V. était temps
Une épouvantable détonation ébranla tout b coup ta montagne transformée en volcan; te ciel parut en l'eu: le sol se joncha de débris qui pouvaient de looks paris daus les ans.
1 o vieux burg de Uusoiulial avait sauté»
xxm
^Hogue.
ïluît jours après la catastrophe qui vient do terminer le chapitre précédent, le rivage rocheux et sauvage du Ncokeï présentait, à quelques lieues au-dessus d'Heidelberg, uu eût rieux et pittoresque spectacle.
Trois de ces grands bateaux aux flatu s arrondis qu’on reconnaît au premier coup d’œil pour appartenir à des ports hollandais, étaient ranges le long des berges du fleuve avec lesquelles ils communiquaient par des pouls volants.
Sur ccs passerelles déniaient un par un, des hommes à figures étranges qui paraissaient s'embarquer pour uu voyage d'oulre-iner.
C’étaient effectivement tes Compagnons oe Minuit.
Reynold, Bouton-d'Or et l'üiui iuck présidaient au départ pour l’Amérique et tenaient chacun une longue liste dont ib appelaient au fur et à mesure tes noms.
Les visages des trois lieutenants, — Bouton-d’Or et l’emi Jack venaient d’étro promus à ce grade, — rayonnaient de contentement et d’cspcrunce. Ils sentaient qu'à dater de ce jour la régénération commençait pour eux.
Los hommes qu'ils commandaient paraissaient également allègres. Non-seulement toutes les promesses leur avaient élé | tenues, non-seulement ils espéraient au delà des Dénia fortune, mais encore ils emportaient la moitié de leurs trésors mal acquis. L'autre moitié avait été dévolue aux pauvres.
Pour opérer cc partage, on était allé tout naturellement à Francfort. On avait ouvert la maison de la rue des Juifs. Après avoir relevé le cadavre putréfié de DéboraU ; après avoir abattu à coups de bâche l'inexorable porte, ou était entre dans le wwçsa, •
Là, un horrible spectacle attendait les envoyés du grandduc : Hérodc et Schwartz, hideusement défigures tous les deu* ar In mort, étaient étendus en face l’un de l'autre. Le battit s était dévoré la moitié du bras gaucho; Le juif semblait le poursuivre encore de son rire infernal.
Mais revenons aux bords du Rhin.
C'était par une douce et riante matinée de la fin do mai ; le soleil levant commençait à surgir au sommet do la montagne et découpait en noir, sur lazur du ciel, le clocheton gothique d’une petite chapelle perdue dans les uois.
Tout alentour étaieul pittoresquement groopés les etudiants d’Heidelberg.
Sous le porche, fiertha, en bîanc'no toilette de mariée
Auprès de Bertha, Wilhem Arnold.
Ou plutôt, le baron Wilhem de Rosenlhal.
Le testa meut de Conrad a été ouvert; Conrad \ voûta que l'époux de sa sœur prit et perpétuât désormais l'antique uo.h do sa ùi mille.
Le graud-duca ratifié celle abdication suprême. Et Manne médecin et comme soldat, Wilheaj Arnold n a-f-il pes doubla ment mérité de devenir gentilhomme?
Les cloches cependant sonnent à joyeuses volées dans ici airs.
Wilhem et Bertha sont entres
Conrad s'avance à leur rencontre; il a accepte te vte, e’està-dire l'exil. Il est calme et résigné maintenant; U & efforce mémo de sourire au bonheur de Wilhem et de Bertha, dont il a voulu du moins un jour être ta témoin, liais son voulue tait mal à voir; car, à travers sou amertume on devine une incommensurable douleur.
A cette heure, peut-être, Ut couitcs^a Hctetio est ‘'landeduchesae do Bade ?
— Qu'attendez-vous encore? leur demanuu-i-il avec un mouvement fiévreux.
— Frère, dit Bertha, regarde l'autel; ue vois-tu donc uns qu'il est préparé pour deux mariages?
-r- Deux mariages, ma sœur ?
— Le mien d'abord avec Wilhem...
