‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 8 sur 121 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

munes étaient dues à un réveil des municîpes romains ; pour d'autres, les principes de libre association qu'elles supposent étaient évidemment un produit importé de Germanie; certains imaginaient d'aller chercher dans les ligues diocésaines, organisées au xf siècle par les évêques pour imposer la paix aux barons turbulents et aux pillards de grande route, des prototypes des fédérations bourgeoises. Il y avait bien là de quoi décourager les esprits pondérés, et l'on s'explique que M. Luchaire ait montré peu d'empressement à examiner pareilles théories.

Peut-être toutefois eût-il été prudent de réserver l'avenir et de ne pas déclarer « insoluble », comme il le fit en 1890', une question sur laquelle les travaux des historiens, en particulier ceux des historiens allemands, commençaient à projeter quelque lumière*. On s'était enfin avisé que toutes les prétendues explications fournies jusqu'alors non seulement ne reposaient sur rien, mais ne permettaient pas de comprendre pourquoi la révolution communale avait éclaté de toutes parts presque en même temps et avec une même intensité. Là était le nœud du problème, et le jour où les historiens en eurent clairement conscience, ils cessèrent de discuter dans le vide.

Il semble même, à l'heure présente, qu'ils ne soient plus très loin de s'entendre. Tous, du moins, s'accordent à reconnaître que le mouvement communal est en rap-

1. 1" édition, p. 11 : « Dans un livre élémentaire et synthétique comme celui-ci, on ne peut insister sur cette question des origines par la raison qu'elle n'est pas seulement controversable et controversée, mais insoluble ». Nous avons cru devoir modifier celte phrase dans la présente édition.

2. Voir sur ces travaux l'article déjà cité de M. Pirenne, Uorigine des constitutions urbaines, dans la Revue historique, t. LUI (1893), p. 53-83.

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