VIII INTRODUCTION
port direct avec le mouvement de renaissance économique des xi" et xii* siècles et qu'il s'est propagé d'autant plus vite et avec d'autant plus de force que l'essor commercial et industriel a été plus rapide.
Avant l'époque des communes, le grand commerce, en France, est une rareté : à la ville, comme à la campagne, le domaine du seigneur est le cadre habituel dans lequel est enfermée toute l'activité économique du pays. On produit et on consomme sur place, et les marchés mêmes n'attirent qu'une clientèle locale. Les villes ont perdu leur unité : elles sont faites de pièces juxtaposées, de groupes qui relèvent de seigneuries distinctes, laïques ou ecclésiastiques, et qui d'ordinaire, s'ils ne s'ignorent pas, vivent cependant chacun [de sa vie propre conformément aux règles du droit « domanial ».
Parfois l'animation est grande, surtout dans les vieilles cités épiscopales où les produits des champs et de l'atelier viennent s'emmagasiner afin de pourvoir aux besoins du prélat et du clergé, plus sédentaires que les princes féodaux et leurs suites. Comme la très justement fait observer M. Pirenne*, « le siège de l'évêché forme le centre de l'exploitation des domaines ecclésiastiques. C'est vers lui que se dirigent, sous la surveillance des villici^ les blés et les vins des pays environnants. D'autre part, dans la ville méuie, sous le moustier^ des hommes en grand nombre sont nécessaires à l'entretien de la cour épiscopale. Des servientes y sont chargés de cuire le pain, de fabriquer la bière, de tanner le cuir et de préparer le parchemin. On y rencontre des charpentiers,