‹ Les Complications des Névrectomies chez le ChevalChapitre 19 sur 26 · SENSIBILITÉ RÉCURRENTE · texte numérisé non relu

SENSIBILITÉ RÉCURRENTE

On désigne sous ce nom la Sensibilité qui s° manifeste dans le bout périphérique d’un nerf sectionné. Ell: fu! découverte par Magendie, etudiée par Claude Bern: rd. et la question fut reprise par Arloing et Tripier. Ils arrivent aux conclusions suivantes :

« Le bout périphérique des nerfs sectionnés est sensible. «Cette censibilité trouve sôn évidence vers la périphérie « des nerfs, et finit par disparaître vers les régiors éle- « vées des trones nerveux. La sensibilité des nerfs est « due à des fibres récurrentes provenant des nerfs voi- (€ SINS ».

Ainsi peuvent s'expliquer certaines boiteries p-rsistant après névreetomie unilatérale, car après une section transversale complète des deux nerfs plantaires, il nv a plus aucune sensibilité dans le pied. L'animal ne réagit pas, que l’on excite le bout périphérique. du nerf plantaire droit où celui du nerf plantaire gauche. .

Lorsque lon conslate un manque d’anesthésis anrès névrectomie unilatérale, leon pourrait être tenté de croire à une innervalion supplémentaire du territoire que lPon

explore, d'autant plus que lon se borne généralement à

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ne considérer que la limite macroscopique de la distribution des différents faisceaux nerveux, négligeant la hmite histologique. L’on pourrait aussi penser à des anastomoses entre les gros troncs nerveux voisins ; mais d’une part Ruzzi a montré que les anastomoses entre les gros troncs nerveux sont extrêmement rares, et d'autre part Arloing et Tripier ont prouvé l'existence de leurs fibres « dites récurrentes » en mettant en évidence, peu de jours: après la section d'un nerf, un certain nombre de fibres saines parmi les fibres dégénérées du bout périphérique, et réciproquement des fibres dégénérées parmi les fibres saines du bout central.

Mais peut-on dire que- Ja sensibilité récurrente est une complication ? Nous sommes plutôt portés à l’envisager comme la simple conséquence d’une intervention incomplète, masGuant les résultats, et à laquelle il Sera facile de remédier.

DES NÉVROMES

Laissant sciemment de côté les troubles de la sensibilité tels que : l’hyperesthésie, l’anesthésie atypique, signalées en médecine humaine, mais dont l’étude est pour ainsi dire problématique chez le cheval, chez qui l'exploration de la sensibilité à la pression (sensibilité profonde) est quasi impossible, il nous reste à étudier les troubles de sensibilité par névromes.

Les névromés sont fréquents chez le cheval névrotomisé. Ils sont terminaux c’est-à-dire qu'ils siègent sur l'extrémité du segment central du nerf sectionné.

Is sont traumatiques. Tout traumatisme en effet, qu'il soit ouvert ou fermé, portant sur un trone nerveux en déterminant la section, où même simplement la rupture partielle, peut être suivi d’un névrome.

Is sont enfin le résultat d'une insuffisance d'asepsie : « Quand on enlève 2 à 3 centimètres de nerf sans pré- « caution aseptique, écrit Cadéac, l'on peut à coup sûr « prédire la production d'un névrome douloureux ».

Certains névromes peuvent être indolores en eux-méêmes, mais provoquent des ‘sensations de douleur far la . Suite du j°u mécanique des membres qui les irrit® à cha-

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que instant. Quoiqu'il en soit, nous avons bien à faire à une complication des plaies des nerfs.

Qu'est-ce exactement que le névrome traumatique ? Après section complète, le bout central d'un nerf se renfle. Il se forme une petite masse ovoide par « proliféra- « tion combinée des éléments nerveux et conjonctifs. » Ce phénomène est purement physiologique, et ce n'est pas parce que parfois il exagère ün peu sa manifestation qu'on serait en droit de le taxer d’inflammatoire.

Il ne nécessite pour apparaître aucun germe microbien. Il ne mérite pas non plus l'appellation de névrome car il ne constitue nullement une néoplasie, Le microscope ne révèle dans la petite masse ovoïde terminale que des fibres grêles, à trajet sinueux et englobées dans une gau-

. gue de tissu conjonctif dense et épais. Le névrome que l’on considère n’est donc pas une tumeur et, s’il devient gènant, s'il fait répparaitre une boîterie que l’on peut être tenté d'expliquer autrement que par sa présence, c'est que la cicatrisation de l'extrémité du bout central du nerf s’est montrée un peu exubérante. Mais le névrome traumatique, qui siège au niveau des points d'élection des névrotomies chez le cheval, n’est pas difficile à dépister. IH ÿ a formation d’un tubercule peu volumineux, qui n'échappe pas à la palpation bien effectuée le long des trajets nerveux.

Pourquoi le névrome est-il douloureux ? Tout d’abord parce qu'il est l’objet de compression, et il est en rapport direct, ne l’oublions pas, avec les centres. Les phénomènes ne s'arrêtent peut-être pas là. Chez l’homme on signale des névralgies des moignons que Quenu et Lejars attribuent à une vascularisation excessive des névromes,

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mais Certains auteurs se demandent alors si cette vascularisation excessive ne dénote pas une inflammation réelle du névrome douloureux.

Comme conclusion, nous retiendrons que le névrome traumatique, Conséquence des plaies nerveuses, peut prendre naissance sans qu'il y ait eu infection secondaire du voisinage, puisqu'il évolue même après un traumatisme fermé. Mais cependant nous dirons aussi que le manque d’asepsie est une cause prédisposante à sa formation en exagérant la réaction de défense du bout central. Cadéac l’a montré : il pratique volontairement une série de névrotonues qu'il qualifie de sales et timides vu le peu de soins qu'il apporte aux interventions. Presque tous les animaux redeviennent boîteux par suite de névromes.

NÉVRITE ASCENDANTE

Elle est rare chez le cheval. Elle est la conséquence de l'infection de là plaie opératoire. M. le profsseur Cadéac signale l’influence désastreuse de la suppuration sur Is suites de la névrotomie : on a l’occasion de le constater, dit-il : « au cours des névrotomies basses et doubits ». Le côté opéré le premier est tout particulièrement suscepble de s’infecter Icrsque lon retourne l'animal sur Son lit de paille pour ‘terminer lopération. Quelque temps plus tard le côté interne qui a suppuré peut être le siège soit d’un névrome, soit d'une névrite ascendante. Le bout central du nerf est volumineux, lhistologie révèle que la plupart des fibres nerveuses sont modifiées, « elles « présentent les caractères de latrophie simple, cylin- « draxes et Segments annulaires sont intimement confon- « dus. IF y a, semble-t11, nécrose aboutissant à la des- « truction de la fibre nerveuse ». C’est la névrite parenchymateuse ascendante.

Plusieurs théories sont en présence pour expliquer ces phénomènes : Forel, pense que les cellules ganglionnaires, que prolongent leurs fibres, sont comparables aux anllmaux inférieurs « dont les éléments se modifient quand « On supprime une partie de l’ensemble qu'ils consti- « tuent ». |

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