‹ Les compagnons de la Truelle piece populaire, melee de chant en trois actes et neuf tableauxChapitre 49 sur 106 · TABLEAU V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

TABLEAU V, SCÈNE I

La victoire est complète ;

C'est l’instant de chanter: (bis.)

Un p’tit verr’ de piquette!

Mettons-nous en goguette!

Un p’tit verr’ de piquette.

Avant (bis.) de nous quitter.

Buvons, (4 fois.) avant de nous quitter

| TOUS

. Un p’tit verre de piquette! etc.

LAMBERT

Viv’ la maçonnerie,

Qui, mieux que le destin,

Du soleil et d* la pluie Préserv’ le genre humain.

. Des caves jusqu’au faite Nos voix doivent monter, (bis.)

Un p’tit verr’ de piquette, etc.

TOUS

Un p’tit verr’ de piquette, etc.

LAMBERT

Dans c'te maison peut-être Nos travaux s’ront bénis;

Les amours qui vont naître Y trouveront des nids.

Là, plus d’une amourette Va venir s’abriter, (bis.)

Encore un coup d’ piquette, etc.

* TOUS

Encore un coup d’ piquette, etc.

TOUS

Bravo ! bravo !

ANDOCIIE.

Ah! nom d’un d’ là!... ça me palpite dans le cœur !...

POIVRIER

V’ià qu’est fait!

LAMBERT

C’est ce qui te trompe, c’est pas encore fait... j’ai un raccord à finir, à la façade, à la corniche.

POIVRIER

Eh ben! quoi! ça sera pour demain... Tu vas ben venir' faire un tour à la barrière avec nous ?

MONNERON

Il s’agit de manger le pourboire de l’entrepreneur... Tu ne peux pas déserter !

LAMBERT

Non, merci; vous savez ben que j’ai fait une croix sur la barrière.

POIVRIER

Ahçà... c’est donc vrai ce que cancanne le Lorrin?

LAMBERT

Qu’est-ce qu’il chante?

MONNERON

Il chante que t’es rajeuni, au point qu’on t’a remis un bourrelet et des lisières, et que tu te laisses mener par une crinoline.

POIVRIER

Et enfin, que tu n’es plus un homme, quoi !

ANDOCHE, se récriant.

Oh! oh! oh!

LAMBERT

Eh ben ! s’il veut venir me chanter cette romance-là à trois pouces du nez... je me charge de l’accompagnement... et il saura ce que c’est qu’un homme...

POIVRIER

Une querelle aveo Lorrin, mauvaise affaire!

MONNERON

J’aimerais mieux avoir un rhume de poitrine.

Il est donc bien fort, ce cadet- là?

POIVRIER

Non ; mais c’est qu’il est traître.

LAMBERT

Oh! je ne crains pas plus ses traîtrises que ses coupsde poing.

MONNERON

Faut mieux prouver qu’il a tort, en v’nant avec nous.

LAMBERT

Non , les coteries , merci ; je vas finir la corniche : allez, je n’ai pas besoin de vous, Andoche me suflit.

POIVRIER

A ton aise ! Quand t’auras fini ton vœu de chasteté, tu nous reviendras.

TOUS

Allons... au revoir, Lambert !

LAMBERT

Amusez-vous bien et ne vous grisez pas trop !

choeur. . •

Air : Friandise.

A l’ouvrage!

Et du courage!

Il n’ faut pas, dans uotr* métier.

Avant d’étre Passé maître,

S’effrayer D’ùtre ouvrier.

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