LES COMPAG:! : DÉ COLONISATION
Tout cela n'élait pas fait pour enrichir Île pays. Par surcroit, la politique religieuse du roi venail, au moins d'une facon intermittente, éloigner et mème chasser de l'ile deux catégories de colons, qui eussent été, leurs rares apliludes le prouvent, d'incontestables éléments de succès : les juifs et les religionnaires,
A vrai dire, la politique du roi n'élait pas, en ce qui les concernait, bien arrètée, J'ai précédemment cité un arrèlé qui défendait d'inquiéter les juifs de la Martinique. C:t arrèté en rapportail un autre de 1658 (1% février) qui leur interdisait de faire le voyage dans les iles à peine de confiscation. Mais le dernier arrèté élait lui-même rapporté en 1683 (30 septembre). Les juifs devaient sortir des iles dans le délai d'un mois. Aux environs de 1683, 168% (c'élait bien peu de temps avant la révocation de l'édit de Nantes), la politique religieuse du roi élail très décidément sévère contre les ennemis de la religion catholique : juifs et religionnaires. Aux religionnaires, il ne fallait (également 30 septembre 1683) ni permellre l'exercice de leur culte, ni donner aucun emploi dans les fermes,
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CAUSES D'INSUCCES 127 ni concéder aucune habilalion sans une expresse permission du roi. Un peu plus tard (12 septembre 168%), les lilulaires d'emploi dans les fermes élaient révoqués, Puis le temps passe. En 1687, la révocation de l'édit de Nantes apparait peut-ètre déjà au roi comme une faute, En tout cas, ces religionnaires qu'il chasse de France, s'il ne peut les convertir, il veut, aux colonies, si l'on ne peut les convertir, qu'on prenne « loules précautions qu'ils n'abandonneront pas les iles, parce qu'outre qu'ils seraient perdus pour la religion, ce serait une fort grande perte pour la colonie ». En 1688, il va plus loin, il ne veut plus qu'on les chasse: il veut qu'on les force à se faire habitants, et, pour les y engager, il leur offre l'exemptlion durant une année du droit de capitation. Mesures lardives, mesures contradictoires qui, enlevant aux rélormés loute confiance, toute sécurité, ne pouvaient les attacher à la colonie.
Enfin, à tant de raisons qui gènaient, appauvrissaient, désaffectionnaient les colons, venaient sen joindre d'autres qui inquiélaient, paralysaient, ruinaient les Compagnies : c'élaient ces intrigues de cour qui, le privilège de la Com-
pagnie étant chose avantageuse, s'efforçaient de faire conférer ce privilège à d'autres.
Dans son étude sur l'Acadie', M. Rameau Saint-Père a montré le brave Poutricourt, dépouillé sous un roi qui s'appelait lui-même Ilenri le Juste, par une intrigue de cour, du territoire qu'il avait colonisé. On en pourrait citer bien d’autres exemples.
Saint-Domingue en fournirait d'assez curieux.
On sait quelle faveur Louis XIV avait montrée pour les Compagnies, nous n'avons pas à le rappeier. Vers la fin de sa vie, son zèle élait passablement refroidi. Nous rencontrons, par exemple en 1713, un arrèl qui défend, au directeur de la Compagnie de Saint-Domingue, de rendre aucune ordonnance sans la participation du commandant du fort du Sud. Ce commandant était un.
militaire aux ordres du roi; le directeur était un civil aux ordres de la Compagnie : on imagine facilement combien l'accord entre eux devait ètre aisé.
Au lendemain de la mort de Louis XIV, mais dès le lendemain, ce qui n'était que de la sévé-