsi que les notables du pays, et le résultat de cette enquête permit de reconstituer (approximativement, tout au moins) la charte primitive. Le même procédé pouvait s'appliquer, sans doute, aux villes dotées du régime communal.