‹ Les Complications des Névrectomies chez le ChevalChapitre 18 sur 26 · CRUE · texte numérisé non relu

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don affirmait que, dans une névrotomie bien faite, la sensibilité était à jamais éteinte. Mais il a fallu bien des tâtounements pour arriver à fixer les règles de la longueur à exciser sur le trajet du cordon nerveux. Alors qu’en médecine humaine où les sections nerveuses, ks névrotomnies, sont généralement accidentelles, alors que l’on recherche le retour de la conductibilité nerveuse, en médecine vétérinaire le but à atteindre est diamétralement opposé ; l’on pratique des « névrectomies », et l’on sait aujourd'hui qu'il faut réséquer un fragment d’au moins 8 centimètres pour obtenir un effet durable.

Les abouts nerveux laissés à eux-mêmes ne sont pas Sans subir de profondes modifications. Ces phénomènes ont été définitivement étudiés par Waller. Depuis ses travaux, l’on sait qu'il v a altération profonde du segment périphérique de la fibre sectionnée, et que la réparation ne se résume pas au « rétablissement pur et simple « de la fibre mutilée ». Il y à dégénérescence d’une part, régénérescence de l’autre, le segment périphérique « de- « vant revenir à sa constitution première ». La loi de Waller formule « quand on interrompt un cordon nerveux, « le bout distal séparé de son centre trophique dégénère, « le proximal resté en relation avec le centre demeure « normal. »

Comment s’opère la dégénérescence ? Chaque fibre s’altère pour son propre compte, sans que l’on ait jamais pu mettre en évidence un synchronisme quelconque entre les modifications Subies par les différentes fibres, C'est le cylindraxe qui le premier s’altère, puis la myéline, puis les noyaux des segments interannulaires. Ces noyaux se mutiplient par division directe et par karyokinèse, S’in-

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dividualisent en cellules par l’adjonction d’une petite : masse de protoplasme, cellules qui vont jouer un rôle important dans la résorption des débris myèliniques. Enfin il y a formation d'éléments nouveaux, apparaissant comme des traînées protoplasmiques parsemées de noyaux qui auraient, semble-t-il, englobé les cellules voisines. Au total « disparition progressive du cylindraxe, de la myé- « line, (qui après avoir diffusé, déjà transformée à tra- « vers la gaine de Schwann, est finalement résorbée en « totalité), multiplication des noyaux et formation d’élé- « ments nouveaux. » Ces derniers ont été appelés par Marinesco :: cellules apotrophiques.

Au point de vue de la rapidité du processus dégénératif, sa marche est d’allure variable suivant les espèces animales auxquelles l’on s'adresse. La dégénérescence est très lente chez les animaux à sang froid, rapide chez les oiseaux, chez qui elle débute dès le deuxième jour. Chez les mammifères elle commence vers le quatrième ou cinquième. Elle doit être considérée comme un acte vital : « comme une réaction de défense organitique contre le « traumatisme et non pas comme une simple désorgani- « sation du bout périphérique du nerf. »

Sous quelle influence la dégénérescence se produitelle ? La loi de Waller nous dit qu'elle à lieu parce que le centre d’origine est désormais Séparé du bout périphérique, et qu'il ne peut plus jouer vis-à-vis de celui-ci son rôle trophique, I y aurait plus. La dégénérescence du bout périphérique serait encore sous l'influence du bout central d’après les expériences de Marineseo : « Si l'on

« sectionne un nerf sur 2 points, on constate que la lésion

« dégénérative progresse de l'extrémité proximale vers la « distale, mais si lon vient à renverser le segment on « constate que la dégénérescence se propage encore d’une « manière centrifuge, comme si le bout central exerçait « une action directe sur l'extrémité du fragment en con- « tact avec lui. »

Comment s'opère maintenant la régénérescence ? Il y a plusieurs théories en cours.

a Théorie du bourgeonnement central : (Waller, Brauch, etc). — Les cylindraxes du. bout central bourgeonnent, marchent vers le segment distal, qu’ils pénètrent et parcourent dans toute sa longueur. De la myéline apparaît autour des eylindraxes et l’on admet aujourd’hui l'existence d’un neurotropisme de la part du bout périphérique, œuvre«les cellules apotrophiques. Cette régénérescence semble s’effectuer avec d'autant plus de facilité que fa cicatrice interfragmentaire est plus jeune et moins étendue. Elle réclame en quelque sorte un conducteur et beaucoup de fib:es néoformées s’égarent, disparaissent ou s'arrêtent en

chemin.

b, Théorie de la régénération autogène : {Schiff, Vulpian, Fhilippeau, etc...) - Les nerfs posséderaient par eux-mêmes Ja propriété de se régénérer. Cette théorie n’est généralement pas admise. Nous ne la citons que pour mémoire.

“Envisagée dans sa durée, la régénérescence varie avec l'âge, le niveau du point de section, le mode opératoire suivant qu'il y a eu névro ou névrectomie. Elle est minima si les extrémités des segments sont en contact, déjà

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douteuse si deux centimètres les séparent, mais peut se produire cependant comme l’a observé Weir-Michell, si l’exision est inférieure à 7 centimètres.

Pour Durante, les phénomènes sont différents. . Dans chaque segment interannulaire du bout périphérique les fibrilles cylindraxiles se fragmentent en fines granulations, qui se dispersent dans le protoplasma. Ce dernier est le siège. d'une hyperplasie et au niveau du noyau qui se mul- : tiplie, et au niveau des incisures de Schmidt qui S’agrandissent, fragmentant ainsi la myéline. Il v à finalement formation de longues bandes de protoplasma qui « ont « conservé toute leur puissance de différenciation et pour- « ront donner naissance tn situ à des nerfs nouveaux. » Pour déclancher cette régénération, il faut que la réunion avec le centre trophique vienne à se réaliser s

De l’exposé de tous ces faits, vérifiés ou non, nous ne retiendrons guère qu’un seul point : c’est qu'une exision d'un fragment de cordon. nerveux au cours d’une névrectomie, inférieure à 8 centimètres, est susceptible de permettre une régénérescence du nerf réséqué. Il y aura retour de la sensibilité. |

Ce retour de la sensibilité ne peut-être attribué qu'à la seule régénérescence, l’on ne saurait en effet songer, pour l'expliquer, à la sensibilité récurrente d'Arloing et Tripier : l’existence de filets récurrents pouvant éclairer uniquement sur la sensibilité du bout périphérique persistant après la névrotomie et non pas se rétablissant taraivement après l'opération.

Le retour de la sensibilité ne constitue plus à vrai dire aujourd'hui une complication imputable aux névrectomies, puisque les physiologistes ont définitivement réglés les

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