FRÉQUENCE DES TROUBLES GASTRIQUES APRÈS PHRÉNICECTOMIE
Quelques auteurs cependant ont systématiquement recherché après toute phrénicectomie l'existence de ces troubles. Nous publierons leurs résultats statistiques pour essayer d’avoir une idée générale sur la fréquence de ces troubles.
Un auteur américain, EHRENBURG, aurait noté dans 29 % des cas de ses 58 phrénicectomies gauches, des troubles digestifs auxquels il recommande de remédier par des repas légers à des intervalles rapprochés.
Le Docteur JACQUEROD, médecin en chef de la station climatérique de Leysin (Suisse) avoue à M. le Professeur M. PERRIN qu'il n’a jamais observé de troubles digestifs après phrénicectomie.
Le Docteur BURNAND, de Lausanne, pense que ces troubles existent, mais sont très rares. Il a constaté assez souvent des symptômes gastriques bénins, fugaces, qui ne méritent pas d’être mentionnés.
Le Docteur STEPHANI, de Montana (Suisse), dans une lettre à M. le Professeur M. PERRIN, déclare que sur 80 phrénicectomies, il a observé trois fois des troubles gastriques. Mais ces troubles étaient peu graves et n'ont pas persisté au delà de quelques semaines où mois.
Le Docteur TURINI, de Sierre-en-Valais (Suisse),
après 57 interventions n’a observé que deux fois des troubles digestifs.
En 87 —
WirrtH, de Landeshut (Allemagne), sur 517 phrénicectomies, n’a pas vu de troubles gastriques durables, dignes d’être relatés.
La diversité des résultats s’oppose à toute conclusion, mais l’on peut dire que la divergence d'opinions des auteurs à ce sujet, tient à plusieurs causes: 1° à la difficulté d'affirmer que tel symptôme gastrique est dû à la phrénicectomie ; 2° à l’imprécision du terme « troubles gastriques », et 3° à la difficulté de relever toutes les observations de troubles gastriques.
1° Lorsqu'on examine un tuberculeux, après l’auscultation pulmonaire, on lui demande généralement des renseignements sur son appétit, sur ses digestions. C’est que le tube digestif d’un tuberculeux est plus ou moins déficient, et bien rares sont les tuberculeux qui n'ont pas de signes digestifs plus ou moins accentués. Les troubles gastriques chez un phrénicectomisé peuvent être dus à la tuberculose, et non à la phrénicectomie. Pour que ces observations de troubles après phrénicectomie aient une réelle valeur, il faut toujours avoir étudié l’état digestif antérieur, et c’est sans doute pour avoir négligé cette étude que certains trouvent une grande fréquence des troubles digestifs après phrénicectomie.
2° Les troubles gastriques peuvent revêtir divers aspects, depuis la simple lourdeur épigastrique postprandiale, jusqu'aux vomissements incoercibles et au syndrome de sténose pylorique qui rendent toute alimentation impossible. Ils peuvent durer quelques jours et disparaître complètement par la suite, ou au contraire persister pendant des mois et même des
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années. Certains auteurs relatent tous ces troubles sans exception, d’autres ne parlent que des troubles graves ou durables: d’où la diversité de ces résultats statistiques suivant les auteurs.
3° Ilest difficile, enfin, de relever toutes les observations de ces troubles. Après l’opération, en effet, le malade alité ne présente aucune gêne gastrique. Souvent, dès qu’il se lève, il quitte le centre chirurgical pour rentrer chez lui. Alors seulement les troubles gastriques vont se manifester: s'ils sont graves Île malade va consulter le chirurgien et l'observation est relevée; où bien il va consulter son médecin, et le phtisiologue ou le chirurgien n’ont plus de ses nouvelles. S'ils sont bénins, au contraire, il les supporte sans mot dire, car généralement il est satisfait d’être amélioré au point de vue pulmonaire, et ce sont autant de cas qui passent inaperçus.
Ces remarques sur la difficulté d'établir une statistique étant faites, nous pouvons dire que les troubles gastriques après phrénicectomie sont rares.
Durant notre séjour à l'Hôpital Sanatorium Villemin, nous avons assisté à trois phrénicectomies: nous avons surveillé étroitement les opérées pendant plus de six mois: elles n’ont jamais présenté aucun trouble.
Sur plusieurs centaines d'opérations, M. le Professeur GUILLEMIN, chirurgien de l'Hôpital Sanatorium Villemin aurait constaté un seul cas de troubles g'astriques, celui que nous avons publié.
CELAERERE TPE