ETUDE CLINIQUE
L'étude anatomique nous a montré la diversité des lésions que l’on peut rencontrer dans les complications médullaires des leucémies. A cette diversité anatomique, va correspondre une diversité clinique, sans que l’on puisse cependant superposer exactement des formes cliniques à des formes anatomiques. Certains auteurs se sont efforcés d’établir différents types, mais il s’agit moins de formes cliniques que de groupes symptomatiques. En effet, de même qu’après avoir analysé les différents types de lésions anatomiques, nous avons conclu que dans presque toutes les observations rapportées, ces lésions n’étaient pas isolées, mais associées, de même la scène clinique, dans ces observations présente une intrication de différents ordres de symptômes. H. Roger et J. Olmer, dans leur étude des accidents médullo-leucémiques avaient essayé de grouper ceux-ci en trois groupes : manifestations de myélite subaiguë ; manifestations à type de compressions médullaires ; hématomyélie. Au premier groupe aurait appartenu la paraplégie flasque avec abolition des réflexes tendineux, sans modification du liquide céphalo-rachidien. Au deuxième groupe la paraplégie spasmodique avec exagération des réflexes tendineux, dissociation albu-
mino-cytologique du liquide céphalo-rachidien. En-
RRQ CE
fin, le troisième groupe aurait été caractérisé essentiellement par une paraplégie spasmodique avec dissociation syringomyélique de la sensibilité. Mais nous pensons que si l’on établit ainsi des groupes symptomatiques se superposant aux principaux types anatomiques, l’étude clinique ainsi faite a un caractère trop théorique, car il ne faut pas s’efforcer d’établir des symptômes d’après les différents types anatomiques que l’on peut rencontrer, mais bien s’efforcer de dégager les symptômes de l’étude des observations que nous possédons.
Or cette étude nous montre que l’on ne peut pas individualiser des formes telles que celles qui ont été établies par Roger et Olmer mis à part quelques rares Cas qui se superposent assez bien à un de ces différents types. Par contre, il nous a semblé que l’on pouvait dégager de ces observations un certain nombre de caractères d’ensemble, ce qu'avait d’ailleurs également remarqué Roger et Olmer.
Nous allons ainsi essayer d’établir les principaux symptômes et l’évolution générale, en nous ne nous dissimulant pas le caractère fragile que peut présenter une étude fondée sur un nombre aussi restreint de cas cliniques.
Dans la plupart des observations. le début clinique s’est fait par des manifestations douloureuses, qui par leur intensité prennent une importance de premier plan. Ces manifestations douloureuses surviennent fréquemment dans les membres inférieurs et sont alors étiquetées sciatiques. Parfois il s’est agi de violentes douleurs abdominales qui, dans un cas, celui
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rapporté dans la première observation de Critchley et Greenfield avait été si violentes qu’elles avaient fait hospitaliser le malade avec le diagnostic de perforation typhique probable. Ces douleurs, qui apparaissent ainsi dès le début, sont parfois, cependant, beaucoup plus atténuées, à type de simple engourdissement.
Cependant, on retrouve des manifestations douloureuses intenses au début dans la plupart des observations, nous signalerons par exemple, que notre malade avait vu débuter ces troubles par des douleurs au niveau de la colonne dorsale qui avaient été qualifiées de rhumatismales.
Ce début douloureux va précéder d’une durée variable, allant de quelques jours à deux mois environ, le début des manifestations paraplégiques proprement dites.
Le début des troubles moteurs peut être variable. Il peut se faire progressivement, par une sensation de faiblesse des membres inférieurs qui s’accroît progressivement et aboutit ainsi à l’impotence complète. Cette installation progressive de la paraplégie, en une semaine s’est produite dans l'observation de Cornil Olmer et Alliez. Mais le début peut en être brutal, comme, par exemple dans l’observation de Baudoin et Parturier, où c’est subitement, au cours de l’aprèsmidi, qu'est apparue une paraplégie flasque d’emblée totale. C’est également le cas de notre malade qui, le jour de son entrée à l’hôpital ne présentait aucun trouble moteur et qui le lendemain avait une para-
plégie totale.