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Giry, Établissements de Rouen, Ij

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mande. Les cent i)uirs désignaient parmi les notables trois candidats entre lesquels le duc ou le roi choisissait le maire.

Dès le milieu du xiu" siècle, l'usage de renouveler, tous les ans, le titulaire de la mairie et même les éclievins s'étend cl devient général. Les communes subissaient alors toutes, jilus ou moins, la tutelle du gouvernement capétien. Saint Louis voulut introduire une certaine uniformité, non seulement dans le mode, mais dans la date môme de l'élection. Par une première ordonnance, api)liquée [en 1262] à la Normandie, il décréta que, dans toutes les communes, le maire et les échevins sortant de charge lui présenteraient une liste de trois candidats parmi lesquels lui-même choisirait le nouveau maire. C'était le système de Rouen, très favorable au pouvoir seigneurial. La nomination devait avoir lieu le lendemain de la fête des saints Siméon et Judo. Par une seconde ordonnance, applicable cette fois à toute la France (c'est-à-dire à tout le domaine royal), il renouvela la seconde prescription, celle qui fixait la date des élections. Ces ordonnances furent mal exécutées, [et, presque au lendemain de leur promulgation, on constate] que la plus grande diversité subsiste pour la date des opérations électorales. Elles ont lieu à la Saint-Jean, le lendemain de la Pentecôte, dans la semaine qui suit Pâques, le jour de saint Pierre et saint Paul, à la Mi-Carême, etc.

Si le maire n'était élu que pour un an, les chartes et les usages locaux ne paraissent pas avoir lixé de limites à la rééligibilité. Il arrivait fréquemment que le même personnage remplissait, plusieurs fois et môme plusieurs années de suite, les fonctions de maire. Cependant, dans la commune de Bayonne, comme dans celles du Bordelais, on essaya de mettre un terme à ces réélections qui tinissaient par rendre illusoire le caractère électif de la fonction. On décida que le maire ne serait rééligibte qu'après trois ans, décision qui fut plus ou moins respectée en fait.

La reddition de comptes faite par la municipalité sortante et l'élection de la nouvelle donnaient lieu à des festins coûteux, dont le budget de la ville avait à supporter les frais. On peut citer, à cet égard, un document curieux : le compte de l'argentier de la ville deNoyon pour les dépenses

faites lors de l'installation du maire en 1286*. Il y eut, à cette occasion, deux banquets: celui de la reddition de comptes, auquel assistaient le maire, les compagnons de la Chambre, c'est-à-dire les jurés et un certain nombre de clercs marchands de la ville, et, le jour suivant, après l'élection du nouveau maire, un autre festin, auquel étaient invités, non seulement le maire, les jurés et les clercs marchands, mais tous les agents municipaux, les gardiens du beffroi, les sergents de ville et les portiers. Chaque banquet comportait un dîner et un souper. Il s'y faisait une consommation considérable de viandes de toute espèce.

Le nouveau maire, qu'on traitait parfois de seigneur, « sire », était tenu, lors de son entrée en charge, de prêter serment à la commune et à la principale autorité seigneuriale de la ville. Voici le texte du serment imposé aux maires de Noyon vers le commencement du xiv'' siècle^ : « Sire, vous jurez, sur la représentation du corps de Jésus-Christ et sur les saintes paroles des Évangiles qui sont ci-contre, que, dans la mairie, où vous êtes élu et oîi vous entrez, vous serez prud'homme et loyal, garderez le droit de monseigneur de Noyon (c'est-à-dire de l'évêque) et celui de la ville, que vous garderez aussi bien le pauvre que le riche, que vous ne ferez pas sonner la grande cloche sans le conseil et consentement de vos compagnons, si ce n'est en cas d'incendie, ou d'émeute, ou de bataille, que vous cèlerez les secrets de la Chambre, et ferez bien et loyalement tout ce qu'il appartiendra de faire à l'office de la mairie ». D'après les Etablissements de Rouen, le maire, au commencement de son année, jurait « de ne point faire solliciter le seigneur de la terre ni les barons pour rester maire au delà de son année, sinon par le commun consentement de la ville ».

Dans certaines communes, au lieu d'un maire, il y en avait deux. La charte de Beau vais, de 1182, autorise les jurés à élire un ou deux maires. Le dédoublement de la mairie paraît avoir existé, du moins à certaines époques, à Saint- Omer, à Saint-Quentin, à Amiens. Dans ce cas, les deux officiers différaient-ils en ce point que l'un représentait plus

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