‹ Les compagnies de colonisation sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 44 sur 52 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Résumé et conclusions.

SOMMAIRE. — Les motifs invoqués Pour fonder ces Compagnies ONÙ varié; ceux du début : utilité, nécessite, Justice, n'étaient

Plus vrais au bout d'un siècle: l'opinion publique à égale. ment varié sur Le Compte de ces Compagnies : favorable au début, en général, elle leur a été hostile à la fin; — elles

n'ont jamais été libres, à aucune époque ; finalement elles ont été accaparées par le roi; — elles ne PEUVent fournir aucun ar£ument pour où contre Je rétablissement des Compagnies à charte,

Nous sommes arrivé au lerme de celte brève élude sur les Compagnies privilégiées de notre ancienne France. Il nous reste Maintenant à ramasser en quelques lignes, pour faciliter le Jugement définitif du lecteur, tout ce que nous aVOnSs eXposé au cours des chapitres précédents, ct, cela fait. à formuler une Opinion sur le carae.

ère et le rôle de ces Compagnies de Colonisation

et de commerce,

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Lin LES COMPAGNIES DE COLONISATION

Les Compagnies de colonisalion, j'entends les Compagnies à charte el investies de privilèges, ont été l'instrument préféré de presque toutes les puissances aux xvu® el xvin siècles : la Hollande et les Anglais ont, les premiers, donné l'exemple. Puis les Français ont suivi et les Allemands, les Danois, les Russes, ete. C'est en France, toutefois, que ce procédé semble avoir élé le plus employé, el, st la France ne peul se ‘anter d'avoir eu des Compagnies aussi puissantes que ses rivales (car qu'est-ce que même notre Compagnie des Indes comparée à sa rivale d'Angleterre?) peut-être en a-telle eu un plus grand nombre, J'ai donné une liste des prineipales Compagnies francaises, tout en faisant mes réserves sur lexaclitude el Île caractère définitif de ce recensement. Le nombre des Compagnies eilées s'élevait à 78. El ce chiffre n'est sans doute pas complet encore.

Les molifs qui ont faitque, durant deux sièeles. notre pays à eu, sans se décourager, recours au mème procédé de colonisation, je veux dire à Ta conslilulion de Compagnies privilégiées, n'ont pas élé les mèmes pendant toute celle longue

période. Ceux qu'on invoquail au début el qui

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RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS 179 étaient alors exacts, ont plus tard cessé de l'être, Ces motifs, au début, se résumaient dans trois mots : ulilité, nécessité, justice, Utilité il faut, par un privilège, allirer les capilaux, toujours limides; nécessité : il faut, parce privilège, empècher le dévelopement d'une concurrence onéreuse pour l'Europe fentendez pour les marchands d'Europe) et proltitable seulement aux indigènes des lerriloires sur lesquels se fait le commerce où la colonisation; de plus, il faut, pour des voyages aussi lointains, à travers des mers que tant d'ennemis surveillent, autre chose que des navires isolés: il faut de vérilables expéditions; justice 2 11 faut que ceux qui auront découvert, ou pacifié, ou assaini ces conlrées, gardent pour eux le bénélice de leurs premières et aléatoires entreprises.

Tels étaient Les motifs invoqués au début. El au début, tout cela pouvait ètre vrai. Mais, au bout d'un sièele, presque aucun d'eux ne tenait plus debout : les capitaux savaient ee que valuient ces entreprises; les frais de découverte, de premier élablissement, le droit d'invention, en un

mot, avaient été, st lon peul ainsi parler, rem-

boursés elamortis: l'insécurité alléguée des mers

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RL LES COMPAGNIES DE COLONISATION n'empèéchait pas le commerce très fructueux des interlopes, lesquels voyageaient toujours isolés, Restait le danger de la concurrence : ce danger était réel; loutes les fois qu'on proclama la liberté du commerce exotique, la présence des concurrents surexeita les indigènes ou les colons, qui vendaient alors plus cher leurs produits: les commerçants y perdaient beaucoup, et la consommation européenne n'y gagnait pas grand chose, Est-ce pour ce seul motif que lon mainlintles Compagnies de colonisation durant près de deux siècles?

Personne ne le croira.

Et, d'ailleurs, la réalité est qu'on ne les mainint pas durant deux siècles, au moins sur le mème pied. Les Compagnies privilégiées eurent une période de prodigieuse faveur, qui va de 1626 à 1715. Ces quatre-vingt-neuf années (Louis XIIT et Louis XIV), sur les 78 Compagnies dont je parlais plus haut, en comprennent 52. Le maximum d'activité est de 166% à 1698; pendant ces vingt-quatre années, il se fonda 19 Compagnies, parmi lesquelles la Compagnie des Indes orientales. Au contraire, à parliv de 1715 à 1785, c'est-à-dire durant

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