I. — Laryngite morhillense simple
La laryngite moi bilieuse simple n'est cpi'une forme plus sévère et j)iolougée de la laryngite spé-
(1) Il ne s'agit pas évidemment ici de la diphtérie, que l'on retrouvera plus loin.
COMPLICATIONS DK LA ROUGEOLE Ui)
cifiqiie des périodes prééruptives et éruptives. Elle se caractérise objectivement soit pendant la vie à l'examen laryng-oscopique, soit après la mort, à Texamen à Toeil nu, par de la rougeur plus ou moins intense, par du g-onflement de la muqueuse.
La ca^ ité laryngienne, notamment au niveau des ventricules et des cordes vocales inférieures, est rétrécie tant à cause de ces lésions que du fait d'une exsudation mucopurulente plus ou moins abondante.
On peut constater quelquefois aussi des lésions inflammatoires de propar/ation périlarjng-ées, portant principalement sur les vaisseaux lymphatiques issus du larynx et sur les ganglions où ils se rendent. Quelquefois le tissu cellulaire périlaryngé est injecté, et on a pu observer ainsi des suppurations laryngées, sous formes de petites collections dans la tunique sous-muqueuse ou probablement dans quelque petite bourse séreuse accidentelle des articulations laryngées (Descroizilles), (i). Mais ce sont là des observations exceptionnelles.
La rougeur et le gonflement de la muqueuse peuvent être localisés au larynx ou à certaines parties du larynx : la région arytéroïdienne, les bandes ventriculaires. Exceptionnellement ces altérations se montrent sur les replis aryténoépiglottiques, amenant à ce niveau les lésions classiques de l'œdème de la glotte. Le plus souvent, on cons-
(1) France Médicale, 1885.
la te des lésions inllammatoires de l'épiglotle, de la gorg-e, des amygdales, en même temps que des signes indiscutables d'irritation bronchique.
Les lésions que le microscope révèle consistent surtout en une infiltration embryonnaire de la muc[ueuse avec irritation glandulaire.
Dans le derme de la muqueuse, d'après Coi/ne, on trouve les follicules lymphatiques tuméfiés, et une liyperplasie des cellules lymphatiques, qid s'infiltrent, en dehors des limites des follicules, jusque dans la profondeur de la muqueuse, tandis qu'un certain nombre d'entre elles se rangent parallèlement à la capsule, et au dessous de l'épithelium du larynx.
Les glandes du larynx sont tuméfiées, surtout celles qui se trouvent au niveau des cordes vocales supérieures et des cartilages aryténoïdes. La cavité glandulaire est remplie d'une substance amorphe, colloïde, renfermant des cellules glandulaires tuméfiées et détachées, des globules blancs : la plus an moins grande quantité de ceux-ci donne au contenu glandulaire un aspect plus ou moins purulent. 11 existe également une infiltration de leucocytes autour des culs-de-sac glandulaires et autour des conduits excréteurs.
L(;s cellules de revêtement de la muqueuse peuvent rester intactes et garder leurs cils vibratils, là où ceux-ci existent; mais elles sont souvent aussi dissociées par les cellules migratrices, g"onfïées, hyperplasiées et formant une couche plus épaisse qu'à l'état normal, à contcmi louche ou colloïde, vésiculeuses ou calyciformes. Ces altéra-
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lions, d'après Coi/ne, sont surtout marquées sur les cordes vocales inférieures.
Ce sont là, en somme, les lésions de l'inflammation aiguë des voies aériennes. Nous les retrouverons pour les autres segments de celles-ci, et pour cette raison qu'elles n'offrent rien de particulier, dans la rougeole, nous n'y insisterons plus. Les lésions de la laryngite morbilleuse simple sont précoces et contemporaines de la période éruptive en général. Cependant elles peuvent quelquefois lui succéder. Elles aboutissent naturellement dans les cas plus graves à la formation des ulcérations, et c'est pour cette raison que la laryngite ulcéreuse apparaît plus tardivement.