SAINT GAÉTAN DE THIENNE ET LES PREMIERS CLERCS RÉGULIERS
LE clergé séculier à la fin du XV® siècle. — Au début du XVI® siècle, l'Eglise de Dieu traversait une crise douloureuse. En rechercher les causes lointaines et prochaines nous obligerait à entrer dans des développements étrangers au sujet du présent travail. Qu'il suffise de dire que, sauf de trop rares exceptions, ni les religieux, ni le clergé séculier, ni les évêques, ni l'entourage du Pape, ni les Papes eux-mêmes ne paraissaient avoir conscience du danger qui menaçait les institutions chrétiennes et du conflit qui allait entrer dans la phase aiguë lorsque Luther inaugurerait la prédication protestante.
A la vérité, personne n'ignorait que de regrettables abus s'étaient introduits, contre lesquels il était nécessaire de réagir : le besoin d'une réforme profonde n'était pas mis en doute, mais il y avait à ménjagerles intérêts matériels des uns, l'amourpropre des autres, et tel qui proclamait que certains désordres n'étaient pas tolérables se refusait à se sacrifier lui-même et réservait sa sévérité pour les abus dont il ne profitait pas. On discourait longuement, mais on agissait peu.
La Providence se plaît à mettre en œuvre les instruments les plus humbles pour obtenir les effets les plus, grands et les plus durables, c'est ainsi qu'un prêtre modeste, Gaétan
COMPAGNIES DK PRETRES 1
de Thienne fut appelé à constituer une compagnie de clercs séculiers destinée à servir de prototype à d'autres sociétés qui travailleront à son exemple à renouveler l'esprit sacerdotal et à régénérer la vie religieuse.
Il ne faut pas chercher en Gaëtan de Thienne le génie puissant de saint Ignace, qui, avant d'établir la Gimpagnie de Jésus, avait commencé par méditer longuement sur le but et l'organisation intérieure de son œuvre ; Gaëtan, au contraire, fut un doux, presque un passif ou un timide, attentif aux appels de Dieu et aux indications providentielles, qu'il attendait avec docilité et il semble douteux qu'il ait eu, dans les premiers temps au moip s. une conscience claire dé la mission qui lui était réservée.
Issu d'une famille distinguée du Frioul, il avait fait à Padoue de fortes études juridiques, puis avait acheté à Rome une charge de secrétaire pontifical, qui le faisait entrer dans la corporation très honorée des protonotaires apostoliques.
C'était un milieu étrange que celui de la Cour pontificale au début du XVI® siècle. Là se trouvaient groupés des hommes de bonne naissance venus de toutes les parties de l'Italie et dont l'intelligence s'épanouissait dans le culte des Lettres et des Arts. Les leçons des savants grecs venus de Constantinople les avait initiés aux beautés des langues classiques, qu'ils s'appliquaient à manier avec la grâce cicéronnienne quand ils avaient à rédiger les Bulles et Brefs concernant les affaires de l'Eglise ; surtout dans leurs écrits profanes, on les sentait amoureux de la forme littéraire et parfois le pédantisme savait gagner la faveur qui n'était pas toujours réservée au génie. Il semble bien que les mœurs de ce temps-là aient emprunté quelque chose à l'esprit du paganisme; les austères préceptes du Christianisme paraissaient rudes à ces raffinés et à ces dilettantes ; écrivains et artistes ils pouvaient, grâce aux libéralités magnifiques des Papes, mener une large vie, et la morale épicurienne des. grands hommes de l'antiquité dont ils étaient les enthousiastes admirateurs avait déteint sur leurs caractères. Le Pape Léon X, gagné par l'engouement général
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pour le renouveau artistique, en était venu à faire preuve d'une indulgence presque illimitée pour de fâcheux écarts de jeunesse et même pour la perversité de quelques ingrats.
Servant l'Eglise avec conscience, les Humanistes n'oubliaient pas toujours leurs devoirs envers Dieu. Il s'était formé, à Rome et dans les principales villes d'Italie, des groupements pieux, tels que la société romaine « du Divin Amour », qui réunissaient des hommes désireux de s'exciter mutuellement au bien; mais ces petits cénacles restaient fermés aux profanes et comme mystérieux. Si utiles que fussent ces associations au point de vue personnel de ceux qui en faisaient partie, elles étaient conduites avec une réserve, qui avait peut-être son principe dans le respect humain; elles n'osaient pas se manifester au dehors; même pour s'engager sur le terrain de la miséricorde corporelle ou spirituelle, elles demeuraient comme repliées sur elles-mêmes et c'est d'mi pas hésitant que Gaétan s'y engagea : c'était pourtant là que Dieu l'attendait. Un long séjour qu'il dut faire à Vicence, sa patrie, auprès de sa mère mourante, lui procura l'occasion de se donner de plus en plus aux malheureux et de s'initier aux pratiques de la Charité. A Vicence, à Vérone, à Venise, où il eut à se transporter, son activité s'extériorisa et lui fit vaincre les répugnances de sa modestie; pour faire aboutir ses généreuses initiatives, il surmonta sa timidité naturelle et devint un puissant orateur populaire.
