CHAPITRE PREMIER
Les complications morbilloseptiques sur l'arbre respiratoire. — Rhinites (i). — Laryngites. — Bronchite. — Bronchopneumonie.
Les laryngites morbilleuses. — Laryngites simples. — Laryngites ulcéreuses . — Laryngites membraneuses. — Anatomie pathologique. — Symptômes. Croup morbilleux. — Traitement. — Trachéotomie dans les laryngites morbilleuses.
La localisation de reiiaathème morbilleux sur la muqueuse du larynx est, avons nous vu, un des phénomènes à peu près constants de toute rougeole à allure régulière. Nous avons vu également que chez certains enfants prédisposés, cette laryngite spécifique pouvait se manifester par des crises plus ou moins violentes de laryngite striduleuse. Nous ne reviendrons pas sur cet accident, qui n'offre rien de saillant à signaler dans le cas par-
(1) Voyez plus loin les Stomatites.
ticulier, et qui se montre rarement après les premiers jours de la maladie. D'ailleurs c'est un phénomène qui n'est lié en aucune façon à la nature morbilleuse de la laryngite, mais qui dépend du sujet chez qui celle-ci s'est développée. Son pronostic est bénin comme d'habitude et son traitement très simple.
Il n'en est plus de même des laryngites que nous allons décrire et qui possèdent, elles, des lésions propres et une physionomie clinique parfois menaçante et nécessitant la trachéotomie.
Elles ont été décrites pour la .première fois dans un travail d'ensemble par Champagiiac en 1812, qui observa à l'hôpital des Enfants une épidémie de rougeole remarquable par la fréquence sinoulière des accidents laryngés. Ceux-ci atteignirent les 2/8 des malades et coïncidèrent avec des irrégularités de l'éruption cutanée. lisse caractérisèrent par des douleurs laryngées, par des altérations de la voix et de la toux, par des accès de suffocation. A l'autopsie on trouva la muqueuse laryngée rouge, épaissie, recouverte de mucosités puriformes. Notons en passant l'absence de fausses membranes et d'ulcérations.
De semblables observations furent consignées dans la thèse de Boudin (i835), et furent faites par Dechaut sur les petits malades de l'hôpital des Enfants- Assistés.
Malgré l'influence des travaux de Bretonne au, Billiet et Barthez gardèrent à certains accidents laryngés de la rougeole leur individualité, et les séparant de la diphtérie, ils les rangèrent dans la classe des laryngites pseudomembraneuses secondaires, c'est-à-dire en firent, malgré l'existence dans certains cas des fausses
membranes, une manifestation directe du g^erme morbilleux. Ces idées se retrouvent dans la thèse de Blanckaert (1868).
Cette affirmation est peut-être moins précise dans la thèse remarquable de Coyne (1874) en ce qui concerne les larvng-ites pseudomembraneuses, surtout dans les conclusions qui la terminent. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce point.
Au point de vue anatomiqiie, les laryngites morbilleuses se présentent sous trois aspects :
i^ La laryngite se présente avec les caractères habituels des inflammations banales sur les muqueuses, c'est la larymjite simple (laryngite éryihémateuse de Coyne) ;
2^ La muqueuse laryngée, violemment enflammée, présente des érosions ou des ulcérations : cest la laryngite ulcéreuse.
3" La muqueuse est recouverte de productions pseudo membraneuses, accompagnées le plus souvent d'ulcérations, cest la laryngite pseudonieinbra/ieuse (i).
Les différentes formes de laryngite : la laryngite pseudomembraneuse suitout, peuvent donner lieu à des accidents de suffocation pouvant réaliser le type du croup. (Croup inflammatoire).