TRAITEMENT MÉDICAL
Pour le syndrome dyspeptique banal, 1l est naturellement logique de mettre en œuvre un traitement qui aura beaucoup d’analogie avec celui des autres dyspepsies, qu’elle qu’en soît l’origine.
Les auteurs se sont bien trouvés des pansements cicatrisants à base de bismuth, de charbon ou de sels de calcium, seuls ou même en association belladonée.
Dès l’abord, il semble que sous l’effet de ces médicaments, le malade éprouve quelque soulagement, mais rapidement, même en continuant ce traitement, les douleurs réapparaissent.
C’est alors qu’il faut envisager un renforcement de la thérapeutique mise en œuvre. D’abord le malade est mis au régime, mais ici ce doit être un régime large, car nous avons à traiter des tuberculeux aui ont besoin au plus haut point d’une nourriture abondante: nous tâcherons seulement de retirer de l’alimentation ce qui pourrait nous paraître déclencher les troubles comme par exemple les bouillons gras, certains aliments mal supportés: les choux, les graisses en géné-
ral, les mets épicés, les charcuteries qu’on donne si volontiers dans certains milieux aux malades tuberculeux. En un mot le régime devra être tout en étant très copieux et divers, aussi pauvre que possible en aliments susceptibles de déclancher les crises.
Cependant ce régime ne suffira pas toujours à faire cesser les troubles, et c’est alors que la médication pourra lui être adjointe et plus encore, ce que nous serions tenté d'appeler les petits moyens et qui semblent jusqu’à présent donner les meilleurs résultats, nous voulons parler des repas fractionnés, ou bien de la position genu pectorale ou du décubitus dorsal après les repas. Grâce à ces procédés, il semble que l’on puisse éviter surtout le symptôme douleur. Contre les vomissements, d’abord espacés, puis rapidement incoercifs, qui amènent si vite chez ces malades tuberculeux, un état cachectique, en dehors du traitement habituel: eau chloroformée, potion de Rivière, eau glacée, il semble que le tubage gastrique suivi de lavage puisse donner quelques améliorations, mais il ne doit être tenté que chez des malades où l’on soit sûr de ne provoquer aucune lésion, principalement de nature hémorragique.
La médication substitutive, nous voulons parler de la pepsine et des solutions d’acide chlorhydrique, sera peu employée car, des observations recueillies suivies de tubage avec étude du chimisme gastrique, 1l résulte que la phrénicectomie amène peu de modifications dans les sécrétions. Toutefois il est légitime d’en tenter l'essai.
Dans la plupart des cas terminés par la mort, les
autopsies révèlent peu de lésions gastriques au point de vue anatomique, ce qui explique peut-être pourquoi la thérapeutique subit si souvent des échecs. Dans les quelques observations, où il y a vraiment lésions anatomiques de la paroi, il est bien entendu que le traitement devra être plus énergiquement mené, mais le test de la lésion nous échappe trop souvent encore.
La grande ligne de conduite sera de ne pas oublier que l’on a affaire ici à des malades tuberculeux chez qui les troubles gastriques existent très souvent et que d'autre part ce sont des phrénicectomisés, donc des sujets chez qui l’estomac a subi une certaine ascension et éprouvé un allongement assez considérable qui expliquent facilement la possibilité d’apparition de nouveaux troubles post-opératoires. A ces estomacs fatigués, il ne faut pas des thérapeutiques désordonnées qui iraient à l'encontre de ce que l’on voulait obtenir.