Quand il retourna à Rome, au bout de deux ans, il se trouva dépaysé : ce qui le passionnait autrefois, le laissait indifférent, il s'était fait une âme nouvelle, imprégnée de la tendresse et de l'austérité franciscaine, et son zèle ne faisait que s'enflammer à mesure qu'il comprenait mieux les besoins dé l'Eglise souffrant des insuffisances de ceux qui devaient la défendre et qui restaient sourds à l'appel du devoir. Au nombre de ses anciens amis, il en était cependant dont l'âme avait passé par une crise analogue à celle qui l'avait transformé ; les pieux colloques de là Société du Diyin Amour ne leur suffisaient plus et ils entendaient se sanctifier par l'action et l'exemple.
De là, sortit le plan d'une congrégation sacerdotale ayant pour mot d'ordre : « Vivre en prêtres, rien qu'en prêtres, se dérober aux honneurs, s'interdire toute situation lucrative, se réserver les ministères les plus obscurs et les plus dédaignés et pour cela se pénétrer de l'esprit de détachement poussé jusqu'à la pratique rigoureuse de la pauvreté ». C'est avec ce programme qu'ils allaient entreprendre la réforme du clergé séculier.
Gaétan de Thienne se sent appelé à travailler à fonder une société de clercs séculieris. — Il manquait à Gaétan et à ses amis un peu plus de confiance en euxmêmes ; il leur fallait un animateur, plus hardi, téméraire au besoin, mais qui les aurait entraînés dans les voies du sacrifice absolu ; cet homme vivait auprès d'eux, mais ils ne le connaissaient pas, et c'est la Providence qui se réservait de le placer sur leur chemin. Jean-Pierre Caraffa était napolitain, de grande et riche famille; il était aussi ardent, aussi impétueux que ses futurs compagnons étaient méfiants de leurs forces et de leurs talents. Incomparablement doué, Pierre Giraffa avait essayé à vingt ans de se faire moine, mais un de ses oncles, qui était cardinal, l'avait conduit à Rome, sous le pontificat d'Alexandre VII. Le jeune gentilhomme fut distingué par le Pape Jules II qui le nomma, à 28 ans, archevêque de Chieti, dans les Abruzzes, et l'envoya comme nonce, en Espagne, puis en Angleterre. Lors de son retour à Rome, Pierre Carafîa se vit conférer un second archevêché, celui de Brindes, et, en 1524, il avait reçu du Pape Clément VII la mission de veiller sur la conduite des membres du clergé romain, tâche dont il s'acquitta avec une grande fermeté.
Entre les caractères de Pierre Carafîa et de Gaëtan de Thienne, il y avait un contraste absolu et quand le Napolitain avait demandé à être admis dans la société naissante, il avait essuyé un refus formel. Gaëtan pouvait-il recevoir parmi ses disciples un homme qui avait rempli les charges les plus hautes? Il hésitait d'autre part à introduire dans son petit
cénacle mystique cette volonté impérieiise et violente? Ge fut la violence qui l'emporta : se jetant aux pieds de Gaétan, Giraffa le conjura de l'accepter pour l'un de ses compagnons et Gaétan, vaincu par cette mise en demeure, s'agenouilla à son tour et ouvrit ses deux bras à cette recrue qu'il n'avait pas désirée. Cette association de deux tempéraments si opposés allait décider du sort de la première congrégation de Clercs réguliers. Comme Caraffa était archevêque de Chieti (en latin Teanum) et qu'on l'appelait Yepiscoptts teatinus, la notoriété qui s'attachait à son nom fit donner à la communauté où il entrait le nom de Société des Théatins.
Un des points principaux de la règle était que les Théatins s'interdiraient la possession d'aucun bénéfice ecclésiastique; Carafîa, deux fois archevêque, commença par remettre au Pape sa double dignité épiscopale et s'appliqua à mener dans toute sa rigueur la vie humble et mortifiée qu'il avait souhaitée.
