PRE DITES
sous comparés avec le dernier examen qui avait été pratique le 8 janvier.
En date du En date du
8 janvier 1 février Globules: rouges1.1.....1:% 4.092.000 3.720.000 Globules blancs :::...:..::: 20.000 38.000 Polynucléaires neutrophiles . BOES 28 % Polynucléaires basophiles .... 8 % 20 Evymphocytesi. cn)... 29% 0 Myélocytes neutrophiles 61% CA A Myélocytes éosinophiles AA 0 Myélocytes basophiles ...... 0 3 % PabDiByélpeytesre ions su 20 % 140%
Le dernier examen hématologique montre dans l’ensemble une très forte poussée d'éléments jeunes. De nombreux myéloblastes se présentent.
Le lendemain 3 février la malade signale qu'il lui est impossible de mouvoir ses membres inférieurs. Elle présente, en effet, à l’examen, les signes d’une paraplégie flasco-spasmodique. Les réflexes rotuliens et achilléens sont normaux, peut-être légèrement exagérés. Il existe un signe de Babinski bilatéral. L'examen de la sensibilité aux différents modes : sensibilité tactile, douloureuse et thermique ne montre aucune zone d’anesthésie.
Le météorisme abdominal est de plus en plus accusé, il existe en outre, de la rétention vésicale.
Le 5 février on note que la malade est toujours dans le même état mais les réflexes rotuliens ne sont plus obtenus, les réflexes achilléens existent. On note toujours l’existence d'un signe de Babinski bilatéral très net.
On pratique une ponction lombaire qui retire un liquide limpide. L’examen cytologique et chimique de ce liquide donne les résultats suivants :
Ai —
Cytologie : 0,5 éléments blancs par mmi.
Albumine : 1 gr. 60/1.000.
Sucre : 0 gr. 57/1.000 .
Il existe donc une forte augmentation de l’albuminorachie et une dissociation albumino-cytologique.
On fait pratiquer une radiographie de la colonne dorsolombaire qui ne montre aucune lésion osseuse. On décide de pratiquer quelques séances de radiothérapie sur la colonne dorso-lombaire. On pratique une première séance, mais la malade meurt le lendemain 6 février à 6 heures du matin.
Pendant ces 4 jours la température qui avait d’abord baissé à 38° était remontée à 39°.
En raison de circonstances particulières, on ne put pratiquer une autopsie complète, on put seulement pratiquer le prélèvement de la moelle dorso-lombaire. On ne nota aucune lésion osseuse rachidienne ni aucune masse tumorale épidurale. On préléva également la rate qui avait l’aspect typique des rates leucémiques, très hypertrophiée pesant 2 k. 300 et de consistance très ferme. Le foie n’apparut pas hypertrophié et il n'existait pas d’ascite.
L'examen histologique de la moelle fut pratiqué par le Docteur Guichard et donna les résultats suivants :
1° Coupe de moelle à l'émergence de la deuxième racine lombaire : la dure-mère est à peu près normale, ne présentant aucune altération tant sur sa face extérieure que sur sa face intérieure. Elle renferme cependant un petit îlot d'infiltration myéloïde qui n’est pas situé dans un vaisseau, que l’on trouve dans le tissu conjonctif et qui est d’assez gros volume. A un plus fort grossissement cet îlot d'infiltration myéloïde est constitué de volumineux éléments mononucléés sans granulations visibles dans le protoplasma et qui par leur taille et l’aspect du noyau ressemblent à des myélocytes. Ils voisinent avec un élément volumineux de taille géante à noyau irrégu-
lier d'interprétation difficile : macrophage, mégacaryocyte ?
La moelle ne présente aucune altération apparente systématisée de ses cordons blancs. Les faisceaux antérieurs latéraux et postérieurs restant intacts. La corne antérieure paraît atrophiée, les rares cellules radiculaires qui y restent sont peu nombreuses et présentent un aspect pâle, souvent arrondi, avec disparition des noyaux, qui semble témoigner d’altérations certaines. Les capillaires de la corne antérieure renferment à leur intérieur des éléments myéloïdes tous intravasculaires et dans cette même corne on aperçoit des éléments névrogliques mobilisés se présentant sous forme de cellules à protoplasma visible (éléments névrogliques amyloïdes).