— Et le second?
— Le second... répond une voix qui n’est plus celle de Bertha, une voix do femme cependant, une harmonieuse et douce voix... le second >ua ioge? Conrad... c'est le nôtre I
Conmd jatte un cri do folle joie.
C'est Hélène qui vient de parler... Hélène qui est devant lui. . Hélène qui lui tend la main t
— Eh quoi ! tant do dévouement? murmure Conrad, agenouillé devant l’ange radieux qui consent à partager son exil... ch quoil vous, ta femme film proscrit... la femme d’un homme sans nom.» vous... vous qui pouviez être presque velus !...
— No vous souvenez-vous dono plus, Conrad, que je vous aima, et que Je vous ai dit un jour . Faites un effort pour vous relever, ma main se tondra vers vous!
— Hélène !...
— No voyez-vous donc pas que le prêtre noua attend?.* Allons !
Et les cloches éparpillaient plus joyeusement encore leurs chansons de fete dans la bruine matinale, à travers laquelle ruisselait >pleudiùemeat le soleil. . , ;
Une heure plus tard, tous les Compagnons de Minuit étaient embarqués.
Hélène el Conrad descendirent la rampe escarpée de h colline et s'embarquèrent à leur tour.
Derrière eux marchait le vieux Franls.
H n'avait pas voulu se séparer do sa maîtresse. La main qui retira la passerelle apres hii, c'était la main de l'ami Jack.
Les trois bateaux quittèrent ta rivage et ne tardèrent pas * disparaître au premier détour du Oeuve.
Remontés sur le plat au de la chapelle, Wilhem et Bertha firent un dernier signe d’ndieu.
Puis, ib se retournèrent tout à coup, croyant entendre derrière eux un sanglot.
Un homme était là... Ma’ *ré le large feutre rabattu sur scs veux, malgré l'ample maife in dans lequel il drapait sa haute faille, Ib le reconnurent aussitôt.
— Le grand-duo Charles-Fiédérickl s’écrièrent-ils d’urw même voix.
— Le seul que personne ne songe à plaindre, el le seul cependant qui soit malheureux aujourd'hui !..... •
Encore quelques mois !
Le grand-duc Charlcs-Frédérick ont la consolation des grands cœurs... Il régénéra le duché de Bade et mérita l’une des plus belles pages de son histoire.
l e docteur baron de llosentha! fut. tout à la fois, son mé- ' cin, son conseiller cl son ami.
La vie de Wilhem et Bertha pourrait se résumer dans ces
trois mois : Bonheur, science et charité.
Ils semblent être encore aujourd’hui l’apanage des Kosentliol du duché de Butte. . fc * . . »
En Amérique, les Compagnon de Minuit se montrèrent dignes de leur chef, Sigismond-Ic-Dinbte, l’un do* h» ms de b guerre de l’indépendance, l'un des fondateurs do la nationallté américaine.
Nous no pouvons écrire ici le nom qu'il prit dans la suite et que portent aujourd'hui ses descend nte : plusieurs d'eulro eux but siégé au sénat de Washington
Les étudiants d’Heidelberg continuèrent ù être 5 peu près ce qu'ils étaient avant le retour du Wiihcm Arnold. Son pacage
au Tut nas cependant sans influence sur leurs mœurs. Hermann Kirschberg, surtout, et son digne renard de cœur , Knrotun Bald, se reformèrent complètement, ainsi qu'ils sc l'étaient promis l’un à j’autre. Soutien désormais de sa mère et de sa sœur, te premier fut l'un des médecins les plus o ta mode de Manheim; te second devint la hue lluur des apothicaire* d'fcbcrbach
Enfin, l’esprit allemand fit une légende de te catastrophe suprême du vieux burg de Hosenthal ; et l'habitant de lu Ko rét- Noire, en vous montrant ses ruines bouleverses et noircies, ne manque jamais de vous dire, avec un traditionnel edroi :
— C’est là le to&ibeau des Compagnons de Minuit I
IteMav. — Tvp, et »t*r. XI. «h P.-E. Cliamiw.