La pauvreté, telle que la comprenait le fondateur, devait être effective et aller jusqu'à la privation de l'indispensable; aussi, avant d'approuver l'institut, le Pape exigea que des atténuations fussent apportées à cet article. Il rendit à la Société le droit à la propriété collective et autorisa même les religieux qui avaient quelques biens à disposer de leurs revenus, sous le contrôle de leur supérieur. Bénis par Clément VU, le 3 mars 1524, les Théatins reçurent, le 4 septembre suivant, le Bref qui érigeait leur petite compagnie en ordre canoniquement approuvé. Le Supérieur, ou Prévôt, était élu chaque année et, après trois ans, il n'était plus rééligible. La règle conserva d'abord des contours assez imprécis et ne fut rédigée que plus tard dans sa forme définitive. Pendant que les Théatins cherchaient leur voie, ils plaçaient au-dessus de tout le devoir de la prière et récitaient en commun l'office de jour et de nuit; dans la journée, ils réservaient quelques heures au silence et au recueillement. Leur travail était le soin des âmes, principalement celles des malades, qu'ils allaient visiter, surtout quand ils étaient pauvres. Mais ils n'oubliaient pas que
la fin première de leur institut était la sanctification du clergé séculier; ils prêchaient d'abord par l'exemple de leur vie de travail et de détachement, et aussi cherchaient toutes les occasions d'atteindre les intelligences et les cœurs des prêtres en les convoquant à des conférences spirituelles et des retraites collectives. Ils recevaient dans leur maison les clercs qui se préparaient à l'ordination et s'efforçaient de leur faire connaître les obligations d'un état qu'ils auraient à honorer par leur zèle et la régularité de leur vie. C'est parmi eux qu'ils rencontraient des sujets qui, en s'agrégeant à la société, en procureraient le développement.
^ L'œuvre était déjà entrée dans sa voie définitive quand un coup de foudre vint en menacer l'existence.
Le Connétable de Bourbon, traître à sa patrie, avait été mis par l'Empereur Charles-Quint à la tête d'une armée de soudards protestants qui était venue ravager l'Italie. Les Impériaux marchèrent sur Rome, qui fut prise d'assaut en 1527; pendant sept mois, le Pape fut assiégé dans le château Saint- Ange, les palais de cardinaux furent pillés, ainsi que les maisons religieuses et celles des particuliers et Gaétan dut réclamer la protection de la République de Venise pour échapper à la mort. Quand il fut rejoint à Venise par ses compagnons, il eut à reconstituer sa communauté et, pour donner satisfaction à Pierre Carafïa, il conduisit lui-même dans le Royaume de Naples une colonie de ses fils, qui y transportèrent les méthodes d'apostolat qui avaient fait leurs preuves à Rome comme à Venise.
Il était facile de le prévoir dès l'origine de la fondation : Gaétan et Pierre Caraffa étaient de tempéraments trop différents pour ne pas exposer leur famille religieuse à des crises pénibles. Partageant l'autorité, ils se succédaient comme supérieurs, comme l'avait voulu la règle, mais imprimaient à la société des soubresauts qui n'étaient pas sans danger pour la formation et la persévérance des sujets. On vit bientôt que Carafïa se détachait insensiblement de sa communauté. Le nouveau Pape Paul III se souvint que déjà, sous Clément VII,
ce prélat d'une haute piété et de capacités hors ligne avait été employé par la Curie romaine à une mission de confiance, qu'il était capable de remplir d'autant mieux que l'âge et l'expérience le rendaient encore plus propre à servir l'Eglise. Pour ajouter à l'autorité de Pierre Carafïa, le Pape lui offrit de le faire cardinal : c'était l'enlever à une société dont une règle formelle proscrivait toute dignité ecclésiastique. Caraffa n'accepta que d'assez mauvaise grâce d'être séparé de ses compagnons, mais il se soumit et porta au service de l'Eglise toute la générosité et la vigueur de son caractère qui le désignait pour la fonction dont le Pape entendait le charger.