La corne postérieure est d’aspect normal.
A l’intérieur des cloisons conjonctives intramédullaires, on aperçoit dans les gaînes de Virchow-Robin comme s'ils avaient diapédesé hors des vaisseaux des éléments myéloïdes indiscutables (éléments mononucléés à protoplasma non granuleux).
En outre, dans toute l’étendue de la coupe spécialement en superficie, on rencontre des corps amyloïdes situés dans les cordons antérieurs et postérieurs et dont quelques-uns sont situés dans les gaines mêmes de Virchow-Robin, ce qui témoigne qu'il s’agit là d’un processus pathologique et non pas seulement cadavérique.
2° Coupe à l’émergence de la première racine lombaire.
La méninge dure n’a pas été intéressée ici par le prélèvement. La méninge molle est d'apparence normale, de même que les racines. Il n’y a pas d'infiltration myéloïde nulle part si ce n’est à l’intérieur des vaisseaux.
La moelle ne présente aucune altération dégénérative des cordons blancs non plus que des cornes antérieures ou postérieures dont les cellules radiculaires sont parfaitement visibles et à l’intérieur desquelles il n’existe pas de corps granuleux. Par contre, dans les cloisons conjonc-
tives périvasculaires, souvent loin de la cavité des vaisseaux dans leur adventice il existe une infiltration myéloïde certaine, constituée de polynucléaires ,de myélocytes éosinophiles et de myélocytes ; à la périphérie de la moelle on observe de nombreux petits corps mucoïdes et amyloiïdes.
3° Coupe au niveau de la moelle dorsale inférieure.
La dure-mère a un aspect identique à celui de la première coupe. Elle est normale sauf en un seul point où existe un infiltrat myéloïde très discret, nettement périvasculaire constitué de polynucléaires et d'éléments de la série myélocytaire infiltrant le tissu fibreux et même certaines mailles du tissu adipeux. La présence d'éléments éosinophiles (polynucléaires et myélocytes) est assez abondante.
Les racines sont normales, à noter dans leurs vaisseaux quelques éléments myéloïdes.
La moelle ne présente pas de lésion des cordons blancs. La corne postérieure est normale. Les cornes antérieures sont d'aspect sain. Les cellules radiculaires sont en nombre normal et paraissent en bon état, mais à la base de la corne antérieure d’un côté, voisinant avec d’assez nombreux éléments myéloïdes intravasculaires, on aperçoit un assez volumineux nodule myéloïde situé dans l’adventice fibreux d’un vaisseaux sanguin .Non loin de ce nodule à côté de deux cellules radiculaires on aperçoit une seule cellule à gros noyau polylobé, bourgeonnant, ressemblant à une cellule astrocytaire géante, type « globoïd-cells >» que l’on observe dans les processus anciens du tissu nerveux, de valeur nettement pathologique et qui accompagne généralement des scléroses névrogliques. Il n’a été rencontré qu’un seul exemplaire de ces cellules.
L'épendyme est normal.
4° Coupe au niveau de la moelle dorsale moyenne.
La méninge molle est normale, les cordons blancs sont
BAPE ER
normaux. Les cornes antérieures et postérieures sont normales, sans aucune altération des cellules radiculaires. On observe des éléments myéloides à l’intérieur des vaisseaux mais pas dans les gaines de Virchow-Robin. On retrouve des corps amyloïdes dans les zones superficielles.
En conclusion : pas de lésions dégénératives imporlantes, pas d’altérations des cornes, pas de processus inflammatoire. On observe seulement une infiltration myéloïde extra-vasculaire de la dure-mère ainsi que des septa conjonctifs et des gaînes de Virchow-Robin de !: moelle, ne remontant pas plus haut que la moelle dorsale inférieure.
La rate est complètement homogénéisée. Le parenchyme lymphoïde est difficilement reconnaissable. Il existe des figures de tuméfaction des endothéliums vasculaires et une infiltration diffuse par des éléments mononucléés d’ordre myélocytaire avec nombreux éléments à noyau géant (macrophages et mégacaryocytes).