‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 69 sur 121 · I. Flammerinont, Ilisloirc de bcnlLt, p · texte numérisé non relu

I. Flammerinont, Ilisloirc de bcnlLt, p

élevé avec raison contre celte manière de raisonner, qui n'est pas scientifique. Sur l'autorité d'Augustin Thierry, les historiens ont été trop facilement portés à supposer partout l'élection des conseils urbains par le peuple et par tout le peuple, lorsque les textes n'en disent rien. Il n'est pas douteux qu'il ait existé, à partir de la fin du xin« siècle, un courant d'idées propre à favoriser dans les villes le développement des inslitutions démocratiques. Mais, de ce que les communes étaient organisées démocratiquement à l'époque (le Philippe le Bel, il n'en résulte pas qu'elles le fussent sous Louis YII ou sous Louis le Gros. On voit, au contraire, au xii'' siècle, les fonctions de pairs, de jurés oud'échevins exercées presque partout par les mêmes familles bourgeoises. L'administration municipale apparaît alors comme le monopole d'une aristocratie, qui se perpétuait dans les charges et en excluait soigneusement le bas peuple. 11 est possible que les collèges administratifs des villes libres aient été élus par le peuple à l'origine, au moment de la formation de la commune (et encore, nous n'avons, sur ce point, aucune certitude); mais depuis ils ont certainement cédé à la tendance naturelle de se recruter eux-mêmes et d'assimiler leurs charges à un fief transmissible dans la même maison. Si les documents ne permettent pas de connaître le procédé de recrutement du conseil communal, il serait donc téméraire de conclure que ce corps sortait toujours directement de l'élection populaire. Mais il ne faudrait pas non plus exagérer en sens opposé et prétendre, avec l'historien de la commune de Noyon, « que nous ne connaissons au juste, pour aucune ville du nord, le mode d'élection de la municipalité au XII*' et au xiii' siècle* ». L'affirmation est trop absolue. Sans parler de la charte de Rouen, où l'on voit bien, par le détail, comment les magistratures communales émanaient du conseil des cent pairs, mais où l'on ne trouve, ce qui est singulier, aucun renseignement sur le recrutement même de ce dernier collège, les historiens ont à présenter autre chose que des hypothèses sur la formation du corps municipal, dans des villes importantes comme Beauvais, Tournai, Amiens ou Péronne.

Page 1