SCÈNE PREMIÈRE
LAMBERT, puis POIVRIER, MONNERON, FRAPPART, plusieurs COMPAGNONS MAÇONS, puis ANDOCHE.
LAMBERT, tenant un petit drapeau tricolore, et paraissant sur le toit. Arrivez, les coteries! il s’agit de planter le drapeau, d’arroser la maîtresse du ramoneur... Oh ! hisse !..
TOUS, arrivant snr le toit.
Oh ! hisse!., (ils apportent un broc de vin et des verres.)
LAMBERT, criant*.
Camélia... ohé!..
ANDOCHE, du dehors, criant.
Là... OÙ!..
LAMBERT
Une demi-truellée au sac... et serrée...
ANDOCHE, du dehors.
Là... OÙ!..
et
CHOEUR
Air populaire.
Pcre Barbançon !..
Bon! bou!
Payez-vous d’ l’eau -d’-vle?
Oui! oui!
A tous les maçons.
Qu’a fait la maison.
POIVRIER
Mais ton gâcheur n’arrive pas vite.
LAMBERT
C’est qu’il est vif comme un chien de faïence, mais il a l’amour du plâtre et il arrivera, s’il ne se casse pas une patte... Ohé! Caméüa, ohé!...
ANDOCHE, paraissant avec son auge sur la tête**.
Ou... oilà...
MONNERON
Ah! voilà l’oiseau.
* Frap. Poiv. Lam. Mon.
** Frap. Poiv. And. Lamb. Mon.
Où faut-il porter ça... si plaît?
LAMBERT, qui a fait un trou pour y fourrer le manche du drapeau.
Amène ici.
ANDOCHE, avançant avec crainte.
Nom d’un d’ là !... Il y aurait z-une rampe, que ça ne serait pas une chose de luxe!
LAMBERT, lui aidant à déposer son auge.
Est-ce que t’as peur?
ANDOCHE
Peur?... Ah ! ce mot est sanglant; la peur et moi, nous n’avons jamais gardé les volailles ensemble.
Air de Lauzun (Doche).
Avec vous, sur le même toit,
Heureux le gâcheur qui respire !
Je n’ connais pas un seul endroit.
Où vous ne puissiez me conduire ;
Caron est heureux, selon moi,
De promener ses rêveries.
Quand on voit Paris en bas d’ soi.
Et qu’on le r’garde des tuiU’eries.
L’ maçon voit Paris en bas d’ soi,
Qu^Dd il est sur les tuilleries.
(il s’assied sur le toit.)
TOUS *
Bravo, Andoche!
LAMBERT, travaillant.
Tiens, c’est pas trop bète, ce qu’il a dit là.
POIVRIER
C’est sans s’en douter... Faut pas lui en vouloir à cet innocent. '
LAMBERT, qui a fini.
Là! v’ià le drapeau planté sur la citadelle... Hourra pour le drapeau!...
TOUS
Hourra ! hourra !
LAMBERT
Passez-moi le broc que j’arrose la cheminée, (il fait semblant de verser du vin sur la cheminée ; puis tous trinquent et boiveut sur les couplet» suivants.)
Air de La lichette (Ed. Donvk).
Soldat de la truelle.
Comme sur un rempart,
Sur cett’ maison nouvelle.
Plantons notre étendart.
* Frap. And. Poiv. Lamb. Mon.