C'est à son initiative qu'est due la création du Tribunal du Saint-Office, armé de pouvoirs redoutables contre ceux qui étaient suspects de professer des opinions dangereuses pour l'Orthodoxie catholique. En même temps fut constituée la Congrégation de l'Index qui devait approuver les écrits traitant de matières ecclésiastiques et dresser le catalogue de ceux dont la lecture était défendue ; au moment où le Protestantisme se répandait dans toute l'Europe Chrétienne, les mesures énergiques inspirées par le Cardinal Caraffa préservèrent l'Italie de la contagion.de l'hérésie. De 1545 à 1552, le Cardinal prit part aux travaux du Concile de Trente et s'y montra le défenseur intransigeant des principes de la Foi. Quand le Concile fut interrompu, il ne cessa d'en réclamer la reprise et, après les pontificats troublés de Jules III et de Marcel II, le Conclave l'appela à la Papauté sous le nom de Paul IV. Ce n'est pourtant pas lui qui put triompher des difficultés qui empêchaient la réouverture du Concile; ce devait être l'œuvre de son successeur Pie IV. Il mourut à la peine, à 83 ans, en laissant la mémoire d'un pontife d'une indomptable énergie.
Développement de la famille Théatine. —
Gaëtan de Thienne était mort depuis huit ans, quand Pierre Caraffa s'était iséparé de lui, il avait pris pour auxiliaire son premier compagnon. Jacques Marinoni, qui gouverna sainte-
ment la communauté et qui a été béatifié. Quant à Gaétan, il se retira dans une profonde retraite où il se livrait à d'extraordinaires pénitences, en se préparant à la mort, qui vint pour lui le 7 août 1 547. Il a été canonisé par Clément X en 1 67 1 .
La famille théatine ne s'était propagée que lentement, aussi longtemps qu'avait duré le conflit entre les fondateurs; saint Gaétan ne recherchait du reste pas le nombre, mais la valeur spirituelle de ses religieux, il se montrait peu facile à admettre des sujets nouveaux; il préférait travailler en profondeur.
Après lui, les Théatins se répandirent dans toute l'Italie, en Espagne, dans les Etats impériaux et en France, où ils possédaient à Paris un riche couvent qu'avaient doté les libéralités du Cardinal Mazarin.
Ce qui empêcha la Congrégation de prendre jamais une grande extension c'est qu'elle n'avait pas un but bien défini; sans s'être beaucoup recrutée, elle compta parmi ses membres des savants, des écrivains, de nombreux évêques et plusieurs cardinaux. C'était un théatin que saint André Avellin, l'ami de saint Charles Borromée, qui fut canonisé et dont la fête est célébrée le 10 novembre.
Actuellement, les Théatins ne sont pas plus de quelques dizaines, leur maison généralice est à Rome près de la magnifique église de saint André délia Voile, qu'ils sont chargés de desservir.
Autres communautés séculières fondées au XVI® siècle. — L'exemple donné par saint Gaétan devait être suivi, et dans les dernières années du XVI® siècle, il se fonda de nombreuses sociétés de prêtres séculiers, dont sept au moins ont prospéré : les Somasques, les Barnabites, les Clercs de la Mère de Dieu, les Clercs Mineurs, les Doctrinaires, les Clercs des Ecoles Pies et les Pieux Ouvriers, de Naples.
Toutes avaient pour but principal de travailler à la sanctification du clergé, et deux d'entre elles allaient devenir de puissants instituts enseignants.
C'est en 1528 que saint Jérôme Emilien créa la congrégation des Somasques, approuvée par Clément VII en 1540. Missionnaires et éducateurs, ils avaient à la veille de la Révolution plus de cent collèges, qui disparurent presque tous et ne se sont rouverts que péniblement. Saint Jérôme Emilien a été canonisé par Clément XIII en 1767.
Les Barnabites ont été fondés à Milan, en 1530 par saint Antoine Zaccaria, médecin de Crémone et ont été approuvés par Clément VII en 1533. En ce temps, l'Italie du Nord venait d'être ravagée par l'invasion étrangère et elle était menacée par les progrès du protestantisme. Secourir les malheureux, recueillir les orphelins était une œuvre qui attirait le dévouement de tous les hommps de cœur, mais, d'autre part, il fallait s'arrner pour engager la controverse contre les prédicants hérétiques et préserver le peuple fidèle contre la séduction des fausses doctrines.
Le saint fondateur devait mourir dès 1539, à 37 ans, mais son œuvre s'était fortement enracinée et ses fils contribuèrent puissamment à conserver la foi en Lombardie. Ces premiers succès déterminèrent le Pape Clément VII à envoyer les Barnabites dans le Béarn, dont la population avait été contrainte par Jeanne d'Albret à embrasser le Calvinisme; c'était une des conditions qui avaient été mises à la réconciliation du roi Henri IV, quand il s'était converti. Non seulement les Béarnais furent ramenés à la croyance de leurs pères, mais la fondation de plusieurs collèges contribua à fortifier la foi dans ce pays qui n'a pas cessé de rester profondément chrétien, même pendant la Révolution.
