GUILLAUME ET LAMBERT
Lorrin !
LORRIN.
J’étais là, j’ai tout entendu,
* Lor. Lam. Guil.
** Lor. Guil. Lam.
**' Guil. Lor. Lamh.
TmElV VII, 6CSNE ir.
GUILLAUME, au désespoir.
Tu vois, Lambert.
LAMBERT, à Lorrin, avec colère.
Toujours en dessous, donc !
LORRIN.
Ne nous fichons pas ! C’est très-heureux pour vous, père Guillaume, que. le basard m’ait conduit ici... Car ces trente mille francs, que vous devez, vous pourrez les avoir demain matin, si vous voulez.
GUILLAUME
Les avoir' !
LAMBERT
Demain matin?..
LORRIN.
Je me charge de les trouver.
Toi?
LORRIN.
Moi!
GUILLAUME
Et à quelles conditions?
LORRIN.
Sans conditions.
GUILLAUME
Sans conditions... Trente mille francs!
LORRIN.
Qui ne devront rien à personne, que vous rendrez quand vous pourrez, quand vous voudrez... qui tous seront versés sans engagement, sans signature.
GUILLAUME
Mais ce serait la vie que tu me rendrais!
LAMBERT, à part.
Qu'est-ce que ça veut dire?..
LORRIN.
Vous savez, père Guillaume, que je n’ai jamais été vantard, ni hâbleur?
GUILLAUME
Ça, c’est vrai.
LORRIN,
Le moment, d’ailleurs, serait mal choisi. Rendez-vous demain chez vot’ nièce, dans la matinée, c’est elle qui vous remettra la somme.
LAMBERT
Madeleine? . .
GUILLAUME
Ma nièce?
LORRIN.
C’est tout ce que je peux vous dire ce soir; et maintenant,
j’ voudrais parler à Lambert d’une autre affaire qui le regarde... et si vous voulez bien nous laisser seuls...
GUILLAUME
Oui... oui... Mais, en vérité, je crois que je rêve.
LAMBERT
Moi aussi.
LORRIN.
A demain donc, père Guillaume, comptez sur moi et sur votre argent.
ENSEMBLE
Air : Gentille moscovite.
Quoi ! par son entremise,
Je pourrais me sauver?
0 bonheur! ô surprise!
Vraiment, je crois rêver.
LAMBERT
Quoi ! par son entremise.
Il pourrait le sauver?..
O bonheur! ô surprise!
Vraiment, je crois rêver!
(Le père Guillaume sort par la droite.)