‹ Les Complications Gastriques de la PhrénicectomieChapitre 34 sur 48 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

Observation de M. le Professeur M. PERRIN

Mr G., cultivatrice, âgée de 27 ans, n’ayant jamais eu de grossesse, a eu à l’âge de 22 ans de la jaunisse avec tuméfaction du foie. Elle est soignée depuis un an pour dilatation d'estomac et maigrit notablement. Elle tousse et crache un peu au cours de l'été 1931 (bacilles de Koch dans les crachats). Elle m'est présentée le 23 septembre 1931 avec une infiltration des deux tiers supérieurs du poumon gauche. À cette époque l'estomac descend habituellement à deux travers de doigt audessous de l’ombilic. Les digestions se prolongent toujours longuement dans l’après-midi et dans la soirée, avec sensation de lourdeur. La malade a souvent l’impression que le repas de midi n’a pas quitté l'estomac quand arrive l'heure du repas du soir.

Les caractères évolutifs de la lésion font instituer un pneumothorax artificiel qui est commencé le 24 septembre 1931. Ce pneumothorax reste incomplet du fait d’adhérences à la partie supérieure.

Au début de 1932 le gaz se résorbe plus rapidement que précédemment, des injections intrapleurales d'huile eucalyptolée sont faites, après lesquelles la résorption devient moins rapide, Peu après, apparaît un petit épanchement qui est traité par des injections intrapleurales de crisalbine. A Ja suite de cet épanchement, des adhérences s’établissent, la plèvre s’épaissit, donnant à la radio une image en os de seiche. Le pneumothorax devient de plus en plus petit. On en complète l'effet par une phrénicectomie faite le 27 juin 1933 par le Professeur agrégé GUILLEMIN.

À la suite de cette phrénicectomie, le poumon gauche se rétracte notablement ef l’agcension du diaphragme va en s’accentuant. Le poids augmente un peu et s'établit stationnaire. L’expectoration qui reparaissait parfois, ne reparaît plus. L'état se maintient satisfaisant malgré une ascencion considérable de l’hémidiaphragme gauche. L'état digestif n’est pas plus mauvais qu'il n'était auparavant. La malade continue à user de digestifs (pepsine, acide chlorhydrique) comme auparavant.

Une radiographie a été faite en octobre 1935 qui montre l’intégrité du côté droit et des opacités considérables du hile gauche. L'hémidiaphragme gauche est au niveau de l'insertion postérieure de la neuvième côte, c'est-à-dire à trois travers de doigt au-dessus du niveau de l’hémidiaphragme droit. Ses troubles digestifs ne sont plus continus.

Un nouvel examen est fait le 12 novembre 1936. Le diaphragme est au même niveau. Le fond de l'estomac rempli reste à un travers de doigt au-dessous de l’ombilic. La malade déclare digérer beaucoup mieux qu'avant sa maladie: elle n'utilise plus les digestifs dont elle avait beaucoup besoin précédemment.

À la suite de cette observation nous pouvons couclure : tandis que les lésions gastriques antérieures, organiques (observations IT, VIII, XIT), sont aggravées par la phrénicectomie, les troubles gastriques fonctionnels, comme ceux relatés dans notre observation ci-dessus ne sont pas toujours influencées; quelquefois même ils peuvent être guéris.

CEÉLÉPIRIERE EN

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