En entendant parler de l'apostolat des Barnabites en France, saint François de Sales les avait attirés dans son diocèse et utilisa leur concours lorsqu'il entreprit de ramener au catholicisme les calvinistes du Chablais.
Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, les appela à son tour, il leur donna le couvent de saint Eloi, près de Notre-Dame; il les aida à fonder plusieurs collèges dans la région parisienne.
En même temps, les Barnabites s'établissaient à Vienne en Autriche et prenaient possession à Rome de la belle église de •San Carlo ai Catinari, qui fut achevée en 1660.
Enfin, ces bons ouvriers apostoliques furent invités par la Congrégation de la Propagande à fournir des missionnaires pour les pays de l'Extrême-Orient, ils évangélisèrent successivement la Chine, le Siam, la Birmanie et le dernier d'entre eux ne rentra en Europe qu'en 1 806.
La Révolution avait profondément éprouvé la société, qui ne se reconstitua solidement qu'après 1815. Ils forment actuellement sept provinces composées de 400 religieux. Depuis 1906, ils ont fondé des stations au Brésil et ils ont reçu il y a peu de temps un district dans l'Extrême-Orient.
Les Ministres des Infirmes, fondés en 1582, se consacrent exclusivement au soin des malades. Leur instituteur, saint Camille de Lellis, était espagnol, mais c'est à Rome, qu'avec les encouragements du Pape Grégoire XIII, il réunit ses premiers compagnons, qui formèrent une société de clercs réguliers, ayant quelque similitude avec celle qu'avait fondée saint Jean de Dieu. Composée de prêtres et de frères, elle dirige des hôpitaux où les soins du corps sont prodigués en même temps qu'il est travaillé à la guérison des âmes.
Très éprouvée par les révolutions qui se sont succédé en Italie, les « Camilliens » ont repris une activité nouvelle en se répandant dans diverses contrées de l'Europe et jusqu'en Amérique. Ils sont au nombre de 400 et ont dés noviciats en Lombardie, en Allemagne et dans les Pays-Bas. Leur Supérieur général réside à Rome près de l'église dédiée à saint Camille de Lellis, canonisé par Benoît XIV en 1746.
Les Clercs réguliers de la Mère de Dieu ont été institués à Lucques par le Bienheureux Jean Leonardi. Clément VIII les appela à Rome et Paul V essaya de les faire fusionner avec les Clercs des Ecoles Pies, mais cette association de missionnaires et d'éducateurs ne pouvait être durable et, en 1617, les deux
sociétés reprirent leur mutuelle indépendance. Les Clercs de la Mère de Dieu renoncèrent à l'enseignement pour se consacrer exclusivement à la prédication. En 1910, cette communauté ne comprenait pas plus d'une trentaine de membres, avec six maisons dont cinq en Italie et une dans la Principauté de Monaco, où elle dessert la paroisse de Saint-Charles.
Les Clercs Mineurs ont été institués à Naples, en 1588 par le Vénérable Augustin Adorno, noble génois. Les Papes Sixte- Quint et Grégoire XV les ont approuvés comme communauté de clercs réguliers. Adorno étant mort prématurément eut pour successeur un jeune patricien napolitain, Ascagne Caracciolo qui, par dévotion pour saint François, changea son nom en celui de François, sous lequel il a été canonisé, en 1807, par Pie VIL
Il ne semble pas que les Clercs Mineurs aient jamais possédé de nombreuses maisons; ils desservent à Rome le sanctuaire de Santa Maria in Lucina et Pie XI vient de leur confier la nouvelle paroisse des Saints Anges Gardiens, hors de la Porte Nomentana. Leur général réside à Rome à Sant Angelo in Pescheria.
C'est aussi à Naples qu'a été fondée la Société des Pieux ouvriers par le vénérable Charles Caraffa, le cousin du co-fondateur des Théatins. Charles Caraffa réunit, en 1601, quelques prêtres qui se proposaient de travailler à la préservation des jeunes filles exposées à tomber dans le désordre. Ils s'employaient aussi à prêcher des missions au peuple des campagnes.
Le Chapitre de Saint-Pierre de Rome leur donna le couvent de Sainte-Balbine, pour y établir un refuge. Le Supérieur général habite Rome,