INTRODUCTION
La phrénicectomie est une opération relativement nouvelle. En effet, si la section du nerf phrénique fut proposée pour la première fois en 1891 par STUERTZ, quelques cas seulement étaient publiés en 1913 par SAUERBRÜUCH, et encore il ne s'agissait que de phrénicotomie, c'est-à-dire de section simple du nerf phrénique.
FÉLIX, en 1921, effectua la première phrénicectomie, c'est-à-dire section et arrachement du nerf phrénique. À partir de ce moment, cette opération s’est imposée ; elle est devenue peu à peu une intervention de pratique courante en phtisiologie, et l’on évalue à vingt mille environ le nombre de phrénicectomies effectuées dans le monde entier durant ces dix dernières années.
De nombreuses statistiques ont été publiées sur les résultats de cette intervention. D’importants travaux ont traité de ses indications, de sa technique. Quelques auteurs ont étudié les accidents réflexes, cardiaques, pleuraux et pulmonaires qui la compliquent quelquefois, mais très peu se sont intéressé aux troubles digestifs survenant après l'ascension paralytique du diaphragme.
Or, ces troubles digestifs existent, et nous avons eu l’occasion, à l'Hôpital Sanatorium Villemin, d’observer une malade présentant des troubles gastriques très marqués après une phrénicectomie gauche effectuée quatre ans auparavant. M. le Professeur M. PERRIN attira notre attention sur cette observation, et sur ses conseils nous nous sommes décidé à étudier dans ce travail, les troubles digestifs de la phrénicectomie.
Ce sujet nous a semblé intéressant pour deux raisons :
1° Il est peu connu et a été traité surtout par les auteurs étrangers.
2° Qu’'y a-t-il de plus précieux pour un tuberculeux que l'intégrité de ses voies digestives? GRANCHER disait: « L’estomac est pour le tuberculeux, le laboratoire de la guérison », et DAREMBERG, partageant la même opinion, écrivait: « L’estomac est la place forte des phtisiques et l'alimentation leur moyen de défense ».
Le rôle de la fonction gastrique, est en effet, primordial dans le pronostic et le traitement d’une affection dont la thérapeutique causale est, à l'heure actuelle, inexistante.
Nous n’avons pas l'intention dans cet ouvrage de faire une étude personnelle de ces troubles chez les malades phrénicectomisés de l'Hôpital Sanatorium Villemin; ces troubles sont trop rares: nous n’en avons relevé qu’une observation sur une quarantaine de malades opérés depuis dix ans.
Nous voulons, à l’aide des recherches bibliographiques que nous avons entreprises, et à l’aide des observations inédites que nous a communiquées M. le Professeur PERRIN, faire un essai de mise au point de la question.
Nous avons divisé notre ouvrage en deux parties. La première partie est un rappel anatomique du diaphragme, du nerf phrénique, et de l’estomac avant et après phrénicectomie.
La deuxième partie est consacrée à l’étude des troubles gastriques de la phrénicectomie.