Les compagnies de colonisation et le Conseil supérieur des colonies
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C'est avec plaisir, mon cher collaborateur, que je m'associe à votre Etude sur les Compagnies de celonissition.
Je suis d'autant plus à l'aise pour le faire que, lorsque je vous ai ouvert les colonnes de Marine et Colonies pour y combattre les opinions émises au sein du Conseil supérieur des Colonies^ opinions que je considère avec vous comme fausses, rétrogrades et dangereuses, sur les Compagnies à monopoles, je vous avais devancé dans cette voie.
Dès que furent jetées, en effet, les premières bases de ce projet de loi, je voulus me rendre exactement compte de l'accueil qu'on lui ferait dans notre domaine colonial. Je provoquai une enquête à cet effet et, à part quelques faibles exceptions, tous les conseils élus des colonies, les chambres de commerce et beaucoup de colons, un grand nombre même de chambres de commerce de la métropole repoussèrent avec énergie, et par des avis solidement motivés, toute idée d'organisation de compagnies à chartes,
Devant un pareil résultat, je continuai ma campagne contre le projet du Conseil supérieur, et j'ens néanmoins le regret de constater qu'une assez forte majorité lui fut acquise.
Vous m'avez Taillaininent aidé, mon cher collaborateur, dans cette lutte en faveur du droit, de Téquité, de la raison, et j'ai le ferme espoir que nos efforts réunis feront avorter, devant la représentation nationale, qu'on redoute tant, ce projet de loi qui nous ramènerait à Fépoque la plus néfaste de notre histoire coloniale.
Non, vraiment, je ne puis supposer un seul instant que le Sénat républicain français sanctionne par son vote un projet de loi décalqué absolument sur les vieilles formules de la royauté éteinte.
Il faut, sous Tégide de notre République, partout respectée, admirée et enviée, qu'il y ait place pour tous^ et non pas pour quelques-uns, dans notre vaste domaine colonial.
L'initiative privée, en matière coloniale, c'es^ la liberté I ' Les Compagnies à chartes seraient le despotisme.
Devant une telle alternative, le Sénat peut-il hésiter et après lui la Chambre ?