LES COMPAGNONS PE T,A TRUELLE
moins de ces beaux parleurs de carrefours, qui se croient bien malins et qui ne sont que de iichus imbéciles... voilà mon opinion .
E\ je la partage !
LAMBERT
Mpis, dans ce cas-là, père Guillaume, il n’y aurait que des ouvriers, qui ne pourraient jamais devenir des entrepreneurs...
GUILLAUME
Ainsi, à ton dire, il faut absolument savoir écrire en bâtarde, pour faire de l’entreprise?..
LAMBERT
Et lire, et compter!., oui !
GUILLAUME
Et pourquoi ça? L’homme qui connaît à fond la partie, qui sait le prix des matériaux qu’il achète, qui connaît la valeur de chaque ouvrier qu’il emploie, qui paye comptant, et qui fait de sa tête son grand livre, celui-là ne vaut-il pas autant que celui qui n’est occupé qu’à mettre du noir sur du blanc?
LORRIIS.
Sans compter qu’à force d’aligner des chiffres, et de connaître la soustraction... il y en a beaucoup qui posent zéro et qui retiennent tout.
GUILLAUME
Ah! ah! ah! ça s’est encore vu ça... (se levant.) Groyez-moi, les enfants, dans le régiment de la truelle, les meilleurs officiers sont ceux qui lisent le moins et qui gâchent le mieux.
Air : De mes légèretés vous connaissez la liste énorme.
Nous sommes les soldats Du régiment de la truelle ;
Ce régiment modèle Travaille et ne raisonne pas.
Depuis l’àg’ de dix ans,
J’en porte l’uniforme ;
Heureux, je me conforme A tous ses règlements.
J’eus mes jours de combat Et mes jours de victoire,
Car j’ai mis tout’ ma gloire A bien fair’ mon état.
Cbaqu’ fois que de nouveau Un’ maison s’ trouvait terminée,
Sur le haut d' la ch’triinée Fiôr’meut je plantais mon drapeau.
Dans plus d’un bataillon.
J’ai formé des recrues;
Plus d’un maître maçon